Mon livre/ Mon roman que j’ai écris  » Après la pluie vient le beau temps »

Coucou par choix, je préfère ne pas publier le chapitre 9 !

Après la pluie vient le beau temps

Synopsis

C’est l’histoire d’une jeune femme Abbygaël DuBois, la trentaine parisienne mariée à Johan, vendeur représentant en pharmacologie, maman de jumelle.

Elle a tout d’une vie de rêve : des moyens financiers confortables, un époux, des enfants, un bel appartement , une belle voiture, une vie sans restriction.

Mais pourtant elle se sent seule, pas aboutit, pas vivante.

Elle n’a pas d’amis, pas de passion se cherche vraiment , se sent délaissée.

Elle part dans des rêveries ou elle consume tout ces interdits .Son imaginaire la rattrape et devient maladif, névrotique dans le quotidien.

Au fil du temps tout s’éparpille et ne s’aperçoit de rien , elle perd pied.

Pour qu’enfin son émancipation soit complète, elle frôle le désastre.

L’amour peut être fatal quand celle ci est narcissisante!!

• Chapitre1 : Vivre en prison dorée
• Chapitre 2 : Emancipation dans le rêve
• Chapitre 3 : Rêve qui devient mon fantasme
•Chapitre 4 : Fantasme qui devient réel
•Chapitre 5 : Ma double vie
•Chapitre 6 : Les Ab(b)y...sses
•Chapitre 7 : Doutes
•Chapitre 8 : Fantasme devenu névrose
• Chapitre 9 : Dur retour
•Chapitre 10 : Poème

Chapitre 1 :                                       Vivre en prison dorée

« Allez chante, chante la vie, allez cours, cours petite fille, allez vient, vient on va danser, allez vient, vient on va bien s’amuser » se chantonne Abbygaël pour se donner du courage dès le lever du matin.

Un matin comme les autres, un réveil douloureux parce qu’il est encore tôt mais bien accueilli car la nuit a été courte remplit de câlins et de missionnaire sous la couette. Debout à 6h : préparation du café pour son mari Johan et du chocolat pour les enfants Joëly et Caëlya. Un brin de fatigue l’assomme quand elle se remémore son planning journalier : réveil de tout le monde, ménage et dans l’après-midi courses.

« Allez hop-hop-hop » se dit-elle, elle se met à l’œuvre et va apporter le café à son époux, réveille ses filles en douceur en leur faisant un baiser sur le front.

Johan se rase, les filles s’habillent, une routine journalière s’ensuit. Une matinée bien rodée, monsieur va au travail et les filles à l’école.

Abbygaël vaque à son ménage : poussières, aspirateur, lavage des sols, changements des draps, bref, la totale. S’ensuit un après-midi ou elle ira promener son chariot de courses rayon par rayon. Enfin fini, vite il faut filer à la sortie de l’école.

Arrivée à l’heure devant le portail noir de l’école primaire de ses filles, elle attend patiemment   la sonnerie pour voir arriver le bout de nez de Joëly et Caëlya.

La sonnerie retentit, les enfants sortent deux par deux et classe par classe et voici les demoiselles qui courent vers maman.

« Allez hop-hop-hop les filles, on s’active car je dois encore ranger les courses et on a les devoirs à faire. » De là une pensée lui vint, elle se dit qu’elle avait déjà presque fini une journée et qu’il ne lui restait plus que les devoirs et à manger à faire et que, bref, ce n’était pas folichon.

Il est presque 18h30, les devoirs finis, ce soir, ce sera des endives braisées au gruyère. Une heure passe et Johan rentre du travail. C’est ça être un vendeur représentant en pharmacologie.

A peine a-t-il posé sa veste et remonté ses manches de chemise, qu’ils passent à table, repas fini en trois coups de fourchette. Reste la douche des filles et la vaisselle.

Quand elle eut fini toutes les corvées restantes, elle rejoint son époux sur le canapé pour discuter un peu de la journée de chacun mais il est déjà dans le monde des endormis, accompagné de Morphée.

Elle sourit et pense à haute voix « Morphée a bien plus de chance que moi, il voit, dort, et discute certainement plus avec mon amour que moi. » De là, elle va vers la salle de bain et prend une douche rapide, s’approche délicatement de Johan le tatouille pour l’inciter à se doucher et  à la rejoindre au lit.

« Allez chante, chante la vie, allez cours, cours petite fille, allez vient, vient on va danser, allez vient, vient on va bien s’amuser » se chantonne Abbygaël pour se donner du courage dès le lever du matin.

Et là, lui vint une pensée : « certes j’ai un bel appartement, un mari, des enfants mais un quotidien pas stimulant et peu réjouissant » : des tâches ménagères lui imposant une vie rythmée pour les habitants vivant avec elle et non pour elle.

« Je ne suis pas malheureuse, mais il me manque une passion, ma touche pour aider au finance, mon indépendance, une autonomie, des amies, des sorties, un peu plus de mouvement qui me prouverait que j’existe pour moi, je ne suis pas que femme, maîtresse de maison ou maman. »

Une sorte de ras le bol la mine au lever du jour, elle se laisse aller à  imaginer autre chose, un autre lieu, d’autres personnes, un autre nom, presque comme si elle se voulait être ailleurs dans la peau d’une autre. Presqu’une réincarnation.

Allons, fini de rêvasser ! Il faut se reprendre en main ! Et elle file à la cafetière préparer la tasse à Johan, va dans la chambre des filles et, comme à l’accoutumée, les réveille d’une manière maternelle.

Ca y est, il est déjà l’heure de partir, tout le monde a pris son petit déjeuner, fait sa petite toilette et a enfilé ses vêtements, manteau sur le dos et direction l’école. Johan prend sa valisette noire et sa veste en velours et descend en bas pour prendre sa voiture et passer sa journée sur les routes et vendre ses produits aux médecins.

Après avoir déposé ses enfants, Abbygaël rentre chez elle, allume sa bouilloire et se prend un thé.

Elle s’assoit dans la cuisine, ferme les yeux un instant, soupire profondément, souffle sur son thé un peu chaud et se laisse envahir par un besoin inimaginable et inconnu.

Elle se laisse à soliloquer «  Pourquoi ? Pourquoi je vis comme ça ? Comme une recluse… Je n’ai pas de vie et pourtant je vis bien, avec des moyens financiers confortables, je suis sans privation mais je n’ai pas d’amie, pas de passion et tout ça à trente ans ! Ce n’est pas normal, j’ai tout et pourtant, ce tout ne me dit rien. J’ai deux adorables petites filles, un époux, une belle voiture et il y a quelque chose qui me pousse à croire que je peux avoir mieux ou plus, c’est une sensation bizarre »

La matinée passe et elle reprend peu à peu ses esprits, son vague à l’âme repart. En pleine action-cuisine dans l’après-midi, elle se demande que peuvent bien faire Johan et les filles, s’ils ont une petite pensée pour elle, si elle leur manque, s’imagine leurs activités. Johan face aux médecins et à ses astuces de négociation, ainsi qu’à Joëly et Caëlya, aux rires et aux joies qu’elles peuvent avoir avec leurs copines.

Le repas du soir fini, elle s’aperçoit de l’heure et met vite son manteau pour aller rejoindre les filles à la porte de l’école.

En voyant ses petites chéries sortir, elle ne peut s’empêcher de leur demander quelle fut leur journée et si maman a pu leur manquer.

Les petites racontent chacune à leur tour leurs mésaventures d’écolière dans la voiture qui repart aussitôt.

Johan rentre du travail un peu plus tôt que d’habitude, s’installe de suite à table avec sa petite famille.

Tout le monde, la fourchette à la main et la serviette du côté gauche, attend le plat qui, à son fumet donne envie.

