Envers et contre tout/tous

 

Envers contre tout/tous

 

Coucou petit lutin

Toi qui passe par ici, par un joyeux hasard ou pas! Je te salue bien!

Pour les lutins qui me suivent depuis déjà de nombreuses années, vous me posez souvent ces quelques petites questions auxquelles je vais essayer d’y répondre comme d’habitude avec mon langage mes mots, mes comparaisons ou autres …

 

Comment vivais tu ton enfance de médium?

Toute petite, je ne m’en pas compte, je me sentais différente ça c’est clair et net. Je me pensais adopté car inadapté à ma famille comme si leur façon de penser, de parler, de s’exprimer, de voir la vie, n’était pas comme moi. Je me sentais  » au-dessus  » d’eux, attention il n’ y a pas du je me la pète dedans mais parfois j’avais cette sensation d’être plus « intelligente », en fait non ce n’était pas de l’intelligence au sens propre mais juste une forme d’évolution différente.

J’avais déjà des ressentis, des visions que j’exprimais à ma mère qui bizarrement aujourd’hui ne s’en rappelle plus, à l’écouter aujourd’hui, elle dirait qu’elle pourrait  » me casser » un peu mon mythe mais elle ne s’en rappelle de l’histoire de son copain roux à mobylette, quand j’avais décrit mon  » vrai » père et quand je parlais du copain mort à mon père ( celui qui m’ élevé, je n’ai connu que lui donc c’est mon père) celui écrasé par un train, j’en passe … L’art typiquement humain de vouloir se souvenir de seulement ce qu’on veut, ce qui nous arrange ou nous fait du bien.

En même temps, quand tu vis dans une famille où la picole était maître, quand tes parents oublient de venir te rechercher quand tu reviens de voyage scolaire en Italie, les camarades repartent avec le sourire chaque papa, chaque maman était là, le bus part … et toi, tu es seul et tu attends en te disant ils n’ont quand même oublié? Bah si! Heureusement que le père de mon copain de l’époque Jacky passait par là et ma ramener, quand ta mère « oublie » d’aller au RDV parent-prof de ta soeur qui est restée au lycée à plus de 5 km, elle l’attend! Elle m’appelle et m’explique la situation que je comprends de suite, ni une, ni deux, j’habille mon fils pour affronter le froid de l’hiver et hop on prend le bus et je vais te la faire ta réunion peu importe qui vient tant qu’on est majeure et de ta famille ( ce qui est drôle c’est que 2 ans avant c’est moi qui était à sa place, mes parents étaient venus)

Quand tu n’avais le droit qu’à 2 douches semaines avec un grand seau à remplir dans ta douche pour ne pas gâcher l’eau, bah oui le seau servait de chasse d’eau puisqu’on n’avait pas le droit de la tirer non plus… C’était agréable de voir les  » flotteurs » et l’odeur de celui qui était passé avant toi.  1 seau chaque jour, pas plus.

Les douches avec une de mes soeurs on avait trouvé une parade, elle allait se laver chez Sandrine la voisine du dessous et moi chez les parents de mon copain, astuce!

Où ma soeur se levait très tôt pour se laver les cheveux, comme ça ni vu ni connu.

Mais derrière ça, la contradiction, j’ai eu un père derrière moi pour faire de la moto, ce qui a fait qu’à 9 ans j’ai été championne de Picardie de moto.

Je l’ai plutôt bien vécu, car justement on ne me poussait pas à être, on ne mettait pas en doute ce que je disais puisque chez moi on s’en foutait total.

Ils me diraient mais on vous amenait en vacances… Non! Vous partiez en vacances, nous on était petites, vos enfants, on suit, point! Ce n’est pas pour nous que vous partiez, mais pour vous!

Je n’avais pas peur de la mort, je voulais être bonne soeur et vénérait Dieu! Car, je pense que cette faculté était déjà en moi mais ne connaissant pas ni les mots, ni ce que cela vous dire, on s’accroche à ce qui s’approche le plus à  » sa foi intérieure » … la religion. Le fait d’aider, d’aimer l’autre et le mettre à ton égal ni plus ni moins a toujours été moi.

Je n’avais pas d’amis, ce qui est drôle c’est que je n’étais pas en manque et parfois pas que j’étais en manque mais je comprenais qu’il y avait un morceau de ma vie à laquelle j’étais passée entre les mailles du filet. Mes 2 soeurs étaient partout sauf moi, je me disais que je devais avoir un problème ou pas donné envie, faire pitié, être con, … Ego ou pas mais après je remettais le truc à l’envers en me disant que j’étais au dessus tout ça que je n’avais pas besoin de beaucoup de monde pour être heureuse.