Abbygaël arrive avec son bourguignon et sert à tour de rôle. Elle s’attend à un minimum de reconnaissance mais elle reçoit un silence en retour, presque de la négation de Johan qui trouve à redire sur l’assaisonnement trop fade à son goût.

Les filles en pyjama et Johan, affalé sur le canapé, qui ne veut que du calme, leur demande d’aller au lit. Une bise chacune et elles filent.

Abbygaël commence à se réjouir d’un petit moment intime avec son mari, elle commence à lui parler : « ta journée s’est bien passée, les clients, pas trop durs ? Et la route ? Ton dos ? »

Lui, d’un geste de la main, lui indique un chut, il veut regarder les informations. A se demander si Claire Chazal lui fournit plus de plaisir que sa femme…

Elle se tut et repartit en cuisine pour faire sa petite vaisselle. Johan vint vers elle et lui dit d’un ton sarcastique : «  Ce soir il y a du foot madame » un air de dire : « si tu veux regarder la télévision ailleurs qu’au salon, ce serait mieux, je veux l’écran plat que pour moi. »

Elle baissa la tête et se résigna à aller dormir seule. Dans ses rêves elle part, elle nourrit son espoir.

Chapitre 2 :                            Emancipation dans le rêve

Elle a atteint son autre monde, celui qui se trouve derrière une porte parallèle, entre le rêve et l’imaginaire avec un brin d’envie.

Elle se réveille. « Allez chante, chante la vie, allez court, court petite fille, allez vient, vient, on va danser, allez vient, vient, on va bien s’amuser » se chantonne-t-elle en silence. Abby prépare son thé, s’assoit un instant et, en allant vers la bouilloire, a une idée. Une petite voix lui demande de regarder vers l’ordinateur.

Elle se donne l’impulsion d’aller vers son DELL, se connecte sur internet.

Elle tape dans les moteurs de recherche        – femme seule sans passion cherche à s’épanouir

– femme se sentant seule et délaissée

– femme cherche à s’amuser avec de nouveaux amis

– Jeune femme BCBG  cherche expérience nouvelle

L’écran affiche des sites de rencontres coquines, des tchats, des forums de discussions, des sites de rencontres pour la nuit ou pour la vie. Il y  a vraiment du choix, elle ne sait pas par où commencer, tous ces sites qui affluent devant ses yeux excités.

Des sites de rencontres pour la nuit ou pour la vie, des sites coquins, des sites pour femmes mûres qui ont un besoin d’affection en toute discrétion, des tchats, des forums de discussions pour femme esseulée, des hommes prêts à se donner et à monnayer des services.

Elle ne sait où cliquer, un frisson de chair de poule la transperce, un mélange de frayeur et de bonheur l’accompagne.

Elle actionne plusieurs sites en même temps et découvre toutes ces propositions si alléchantes et facile d’accès, il y a seulement un avertissement de majorité comme obstacle à dépasser.

Tout d’abord, elle s’intéresse aux tchats et forums de discussions où toutes les personnes racontent leurs vies, leurs astuces sur des bons plans comme « comment mieux manger en dépensant moins, comment maigrir sans se priver, ceux qui donnent des idées culinaires, des recettes ; comment gagner de l’argent sans bouger. »  Il y a vraiment un panel expansif.

Ensuite, il y a ceux qui racontent leur existence heureuse sur des blogs avec photos à l’appui et ceux qui pleurent sur leur sort, puis il y a ceux qui racontent leur expérience de la vie avec leurs ressentis pour trouver un allié, une sorte de moitié virtuelle qui aurait pu vivre la même chose pour en discuter, pour ne plus à avoir peur ou culpabiliser.

Abbygaël essaie justement de regarder ces femmes comme elle qui ont un ras-le-bol général, une impression de n’être qu’une ombre vivante dans la maison. Un sentiment de soulagement la délivre un peu de son malaise quand elle s’aperçoit que d’autres femmes, plus ou moins jeunes, connaissent la même situation qu’elle.

Elle s’inscrit sur des forums pour rentrer en contact avec ces dames, elle se choisit un pseudo -LaSolitudine- comme la chanson de Laura Pausini. Elle pense que son pseudo en dit long.

Elle lit le résumé de vie d’une jeune femme qui a pour  pseudo -Poissonbleudesoceans-  et a été touchée par ce qu’elle raconte, lui envoie un message privé en lui disant qu’elle comprenait exactement son vécu pour être dans ce même cas. Elle espère une réponse de ce contact..

Ensuite elle continue sa lecture sur les forums, là, elle voit une femme d’un âge certain qui raconte que son couple battait de l’aile et ce qui les a sauvés c’est d’avoir des relations coquines avec d’autres couples, ou chacun de leur coté, mais tous deux le savaient.

Elle se pose la question si elle doit se mettre en relation avec -Yeuxdebiche- car son style de vie n’est pas le sien mais l’honnêteté de cette personne la touche.

Elle se laisse tenter « et pourquoi ne pas être un peu plus compréhensive envers les autres ? C’est ça aussi l’ouverture d’esprit. » Et si on veut se créer de potentielles amitiés, il faut aller les chercher, les provoquer, c’est peut-être quelqu’un de bien, même si ses mœurs ne sont pas celles d’Abbygaël.

Elle se décide et lui lance un petit message privé et peu de tant après -Yeuxdebiche- alias Danielle lui répond.

Danielle, petite femme avec des rondeurs et une bonne cinquantaine d’années, encore bien pour son âge au regard gai, jovial.

Tout démarre sur un simple : « Bonjour, je vous avoue être étonnée de votre démarche sur des forums comme le nôtre, que recherchez-vous ? »

Abby, perplexe, cherche en elle la réponse et dit : « je suis une jeune femme en pleine recherche sur mon existence, ma vie, mes sentiments. Je ne sais où je vais ni ce que je veux, je viens chercher des conseils auprès de femmes qui s’assument  et qui ont réussi à faire quelque chose de leur vie, ont trouver une voie, une seule, la bonne. »

Une longue discussion s’installe entre ces deux femmes, qui se dévoilent l’une à l’autre sans tricher, un rapport de confiance s’instaure au fur et à mesure du dialogue qui dure déjà depuis quelques heures.

-Poissonbleudesoceans- alias Josy, une petite trentenaire mariée, des enfants, un peu le double virtuel d’Abbygaël lui répond enfin. Elle la remercie en premier pour sa gentillesse et le fait de son premier pas vers elle, elle dit aussi que ce forum lui a servi un peu de thérapie car elle voulait savoir si d’autres personnes étaient dans son cas et était étonnée du nombre de réponses obtenues de femmes qui la soutiennent et qui ont eut la même expérience, les mêmes ressentiments qu’elle. Abby reprend son souffle encore sous le choc d’une telle réponse et toujours en conversation avec Danielle.

Elle obtint plusieurs sortes d’explications, plusieurs sortes de résultats, plusieurs sortes de dialogues avec des contacts qui se situent partout en France et en Europe.

Elle passe des heures et des heures connectées avec sa soif de toujours plus et possède de nouveaux contacts, -PetitLu- un jeune homme dans la même ville qu’Abby qui s’appelle en fait Pascal, une quarantaine, des cheveux grisonnant au regard charmeur, grand, élancé, ses fossettes lui donnent un air de Richard Gere.

Il lui avoue que sa recherche correspond à ses désirs personnels, sa femme n’est au courant de rien mais niveau câlin elle ne donne pas assez et il se sent en manque affectif, du coup il cherche ça avec d’autres femmes. Pascal est honnête avec lui-même se dit-elle, ne le jugeant aucunement.

Ensuite -LindepandantPicard- alias Joseph qui vient de l’Oise, lui, veut l’amour, le vrai, le grand, celui qui dure toujours. Il croit vraiment le trouver par le biais d’internet. Un  grand jeune homme blond aux yeux bleus, originaire de Bretagne, exilé en Picardie.

Il y a aussi -Missdream- Sophie, à peine majeure qui ne sait pas où en est sa sexualité, elle explique qu’elle n’a pas vraiment eu de bons rapports avec ses parents et que les questions d’ordres libidineux ne se racontaient pas, on n’en parlait pas chez eux. Elle avait su seulement à ses 18 ans comment on faisait des bébés.

Abby se plaît, assise sur sa chaise en bois, devant son écran, on dirait qu’elle se sent happée par internet, elle se désintègre presque pour rentrer à l’intérieur de l’ordinateur ; Une demoiselle en 3D. Tout ça lui plaît.

Elle se décide enfin à être franche et remplie pour de bon sa  fiche-profil qu’elle avait laissé de côté.

Nom : X

Prénom: Abbygaël

Age: 30

Statut : mariée malheureuse

Description : 1m65, cheveux mi-longs, blonde, yeux marrons

Annonce : Jeune femme en pleine recherche d’elle-même et qui a envie d’autre chose et d’un ailleurs, recherche discussion avec hommes et femmes d’âges et de villes différentes, dans les mêmes attentes que moi. Et pourquoi pas se rencontrer… ?

Sa fiche faite, elle se demande si elle va y mettre sa photo. Moment d’hésitation, elle choisit ne pas franchir encore ce pas.

D’autres internautes prennent contact avec elle mais elle fait son tri entre les gens honnêtes et les faux et ceux qui ont une idée derrière la tête, ceux qui sont vraiment trop dans le désespoir, qui, à trop les voir s’apitoyer, nous mèneraient dans les abysses avec eux.

Elle décide de se consacrer à ceux à qui elle a envoyé des messages et qui maintenant font partie de sa liste d’amis.

Déjà des heures durant devant son écran, elle en a oublié de se doucher et de manger. Trop absorber part ses nouveaux camarades.

Ils s’écrivent à vive allure il y a des réponses instantanées qui s’instaurent entre tous, ils ont même déjà échangé des adresses messenger pour pouvoir discuter en groupe tout en restant privé.

Sur son avatar, elle ne se cache plus et affiche son meilleur profil. Coiffée d’une mèche sur le devant qu’elle replace derrière son oreille.

Hommes, femmes la « wizz » sur son msn, elle se sent pleine de pouvoir comme ci elle était cheftaine d’une tribu. La tribu des internautes en recherche d’un meilleur ailleurs, ailleurs que chez soi.

Des rendez-vous fusaient de toutes parts, des accords, des refus se disent, se décident, se planifient, on croirait presque un étalage de marché où tout est négociable avant la fin des horaires de vente,  on devient marchandise et pourtant tout le monde le sait mais personne ne dit rien on s’en amuse presque. A savoir, ou à vouloir qui aurait ou aura le dernier mot.

Les entretiens notés, Abby voit ça d’un œil amusé comme si elle se présentait à un emploi ou bonne figure est obligatoire.

Ces convives l’attendent dans un bar pub branché de la capitale le soir même. Tout le monde se met sur son 31.

Il y aura ce soir Danielle, Sophie, Joseph, Pascal. Ces petits préférés. Josy ne peut pas venir,  elle ne sait quoi dire à son époux pour s’échapper.

La distance ne faisant peur à personne, une organisation hors paire s’est imposée : l’un dort chez Joseph qui habite à  peine une soixantaine de kilomètres de Paris, les autres se prennent une chambre et partagent les frais. Pascal, lui, est aussi sur place.

Abbygaël s’emballe voit l’heure et se met dans tous ses états, rien n’est  fait, ni douche, ni brushing, ni maquillage, ni tenue adéquate, ni chaussures.

Elle prépare une petite robe noire à strass et tulle au niveau des chevilles avec des chaussures noires à talon avec un petit nœud Prada qui lui apporte un galbe de jambe sublime.

Elle file sous la douche. Ensuite, elle s’habille, prend un sèche-cheveux pour un brushing bombé à l’arrière et une mèche lisse sur le devant qu’elle place sur le front et derrière son oreille.

Elle ouvre sa valisette aux mille et une merveilles, elle contient tellement de produits de marques diverses : crèmes, mascaras, blushs, fards à paupières, eyeliner, rouges à lèvres, vernis à ongles, khôls de divers coloris, paillettes ; Une sorte de mini Sephora.

Elle se pomponne comme une professionnelle, l’impression doit être bonne aux yeux de ses comparses pour cette soirée.

Abby met tout d’abord son eyeliner couleur argent, un tracé parfait du premier coup, puis son fard à paupières de couleur gris métallique puis elle y rajoute des faux cils et une touche de mascara noir pour intensifier son regard et une pointe fine de crayon à lèvres rose pour redonner à sa bouche un côté sensuelle, et n’oublions pas la bombe à paillettes qu’on agite et qu’on expose sur tout le corps. On dirait une petite fille qui n’est pas sortie de chez elle depuis des décennies.

Vite, elle prend sa pochette, son châle et ses clefs, elle détale les escaliers à vive allure.

Arrivée devant la porte pour sortir, elle met sa pochette au-dessus de la tête pour éviter les petites gouttelettes qui tombent. Elle ne veut pas se présenter les cheveux en bataille.

Elle monte dans la voiture, une fois assise, sa ceinture bouclée, elle se sent mal à l’aise, un mal-être lui monte des jambes jusque dans le dos, elle se demande si elle doit y aller.

Abby pleine de motivation ne veut pas faire de faux bons. Elle met le contact, se met son CD fétiche de Laura Pausini, prend un chewing-gum pour être sûre d’être apprêtée jusqu’au bout.

Une demi-heure de route plus tard, Abbygaël arrive sur la place juste devant le bar Pub.

Pascal est déjà là, vêtu d’une chemise à jabot blanche et d’un pantalon en cuir noir, tel un Casanova va vers Abby qui sort de voiture, lui tend la main pour ensuite retourner la sienne et donne un léger baiser sur son dessus. Elle rougit de cette attention, elle en est  même touchée.

Tous deux vont vers l’entrée du bar Pub, sur place découvrent les autres déjà tous arrivés depuis un temps.

Une bise à chacun, Abby est surprise et ravie en même temps. Voilà les réelles présentations sont faites. Danielle est venue avec son mari Robert qui a su mettre tout le monde à l’aise, il s’y connaît dans le passage du monde virtuel au réel des rencontres entre personnes. Ils sont habillés comme un couple de danseurs des années 50/60, très chic.

Joseph n’est pas du genre à se prêter au jeu de qui s’habille le mieux, il est en jeans bleu et en sweat gris.

Sophie a des cheveux d’anges qui ondulent d’une blondeur extrême, vêtue d’un haut et d’une jupe blancs, on y donnerait un faux air de Marilyn Monroe.

Ils vont s’attabler buvant leur pot à la santé des gens heureux qui vivent pour eux. Tout le monde discute posant des questions à l’autre, s’intéresse aux dires des uns et des autres, une communication positive et une vraie amitié est mise en place.

Chacun raconte de visu leurs intentions sur ces sites là, leurs attentes, leurs craintes, leurs besoins, en scrutant les mimiques de tous pour découvrir si dans ce groupe une personne juge mais non, tout le monde a son histoire et en aucun cas on ne critique ou pose de jugement.

On s’amuse, on blague, des affinités se font, le temps passe vite. Abbygaël se rapproche de Pascal.

La nuit est tombée, ils décident d’aller manger dans un petit restaurant branché de la capitale.

Ils vont chez Cyril L, le chef connu grâce à une chaîne de télé.

Ils prennent place sur le divan qui forme presque un demi-cercle.