Clairement depuis toujours les gens proches de moi, je les compte sur les doigts d’une main et j’ai trop de doigts!

Bizarrement, je me sentais à part, comme si je n’étais pas d’ici, pas dans la bonne famille, pas à ma place. Je n’étais pas encore à voir des fantômes toute petite, j’étais dans le ressenti et le rêves, le reste m’est venue plus tard.

J’ai des souvenirs mémorables de soirées ouija ou on écrivait nos lettres sur des papiers ou on prenait des lettres de scrabbles et on prenait un verre comme connexion, on a eu des choses spectaculaires, des lampes qui s’allument seules, des clopes qui se consumaient, … Moi qui parlais à la place du mort quand on en faisait une chez Delphine, la cousine à Sandrine pour répondre à son défunt papa. La question était : Quel animal imitais tu pour rire maman et Hélène? Je me rappelle regarder les lettres comme un scanner et m’être arrêté sur le D et avoir crié Dindon si fort que les filles, ma soeur , 2 amies Sandra et Mallory en avaient sursauté.

Mon lien avec ma famille?

J’en ai pas, je ne voie plus mes parents ni mes soeurs pour dans la fond ce que je qualifierais aujourd’hui  » de la broutille « . Mais on est tous tellement fiers et cons que sur une broutille tu remets des couches basées sur ta colère et rancoeur du moment et tu continues à déverser des choses pas jolies qui là n’est plus broutille mais vraiment des choses méchantes.

Et comme je voulais avancer, pour ça il fallait avoir l’esprit libre et coeur léger de ce fait des décisions se sont imposées et j’ai choisi mon mari et mes enfants.

Le temps est passé, il n’ y a plus de blessure, aucun manque, pas de vide, rien! Quand tu arrives à te dire ça de ta famille ça démontre à quel point j’ai réussi à les effacer de ma mémoire.

Je parle très peu de ce que j’appelle de mon ancienne vie car il n’y a pas grand chose à en dire ni en retenir et quand j’essaie mes souvenirs sont péjoratifs autour de restes de bouteilles de pinards bon marché. Rares sont les bons, en fait les bons ne balancent pas assez les mauvais.

Ceci étant, j’ai été très bien élevé! Je n’ai jamais manqué de quoique soit sauf peut-être d’amour ( comme dans beaucoup de famille le dernier c’est le chouchou de la famille) En même temps ma mère vient de la DDASS et a été mise dans une famille nourricière genre Thénardier, c’était la Causette avec ma tante, et mon père dans une famille ou les parents s’en foutaient du devenir de leurs enfants, Une famille nombreuse mais sans amour.

Alors, on dira qu’ils ont seulement reproduit le fruit de l’arbre  dans lesquels ils y ont été semé. Mes parents nous ont jamais dit Je t’aime mais des claques et des volés ça … ( on dira que ça devait les moeurs des années 80)

Ma vie d’avant?

Un 1er mari épousé trop jeune qui très vite j’ai compris que je l’aimais pas, je m’ennuyais, j’allais voir ailleurs, en plus une belle-mère à me taper la tête dans les murs complètement névrotique, il fallait qu’elle achète l’amitié, elle ne gardait pas ses amis comme quoi l’argent ça ne fait pas tout. Si mon fils était handicapé, c’était de ma faute, bah oui, je l’ai porté, on a eu beau lui dire que c’était une maladie orpheline, elle a eu du mal. Elles disaient à tout va que je m’en occupais mal, qu’ils étaient sales mes enfants, les habits avaient déteints dixit la ménagère de 50 ans comme si elle elle était aussi blanche qu’un cygne. Je ne sais pas mais quand on a un certain âge, on ne critique pas sa belle-fille n’a peine 18 ans et qui ne connait rien à la vie, qui vient d’apprendre que sa vie ne sera pas comme celle de toutes les mamans …

Le dicton des belles-mères qui n’aiment pas leurs belles-filles ce n’est pas un mytho. J’étais jeune donc impulsive donc si tu me faisais … enfin si tu m’enquiquinais, tu le comprenais de suite!

Simple, j’avais décidé de ne plus y aller, elle n’existait plus un poids lourd, une écharne dans le talon de moins dans ma vie.

Il fallait aussi que je grandisse moi aussi, que je prenne en maturité car j’étais encore un peu enfant qui avait eu 2 enfants, je vous dis ça maintenant avec tout le recul nécessaire pour analyser. A 20 ans, 2 enfants!

Avant mon premier, j’ai perdu un bébé, c’est ce qui m’a décidé à en faire jeune, je crois que je n’arrivais pas  à faire le deuil, j’étais jeune mais j’avais pris conscience du mal et de cette souffrance de porter la vie et la perdre.