Pascal se place à côté d’Abbygaël, les tourtereaux Danielle et son époux les suivent ensuite, Sophie et Joseph.

La discussion reprend devant un apéritif épicé, les affinités se font, un jeu de séduction entre certains s’installe, des regards, des sourires, des éclats de rire, des yeux qui pétillent, une soirée qui continue sur les chapeaux de roue.

Abby demande aux autres invités «  Ne serait -il pas l’heure de commander à dîner ? Car la faim commence à se faire sentir chez moi, j’ai l’estomac qui glisse droit dans mes talons » en souriant. Sophie en ayant un sourire au coin des lèvres « j’acquiesce à ta demande jeune dame, je t’accorde cette faveur et de pouvoir commander ton repas », les autres se mettent à rire et même à avoir un fou rire.

Les plateaux arrivant un à un, la tribu se pose un moment pour manger et une once de silence est de mise. Une délectation se fait presque comme si les anges tombaient du ciel tout droit du paradis avec des plateaux de gourmandises.

A chaque bouchée un « hum » ou un « waouh » s’entend. « Ce Cyril est un ange et nous fait découvrir son jardin d’Eden » dit Danielle en s’essuyant la bouche avec sa serviette et cherchant à amuser les autres avec sa phrase car elle a finit son dessert tarte Tatin avant les autres .

Pascal tente un léger rapprochement avec Abby en oubliant presque un peu qu’il n’était pas seul à cette table.

Il lui glisse dans le creux de son oreille un petit susurrement «  tu es très belle, même je dirais, la plus belle de cette table et du restaurant », elle se met à rougir et lui répond  « tu es un galant homme, c’est gentil de dire cela à une jeune femme, tu dois toutes les faire succomber, n’ai-je pas raison ? » Du coin de l’œil il sourit et lui dit  « je ne dis jamais de mensonge très chère, je dis ce que je pense quand  je le pense aux personnes concernées » son ton était très chaud presque suave, un ton où l’intonation sonnait vraie, elle hoche la tête pour lui faire comprendre qu’elle a compris son message.

Robert demande qui est partant pour un café et ensuite une sortie défouloir comme il dit. Tout le monde donne son accord. La bonne humeur est toujours de mise.

Le café ingurgité, la douloureuse payée. D’ailleurs les hommes ont été des grands gentlemen en demandant aux femmes de ne rien débourser pour ce repas.

Enfin les manteaux remis et après un remerciement au chef de l’établissement pour l’accueil et les bons plats, Joseph ouvrit la porte de sortie laissant sortir les 5 amis.

En attendant le voiturier, Robert demanda à Abbygaël et Pascal ce qu’il y avait de bien par ici car vu qu’il venait de loin, il voulait profiter de ce week-end avec sa femme.

Pascal propose une partie de billard dans un coin ou on a vue sur la tour Eiffel. Tous d’accord,  ils regagnent leur véhicule et suivent « le grand frère » comme l’appelle Sophie qui a toujours un mot drôle ou une phrase insolite qui pousse à une rigolade.

Arrivant devant l’enseigne au néon bleu fluo, Pascal se gare et indique de la main de faire la même chose aux autres conducteurs.

Les voilà entrant dans cet univers où Sophie, croyant que ce n’était réservé qu’aux loubards aux manteaux de cuirs et aux motards, se sentit idiote et se dit qu’elle avait trop regardé la télévision.

Pascal leur trouve une place assise, il fait un peu comme chez lui, comme si ce lieu n’était pas si inconnu que ça pour lui. Il partit au bar et revint avec un plateau garni de verres. Il dit « je lance un jeu ! Qui veut tester avec moi les verres de la mort : on boit sans se poser de questions et on devine ce qu’il y a à l’intérieur ?» Abby lève la main et tend le doigt en disant « moi, moi, moi, je veux » comme une petite fille qui veut essayer un nouveau jouet.

Alors, un verre chacun, trinquant à leur gloire, celui de boire sans interruption jusqu’à la dernière goutte.

Pascal dit en pouffant de rire «  ça me rappelle ma jeunesse au service militaire », Abby répondit «  moi ça ne me rappelle rien car c’est une première pour moi » ! Les autres rirent aux larmes de les voir se rendre gais grâce à l’alcool. De plus, ni l’un ni l’autre ne révèle vraiment ce qu’il y a dans leur verre, c’est juste un jeu où il faut boire plus que l’autre et qui tient le mieux le coup.

Pascal tente une nouvelle approche envers Abbygaël, il lui lance un regard en lui disant «  pour une femme tu tiens le choc, je suis bouche bée et ça me plaît », les autres comprennent bien que Pascal a jeté son dévolu sur Abby.

Robert dit d’une voix basse aux autres  « je me demande si on ne dérange pas là, va-t-elle craquer ? » Les autres clignent de l’œil et en sont amusés. Robert et Joseph se défient au billard, chacun prend sa queue et tape la boule. Pascal les rejoint pour voir qui gagne, qui domine. Pendant ce temps, Sophie demande à Abby ses ressentis sur son « grand frère », elle lui révèle qu’elle n’est pas insensible aux charmes de Pascal.

Danielle la met en garde de suite en lui disant de bien faire attention, elle ne sait rien de lui et que sur la toile du web on peut tout et faire n’importe quoi et surtout ne jamais s’emballer au premier rendez-vous. Elle bascule la tête pour faire comprendre à Danielle qu’elle a bien retenu les conseils.

Les filles se lèvent aussi et décident de lancer une guerre hommes/femmes au billard. Pour faire voir aux hommes qu’elles ne sont pas juste belles et nunuches et que macho n’est pas seulement qu’un mot mais une réalité au quotidien pour beaucoup d’hommes.

Elle se revendique être une femme libérée. Les hommes acceptent et le combat commence. Ils mènent la manche à 3-0, les filles accusent le coup et Danielle dit  « Vous avez gagné le combat mais pas la guerre » et là encore, tout le monde se mit à rire. Joseph lui dit  « c’est ça oui c’est ça » et fait signe de la main, un air de dire « laisse tomber », il en est amusé.

Pascal prend Abby par la main l’emmène un peu plus loin direction le juke-box, choisit de mettre un slow, la chanson « Stand by me » de B.B King, pour lui, rien qu’au titre, tout est dit. Il la ramène au milieu de la salle, la prend contre lui et danse.

Abby contre lui sent sa peau, sa chaleur, son odeur. Elle est bien. Ils tournent, ils tournent, ils tournent, ils oublient tout et surtout, elle oublie tout. Son parfum l’attire, ses yeux l’envoûtent, ses bras autour de son cou, leurs regards plongent dans les yeux de l’un et de l’autre, la musique n’en fini pas. Ils s’embrassèrent.

Un baiser, un vrai comme au cinéma ou on voudrait être à la place de l’héroïne. Ou pour une fois, elle a le beau rôle.

Ce baiser dure, dure, dure, elle en a les yeux qui pétillent presque des larmes de joies les accompagnent.

Elle se sent bizarre, comme tremblante, vibrante, secouée. Elle ouvre sa pochette regarde son téléphone portable mais non ni message ni d’appel en absence.

Elle ne comprend pas ce qui se passe. Ces yeux se troublent, un brouillard intense lui couvre sa vision comme si un évanouissement lui venait.

Elle ouvre ses yeux de nouveau, un grand sursaut de stupeur lui vint, Johan la secoue violemment en lui disant qu’elle a oublié de se lever et que du coup, lui et leurs filles sont en retard.

Paniquée, elle se lève en ne se posant aucune question. Elle s’active à tout va et fait tout à tour de bras. Elle fait mine d’être désolée… pour une fois qu’elle est en retard.

Johan emmènera les jumelles à l’école.

Elle s’assoit, sourit de ce rêve, pense encore à Pascal et ses amis comme si c’était réel.

Chapitre 3                            Rêve qui devient mon fantasme

Qu’il était bon ce doux rêve, où Abby se trouvait seul au monde avec son tendre Pascal. Où les tracas journaliers n’y étaient pas, où le stress des enfants et un mari accaparant n’y avait pas sa place.

Que c’était bon de prendre soin de soi, de sortir entre amis, d’être regarder, admirer par un homme, où les sentiments viennent vous transformer.

Enfin… la matinée a bien commencé et pas encore grand chose d’entamé, un petit coup de booster et c’est parti.

Rituel du matin, la douche et les courses. Elle se demande encore pourquoi ses journées sont rythmées comme ça sans fausse note, sans superflu, il n’y a pas de surprise.

Où est donc passé son double heureux avec toutes ses belles initiatives ? Où est donc passée cette douce personne que tout le monde trouvait agréable, amicale et sociable ? Où est cette endormie ?

Elle veut y retourner dans ce monde où la princesse, l’héroïne, c’est elle.

Abbygaël revient de course et sur la route, sur la voie d’en face, elle croise une voiture de la même marque que celle de Pascal. Elle se souvient qu’ils sont de la même ville, elle croise les doigts très fort, le voir est quasi impossible, Paris est une grande ville. Alors pourquoi ? Le destin viendrait-il se mêler à ça ? Elle cherche à comprendre. Si cet homme en rêve existe en vrai, fait d’os et de chair. Elle a encore l’odeur de sa peau et de son parfum qui l’enivre. Ce n’est pas possible autrement, il existe.

Elle rentre et déballe les courses, elle se martèle encore avec toutes ces choses qui se murmurent dans sa tête. A peine les courses rangées, elle repart sur la route direction l’école primaire.

Les petites sont déjà dehors, assises sur le banc de la cour, maman a du retard, c’est la 2ème fois dans la même journée. Les filles sentent bien que leur mère est autre part, son corps est présent mais son esprit envolé. Du coup, dans la voiture pas un mot ne sort. Abby ne leur demande même pas comment s’est déroulée leur journée. Trop pensive.

De retour, elle s’arrête prendre du pain et au loin, sur le trottoir d’en face, elle voit un homme aux allures d’un Casanova. Est-ce le sien ? Sans crainte, elle crie Pascal mais l’homme continu sa route. » Il ne m’a certainement pas entendu » se dit- elle dans sa tête, après coup, elle ose se dire que peut être, effectivement, il se pouvait que ce ne soit pas lui. Les filles sont étonnées  dans la voiture, se retournent à l’arrière pour savoir pourquoi Abby appel un inconnu.

« Tu le connais ? » dit Caëlya à sa mère, un soupir sort de sa bouche en guise de réponse à sa fille.

Elles repartent dans le même silence.

Arrivant chez eux, Abby demande aux filles si leurs devoirs demandent son aide, si la lecture et les additions, soustractions sont difficiles. Elles répondent que non. Abbygaël va dans sa cuisine et ne sait trop quoi faire à manger, elle repense à Pascal, à son menu au restaurant, purée d’avocat en entrée avec sa sauce aux crevettes et poisson façon sauce au champagne et ses petits légumes.

Elle décide de faire pour ce soir des truites marinières avec des pommes de terre.

Ce soir, Joëly et Caëlya passent à table avant leurs parents, ça change, depuis leur naissance ça n’était jamais arrivé.

Car papa rentre tard ce soir, il compense et module ses horaires pour rattraper son arrivée tardif de ce matin. Les filles finissent leur repas, filent de suite à la salle de bain pour se passer un coup de gant de toilette et passer en tenue de nuit.

Pendant ce temps, Johan rentre exténué après une journée bien remplie, pose sa valisette à coté de la porte, enlève sa veste, se lave les mains et va à table.

Les filles se lavent les dents et Abby dresse la table pour deux presque un dîner d’amoureux. Les petites embrassent père et mère et vont au lit.

Abby sert son mari et lui dit « tu pourrais dire bonjour quand tu rentres, prendre des nouvelles, savoir notre journée bref un semblant d’intéressement » Johan surpris par le ton sec de sa femme lui répond aussi durement «  Quand tu auras des journées comme les miennes, tu viendras me critiquer, c’est facile de parler quand tu n’as pas à travailler pour vivre, ce que tu fais, c’est course, ménage, cuisine, ce n’est pas un boulot épuisant et pour le bonjour tu reviendras madame je dors et ne pense qu’à moi »

Elle sort de table en colère de la réponse de celui-ci et décide de ne pas manger. Et dit droit dans les yeux : « Pour le travail, cela a été un choix commun pour élever nos pépettes et surtout, Monsieur la manigance, ne souhaitait pas payer plus d’impôts,  pour ce matin excuse-moi d’avoir eu pour une fois dans ma vie un coup de fatigue, Monsieur je ne vois que le bout de mon nez et le centre de mon nombril, ce soir , soit tu dors sur le canapé soit c’est moi »

Johan se sent mal et sait qu’il a été trop loin mais ne s’excuse pas pour autant. Fini son repas et dépose son assiette, verre et couvert dans l’évier.

Sans un regard sur sa femme, va se doucher et en sortant dit d’une voix narquoise « Je vais me coucher bonne nuit » et se dirige vers la chambre. Alors sans en démordre Abby le suit et lui dit « Bonne nuit monsieur je choisis le luxe d’un bon lit au lieu d’un canapé alors apprend à te servir d’un radio réveil et ne compte pas, ne compte plus sur moi »

Les lumières s’éteignent les portes se ferment, une nuit s’achève.

Après les tumultes de la veille, les esprits se sont apaisés.

Johan se lève tout seul et fait son café, Abbygaël va chercher les petites dans leur lit avec ce même baiser déposé chaque jour sur leur front avec une petite caresse pour leur annoncer qu’elles ont devant elles une belle journée en perspective. Johan s’empresse de s’habiller et de prendre des affaires de travail et file sans un au revoir à son épouse ni à ses enfants. Il lui en veut encore de sa rébellion. En voiture sur la route il se demande pourquoi toutefois, elle a réagi comme ça avec tant d’émotions, d’énervement, de colère, cela lui ressemble pas.

Elle qui est toujours si calme, si posée, presque délicate. Il se souvient qu’au début de leur vie commune il la surnommait « ma douce fleur aux senteurs de rosée du matin » car à chaque réveil, elle était déjà  belle, fraîche, dynamique et avait une odeur une senteur de fleur de lys et de lilas qui lui donnait du baume au cœur dès le matin. Où est passé cette femme ? Pourquoi cette routine ? Est-ce les enfants ? Une certaine remise en questions lui vint mais le fait de se remettre en question n’est pas de mise, ni de pardonner à Abby ses sautes d’humeurs, ah non alors, pas encore.

Abbygaël sur la route avec les jumelles pense à son époux qu’elle trouve égoïste car même s’il travaille dur, il ne fait jamais de sorties familiales le week-end, piscine, ballade en forêt, parc d’attraction, bref tout ce qu’un papa devrait faire. Ne partent jamais en vacances car pour lui, vu qu’il est toujours sur la route toute l’année, ses vacances il les veut chez lui en repos.

Elle est obligée de tout faire seule.

Où est son bel homme qui l’accompagnerait dans toutes les sorties ? Où est cette personne amoureuse qui la motiverait, l’encouragerait à faire tout et n’importe quoi, même des petites choses futiles mais au final, dans la vie, prend des conséquences énormes.