Ensuite, mon 1er cadeau de la vie, mon fils Alec, il a été ma fierté. A 19 ans, j’ai su que mon fils avait une maladie orpheline sur quoi on a mis un nom 3 ans plus tard. C’est la maladie Kallmann de Morsier.

Pour faire court mon fils est née aveugle, ses nerfs optiques sont atrophiés, la glande d’hypophyse aussi donc il ne grandissait pas non plus ( il a pris des hormones de croissance 6j/7 pendant 8 ans), il n’a pas de papilles gustatives donc ne reconnaît aucun goût, il ne ressent pas la douleur, a des attraits autistiques, et maintenant perd de l’audition.

J’ai pleuré 1 jour, 1 seul et unique jour , le jour même de l’annonce de son handicap. Ma famille et la sienne à mon ex ça a duré quelques mois, quelques années. Je me suis donnée la force d’une mère, je me devais être forte pour lui, puis quand tu vois que tous pleurent tu sens bien que tu te dois d’avoir les épaules à tout supporter.

Je me rappelle de 2 scènes, celle de lui en bébé de 4 mois qu’on avait saucissonné pour pas qu’il bouge et qu’on devait tenir pendant que l’ophtalmo lui mettaient des pinces aux yeux pour l’empêcher que mon fils les fermes, c’était impressionnant!

 

Le jour, où on lui a rasé la moitié de la tête à 9 mois pour lui injecter un produit de couleur à l’intérieur du crâne pour voir et comprendre sa problématique.

L’annonce des handicaps de mon fils entouré du médecin, infirmière et psy à l’hôpital.

Les premiers pas à 2 ans et demi, ce sentiment d’un peu de normalité que ça nous avait apporté! Voir marcher son fils, à ce moment là pour nous c’était miraculeux.

Sa bonne bouille blonde, son sourire d’enfant, comme un simple enfant.

C’est la vie, on ne choisit pas ses enfants, la vie nous l’offre on se doit d’être heureux d’avoir. Si, je l’ai eu c’est qu’il savait en haut qu’il serait bien avec moi.

Je dis moi car son père l’avais rejeté, c’était trop dur pour lui! D’ailleurs, je me tapais tous les RDV hôpitaux, spécialistes seuls, c’était génial comme époque!

J’avais mon autre fils aussi à gérer… Je courais tout le temps…

Cette sensation d’être dans une vie qui n’est pas la tienne, de m’embourber, de voir une vie défiler et d’être en perpétuelle souffrance et incomprise.

Un mari qui fumait du shit, ce qui m’énervait fortement, je pensais qu’il arrêterait avec l’arrivée de notre fils, la belle illusion.

C’était compliqué dans ma tête de me dire met un terme à cette vie , barre toi et être encore sous l’emprise de vouloir croire à tes sentiments que tu portes à ton mari, je vous le redis illusion.

Je me suis décidée à vouloir un autre enfant vite derrière car je savais que ça serait difficile avec mon grand et que si je ne le faisais pas là, je ne ferais pas du tout!

Et mon fils n’est pas raté car si je n’en faisais pas un autre, je ne voulais pas qu’il se dise « c’est à cause de moi », Non! Toi, mon amour, tu n’as rien demandé, tu es toi et rien que ça, rien que pour ça, tu me remplissais de joie.

Je voulais un enfant après mon grand pour qu’il soit son protecteur ce dont mon 2eme a été et est encore, c’est juste beau.

Mon 2eme fils Andy est arrivé 21 mois après la naissance du grand.

J’avais pris entre la 1ere et 2eme grossesse respectivement 25kg et 15 kg, mon corps a changé et je le vivais très mal car à 20 ans on n’est pas prête à voir son ventre  » dégringoler » comme une flasque.

J’étais en dégoût total de moi-même, un rejet de corps.

Me trouvant plus du tout belle, me trouvant plus désirable pour mon mari, je cherchais refuge ailleurs,  » aux bras » qui s’offraient à moi, et il y en a eu.

C’est très dur pour moi de vous parler de ça, car je ne suis pas genre à faire pleurer dans les chaumières, je ne me plains jamais. Je suis toujours éternellement reconnaissante de ce que j’ai.

Mon deuxième fils a été « l’enfant parfait » de son père vu qu’il n’avait pas de handicap, donc il avait créé un lien qu’il n’avait pas et refusé d’avoir avec mon grand.

 

Maintenant, les choses ont changé, des tournants de pris, des décisions aussi, de la sagesse acquise. (

Enfin, tout ça c’était avant, maintenant c’est maintenant et si je vous en parlais de ce maintenant?

La suite dans mon prochain livre Chroniques d’une médium pas comme les autres  » Souvenirs & Anecdotes »

Do 

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