Par exemple, emmener ses enfants au zoo, faire à la maison dans la cuisine un « petit atelier cuisine facile »,  aller au cirque, en ballade, parcs d’attraction, ça les éveille, ça les émerveille, le toucher, l’odorat, la vue, ça leur donne un sens magique, des souvenirs impérissables qui les aidera à grandir car leur imaginaire et leur sens tactile sont mis en avant et en pratique.

En rentrant chez elle, Abby s’octroie une sieste sur le canapé envie de souffler, elle soupire, envie de rejoindre la salle de billard et de danser encore et encore.

Sortir de tous ces bruits oppressants qui lui pestent sa vie, une lassitude lui monte à la tête, une migraine s’immisce. La voilà bien tient, une sieste pas encore entamée et déjà finie par un mal de tête.

Elle se révèle et décide que désormais tout aller changer. Ce sera d’abord elle et après les autres.

Pour commencer, elle veut changer de visage trop terne à son goût. Vite un rendez-vous chez une esthéticienne et chez un coiffeur.

Elle mange un peu les restes de la veille et s’en va. D’abord rendez-vous chez l’esthéticienne ou Abby demande une épilation totale et un soin du visage. Marre de cette tête de raton laveur mal réveillé, terne, cernée par l’ennui. Après avoir été dorlotée par une professionnelle pendant plus d’une heure trente et avec un teint beaucoup plus lumineux qui donne à son teint de lait toute la lumière qu’elle avait perdu, elle va chez le coiffeur.

Un spécialiste du visage et de la couleur. Elle lui explique, qu’elle veut retrouver une joie en elle, demande à être vue dehors, un coup de nouveau.

Il lui coupe les cheveux d’abord façon bombée à l’arrière en lui lissant deux mèches sur le devant comme un serre-tête, Abby ressemble à ces dames des années 50.

Ensuite, il lui ravive sa couleur de cheveux avec une couleur miel, et blond vénitien pour rappeler ces beaux yeux clairs.

Pendant plus de 3h sa métamorphose prend forme, elle renaît, elle revit.

Elle sort du salon avec un large sourire, une nouvelle Abbygaël est là et demande qu’à éclore. Voyant l’heure, Abby roule vers la primaire pour arriver à l’heure devant le portail. Elle meurt d’impatience, elle aimerait savoir ce que Joëly et Caëlya vont dire de sa transformation. Les filles sont la, et restent les yeux écarquillés devant une maman si resplendissante de bonheur. Le questionnaire commence, les jumelles posent à vive allure chacune leur question « Pourquoi tu as voulu changer ? En tout cas tu es belle » « Maman tu as quoi dans tes cheveux ? Papa va dire quoi ? C’est une surprise ? »

Elle les prend par la main et va vers la voiture et leur répond tout simplement « Maman voulait du changement, oui c’est une surprise et maman a fait des petites mèches dans ses cheveux ma chérie, alors comme ça je vous plais, c’est vrai ? En riant, les petites en chœur lui répondent « oui », Abby est ravie.

Le soir est déjà là, les filles ont  fini leurs devoirs et jouent dans leur chambre, Abbygaël fait un dîner light ce soir petite salade composée et soupe, pas eu le temps de cuisiner. Johan rentre de plus en plus tard mais pour aujourd’hui Abby décide de ne rien dire, elle ne veut pas continuer à mettre de l’huile sur le feu et les petites n’ont pas école demain donc ce n’est pas grave de manger un peu plus tard.

Il se lave les mains s’assoit, appelle les jumelles pour passer à table.

Il regarde sa femme en lui demandant ce qu’il y a de bon à manger ce soir, la fixe et lui lance « Tu es souriante tu as quelque chose de changé, cela pourrait être quoi ? Ton caractère de cochon ? Non je ne crois pas. Ah, je sais laisse moi deviner, tu as fait les boutiques et as fait chauffer la carte bleue et ma cagnotte sur le compte à pris une claque ? C’est ça ? » Elle reste sur place, les lèvres tremblantes et les larmes aux yeux, et prend sur elle pour ne pas sortir de ces gonds.

Elle respire un bon coup et ça repart, elle fait le service, tout le monde mange. Joëly et caëlya adorent la soupe mais papa lui, n’est pas du même avis, d’ailleurs il va s’en dire qu’il le signale à son épouse «  tu ne t’es pas vraiment foulée pour le repas de ce soir. Tu as toute la journée, toute la journée pour me servir quoi ? Pour me servir de la soupe ? »

Elle ne tient plus, se lève et quitte la table en pleure se réfugie dans sa chambre et se lâche, ses nerfs craquent, elle a eu sa dose pour ce soir.

Abby récupère, retourne dans la salle à manger débarrasser puis demande aux filles de se laver les dents et d’aller au lit. Les filles exécutent, elles font un bisou à leurs parents et disparaissent.

Abby regarde son mari et se retourne sans s’arrêter direction la chambre. Elle se dit pourquoi est-il toujours comme ça ? Pourquoi est-il toujours aussi méchant ? Où est passé l’homme romantique du début ? Elle s’allonge au-dessus de la couette.

Ferme ses yeux et demande au seigneur de la ramener dans ses songes, là où son prince l’attend. Comme une cendrillon, elle n’a pas perdu une chaussure mais son rêve ! En ce moment elle a  plutôt une impression d’être une causette enfermée dans un faux-semblant de volupté.

«  Seigneur Dieu, ramenez-moi dans mon autre monde, j’en ai marre, je n’en peux plus, c’est mon échappatoire pour aller mieux et affronter mes lendemains, une expérience virtuelle qui me fait tant de bien et soulage mes maux, je vous en supplie, ramenez moi là-bas » voici sa prière du soir. Dieu n’exaucera pas son vœu.

Au réveil, elle ne chantonne plus, sa bonne humeur et son entrain ont disparu, trop de choses brumeuses lui compriment le cerveau. Abby s’aperçoit que Johan est déjà debout, elle va réveiller les petites filles comme d’habitude.

Pendant que les filles prennent leur chocolat, Abbygaël demande à son mari comment ça ce fait qu’il soit debout avant les autres, il répond qu’il s’est endormi sur le canapé et que c’est la télévision qui l’a réveillé.

Vu qu’il a de l’avance ce matin, il propose d’emmener les jumelles à la primaire. Les petites sont ravies. Abby est contente pour ses enfants et en plus, elle a un peu la flemme ce matin ça tombe bien mais, piqûre de rappel, sa tête n’est plus embrumée, elle lui dit «  Elles n’ont pas école aujourd’hui pour une fois que tu es dans l’effort, c’est un jour où on n’a pas besoin de toi, s’en est marrant et navrant en même temps. » Elle en sourit, les filles éclatent de rire. Lui, vexé de ces paroles, part en grognant.

Le mari parti et les filles prêtent pour le catéchisme. Tout ce beau monde parti, Abbygaël prend son thé et se met à pleurer de tout son cœur, de tout son corps, les larmes coulent, coulent, coulent. Elle ne comprend pas ce qui lui arrive, une impression de coup de mou s’annonce, elle n’en a pas envie. Elle ne veut plus de sa vie, elle veut en  changer. Elle repense à l’émission « On a échangé nos mamans » elle en sourit car  ce qu’elle voudrait c’est échanger sa vie, pas que pour huit jours mais pour tout le reste du temps.

Elle va s’allonger sur son canapé, ferme les yeux et pleure de nouveau et se met à parler toute seule » Où est mon Pascal ? Pourquoi ne viens-tu pas me retrouver ? Tu sais qu’on habite la même ville ? Est-ce que tu penses à moi ? Où justement m’as-tu oublié ? Fais-moi un signe, je t’en supplie, je te veux, tu me manques.»

Après avoir laissé parler ses émotions, c’est avec le regard bouffi qu’elle décide de se doucher et d’aller se balader au parc. Pour pouvoir réfléchir en paix.

Douche prise, elle descend et grimpe dans sa voiture. Direction le parc « Des 4 étangs. »

Après 20mn de route, elle y arrive. En sortant de sa voiture, elle jette un coup d’œil sur la verdure, les étendues d’eaux, les oiseaux, les gens qui paraissent heureux, tout ça lui redonne un petit coup de pêche.

Elle se met à marcher le long d’un étang, le regard vide, l’esprit ailleurs. Il n’y a que ses pas qui la guident et qui savent où ils vont, elle suit sans se poser de question.

Soudain, elle bouscule un promeneur avec son chien, elle se retourne va vers lui pour s’excuser en lui disant bien qu’elle n’est pas dans son état normal et du coup ne l’avait pas vu, trop de soucis. L’homme en relevant sa tête l’excuse en lui disant que tout le monde à des moments comme ça où on se sent au fond du puits.

Abby tremble, elle ne s’arrête plus, tremble comme une feuille. L’homme lui demande si tout va bien, il se trouve bien inefficace devant une telle situation.

Elle dit « Pascal c’est moi ta Abby »

L’homme répond « Vous devez confondre, ma petite demoiselle, moi c’est Patrick »

Là, elle comprend que son rêve n’en était pas un. Elle s’excuse de sa méprise et du coup se présente aussi en riant. Et ose lui demander son numéro de téléphone et entame une petite conversation, ce que Patrick fait tout en la mettant en garde, c’est un homme pris, il est marié.

Elle lui explique son rêve, son inscription sur un site de rencontres, ses discussions avec des internautes bref, elle raconte tout et lui dévoile la ressemblance frappante avec le Pascal homme imaginaire. Patrick sourit et lui dit « Dans la vie, il n’y a ni hasard ni coïncidence »

Abby, à la première seconde où son regard a croisé les yeux de Patrick, son cœur a fait un tel bruit assourdissant, elle craint qu’on ne l’entende à mille pas à la ronde. Elle se sent se liquéfier, les jambes deviennent coton. Une vague de douceur la câline et dans ses yeux il y a une envolée de papillons. Amoureuse folle, coup de foudre au premier instant, premier regard.

« Par contre mon téléphone est toujours sur silencieux » lui dit-il « donc si vous me téléphonez ou m’envoyez un message, pas d’inquiétude à avoir si je ne réponds pas de suite »

Ce qui lui rappel de suite Pascal, il a tout, les cheveux grisonnant, un regard de braise, un sourire ravageur ; Un Casanova.

Abby lui indique aussi qu’elle est mariée. Mais l’envie de mieux le connaître est plus fort, son cœur bat la chamade.

Pour elle le destin, la carte de la roue de la fortune comme on pourrait l’avoir chez une voyante a frappé. Leur rencontre n’est nullement due au hasard.

Ils se quittent en se disant à bientôt peut être, chacun continu son chemin sans se retourner et imagine leur demain avec un message ou un appel.

Abbygaël rentre chez elle sereine, elle savait que son rêve, son Pascal était là à l’attendre quelque part. Elle regarde le ciel, remercie le tout puissant.

Sa journée continue, le moral est là. En allant au catéchisme, elle se murmure «Allez chante, chante la vie, allez cours, cours petite fille, allez vient, vient on va danser, allez vient, vient on va bien s’amuser »

Chapitre 4              FANTASME QUI DEVIENT REEL

Abby a récupéré Joëly et Caëlya. Les filles voient leur maman heureuse et se réjouissent d’avoir retrouver leur mère souriante avec une joie de vivre, heureuse comme avant.

Le soir venu, les petites se débrouillent avec leurs leçons. Johan téléphone à Abbygaël pour lui indiquer qu’il était coincé dans une réunion entre collègues pour faire un bilan. Du coup, pour changer et faire plaisir à ses enfants, Abby leur propose de manger dans un fast-food.

Elle dit : « Ce soir, on est « à la cool » et pour une fois, on peut s’accorder cette folie. »

Les filles ravies, maman aussi, elles filent tout droit dans ce service de restauration rapide.

Sur place, pendant que les petites choisissent leur menu, Abby prend son téléphone et pense à Patrick. Elle se demande pourquoi il ne fait le premier pas, c’est vrai au parc, c’est Abby qui a entrepris une petite conversation et a pris son numéro de téléphone portable.

Elle se tâte pour lui laisser un message sur son répondeur. Les filles ont fini de commander, c’est au tour d’Abby, elle range son téléphone dans son sac et se dit qu’elle remettra ça à plus tard. L’addition payée, Abby et ses jumelles mangent.

Joëly et Caëlya  veulent aller s’amuser dans les jeux installés dans le fond du restaurant. Pendant ce temps, Abbygaël a son esprit qui voyage tout en gardant un œil sur ses enfants.

Son esprit s’envole, poussé par le souffle d’Eole. Pourquoi ne m’appelle-il pas ? Ne pense t-il pas à moi ? Trop de questions l’assaillent et la rendent un peu triste. Elle se dit que peut-être il était trop occupé avec son épouse. Et cette pensée l’assassine et la lapide davantage.

Elle regarde encore son téléphone, enfin un appel, un appel en absence, elle écoute sa messagerie, ce n’est que Johan qui la prévient de son retour. Déçue, elle appelle ses filles pour rentrer à la maison.

Dans la voiture, Abby met un Cd de Julie Zenatti et se met à chanter « J’ai bien essayé de m’enfuir, j’ai bien pensé à t’écrire, j’ai décollé les morceaux mais tu es toujours là. Au milieu de la maison, où courent toutes tes illusions, j’ai rangé toutes nos questions, toi tu restes-là. Mais si cruelle de ne plus dire je t’aime, voilà où ça nous mène. On connaît la scène, faudrait que tu comprennes qu’aujourd’hui j’ai ma vie et la tienne. Qu’aujourd’hui il y a ta vie et la mienne ! Mes mots de contrefaçons je les laisse dans le salon, si tu cherches, tu trouveras où je ne suis pas. J’ai décroché les rideaux sur la buée des carreaux, je n’écrirais plus ces mots « ne rentre pas trop tard ». Mais si cruelle de ne plus dire je t’aime voilà où ça nous mène. Tu connais la scène, je voudrais que tu comprennes qu’aujourd’hui j’ai ma vie et la tienne. Qu’aujourd’hui il y a ta vie et la mienne !»

La chanson n’est pas terminée Abby ne pouvant plus chanter, ses yeux embués par les larmes qui commencent à couler, elle trouve que cette chanson représente sa vie. Elle s’essuie les yeux avant d’arriver, inspire et expire plusieurs fois. Voilà, le calme dans sa tête est revenu, ses pulsations sont redescendues à la normale.

De retour à la maison, Johan étant déjà rentré, les jumelles s’empressent de raconter qu’elles ont été mangées chez monsieur le clown aux cheveux rouges.

Comme à l’accoutumée, elles se mettent en pyjama, se lavent les dents, disent bonne nuit et vont jouer dans leur chambre.

Abby demande à son mari si sa soirée s’était bien passée et lui dit qu’elle avait passé un bon moment avec ses filles au fast-food.

Johan répond que « c’était une soirée professionnelle, sans tralala ni nunucherie. » Bref, il balaie vite la question.

Ensuite, il entame la discussion sur elle et les petites, pourquoi être sortie quand on a tout dans le réfrigérateur ?

Johan se sent las de sa journée et dit à sa femme qu’il va se doucher et se coucher. Il lui demande si elle compte le rejoindre.

Elle refuse, elle a besoin d’un moment de décompression avant de se coucher. Elle lui dit « se coucher comme ça, comme des voleurs sans se parler non-merci, si tu as envie d’un câlin ce n’est pas comme ça que tu l’obtiendras. »

Johan se résigne et la laisse tranquille, en protestant quand même « de toute manière avec toi, les câlins c’est sur commande » et s’en alla au lit.

Abbygaël va au salon mais avant de fermer la porte, vérifie bien que son mari est enfermé dans la chambre.

Elle prend son téléphone portable, s’allonge sur son canapé et se décide enfin à envoyer un texto à Patrick.

Elle lui écrit : « Coucou bel homme, c’est moi, la miss dans les nuages au parc, comment vas-tu ? J’avais cru que tu aurais dépassé cette étape du premier pas… Où est l’homme viril ? Allez, je te souhaite une bonne nuit et peut-être à bientôt. »

Moins de dix minutes après elle reçoit un texto de sa part lui disant : « Hello! Comment vas ? Moi bien. Je suis timide et donc un peu coincé, la virilité et moi on n’est pas amis et puis vous les femmes, vous vous êtes battues pour vos droits, donc exprimez-vous, exprime-toi et je t’avoue que j’attendais des nouvelles depuis un petit bout de temps. »

Ils s’échangèrent des petits messages tendres, complices, presqu’amoureux comme cela pendant au moins une heure, jusqu’au moments où Patrick lui écrit : « Désolé, mamie se relève, je te laisse gros bisou, fais de beaux rêves ne répond pas à ce texto. »

Abby se sent mal à l’aise, elle se dit qu’elle est peut-être en train de briser un ménage, qu’elle n’a pas le bon rôle. Enfin elle se rassure, pour le moment ce n’est que platonique, rien n’a encore été consommé.

Mais l’envie est plus forte que tout.

Elle se dit que peut-être ils sont un « pseudo couple » comme elle avec Johan où l’étincelle du début, la braise ardente du début, n’est plus attisée. Et que, du coup ils se font plus de mal que de bien.

Avec Johan elle s’aperçoit depuis peu, que plus rien n’est fait pour soutenir leur couple, qu’il n’y a plus de pilier pour tenir leur relation, même les enfants ne font pas le poids.

Il fuit toute responsabilité et ne fait rien en famille, il compte trop sur Abby pour tous les allers-retours journaliers : école, courses, poste, médecin… bref des journées bien remplies.

Abby veut vivre pour elle, avoir un jardin secret, des choses faites en cachette, juste pour elle.

Le lendemain matin, Abby se réveille, sort du canapé où elle s’était endormie , enfin, à vrai dire, ce sera son excuse, et chantonne son hymne du matin, ensuite prépare les déjeuners avant de lever tout ce beau monde.

Et de bonne heure, elle entend son téléphone vibrer, c’est Patrick qui lui fait un petit coucou matinal et s’excuse pour la veille.

Le sourire est là, elle est radieuse, rayonne la bonne humeur. Sa journée sera belle, un arc-en-ciel sous la tempête de sa vie familiale.

Elle tape à la porte de chambre pour réveiller son époux, et va ensuite dans la chambre des jumelles pour les lever, c’est reparti pour une journée.

Johan se prépare vite en partant rapidement avec un petit mot doux pour ses filles mais rien pour sa femme, il boude.

Abby met son manteau, Joëly et Caëlya se préparent aussi, prennent leur cartable et tous dans les escaliers, direction la voiture, en route pour l’école primaire.

Abby ne descend pas de son véhicule, elle ouvre la vitre et fait une bise à ses enfants en leur souhaitant une bonne journée.

Les filles partent, contentes de pouvoir rejouer et revoir leurs camarades, elles courent vers l’entrée du préau, les grilles se referment et Abby repart.

Sur la route du retour, Abbygaël reçoit un appel, elle met son casque et répond. C’est Patrick, sur le coup, elle n’y croit pas et panique, pense même que c’est une farce où un coup monté de Johan pour la pister.

Elle raccroche, nerveuse, des montées de sueur lui viennent et ruissellent sur son front.

Le téléphone résonne de nouveau, elle décroche et entend la voix de Patrick. Surprise, elle commence par une simple phrase « Allô!  Que me vaut cet honneur ? Comment ça va ? »

Et il répond « Coucou, j’ai un creux ce matin, je vais bien et toi ? On peut se voir ou pas ? »

Abbygaël, la boule au ventre, lui dit « oui ça va et bien sûr que l’on peut se voir, dit-moi juste où et quand ? »

Elle a l’impression de voir des papillons voler autour d’elle et d’entendre le bruit d’une cascade, sa boule au ventre disparaît pour justement laisser venir sa réjouissance.

Patrick « Ecoute, je peux être dispo vers dix heures jusqu’à midi est-ce que ça te dit que l’on se voit dans un endroit adapté à notre intimité, je ne veux pas être à la vue de tout le monde ? »

Elle répond « Evidemment je comprends, dis moi où je te rejoins, après il faut que je passe chez moi. »

Patrick « A l’hôtel des beaux jours près des étangs, j’ai réservé une chambre. »

Abby « ok, pas de problème, je vois que tu as tout organisé, j’adore ça. »

Elle retourne chez elle, pour se changer, elle a préféré mettre des dessous en dentelle blanche, un peu plus glamour que sa culotte Sloggy dans laquelle elle se sent si bien pourtant. Elle se met un haut noir décolleté, c’est sûr, c’est bien mieux que son t-shirt et un jeans slim. Maquillée, un petit coup de brosse elle tire sur sa mèche et la fait tenir par une barrette.

Voilà, c’est comme si la marraine de Cendrillon, avec sa baguette magique l’avait transformée d’une femme on ne plus banale en une femme fatale, un changement d’effet radical.

En route, vers l’hôtel des beaux jours rien que de l’imaginer, de savoir qu’il est là-bas à l’attendre, elle s’enivre de gaieté.

Pourtant son esprit la torture, ses propres peurs l’angoissent, ses pensées si fragiles s’échappent et prennent un sens incohérent. Son cœur lui dicte d’y aller et sa raison lui demande de fuir.

Son arrivée vers Patrick la mènera t-elle à l’absolu vérité des sentiments ou à sa perte, à sa chute. Confusion totale. Elle choisit d’écouter son cœur.

Arrivée sur le parking de l’hôtel.

Elle descend et le voit au loin sur le pas de porte, elle fait un signe et va le rejoindre. Un tendre baiser se fait, une étreinte familière pourtant, c’est la première fois. Elle se recule et revient vers lui pour recommencer.

Patrick lui demande si elle en a envie, Abby prend une longue inspiration et répond en lui donnant son accord.

Alea jacta est, les dés sont jetés, le jeu est joué, arrivera ce qui arrivera, l’impatience se fait sentir, la curiosité la tenaille.

Elle apprécie que cet homme qui lui était étranger encore jusqu’à peu, lui donne de la compréhension et essaie de comprendre ses tourments. Ce geste simple du baiser, ce contact donna un sens presque romantique aux yeux d’Abbygaël qui avait perdu toute la réalité de ce mot.

Ils montent dans la chambre main dans la main. Patrick met ses mains devant les yeux d’Abby pour faire monter le suspens et réussir la surprise. A l’intérieur de la pièce, tout était propice à un instant charnel, Patrick avait déjà tout orchestré, bougies, pétales de rose, parfum d’ambiance, volets fermés, lumière tamisée et champagne.

Patrick ouvre les mains, Abby ouvre les yeux, découvre et reste bouche bée devant autant de grâce qui lui semble si féerique. Elle trouve que cela ressemble à une page photo de magasine pour vanter les mérites d’une marque de magasin.

Il lui prend son manteau et la complimente, il la trouve jolie. Ils discutent peu et se laissent aller dans leur élan, chacun déshabille l’autre, une étreinte si intense.

Ils se partagent le même verre de champagne s’en renverse chacun sur l’autre et boivent ce nectar divin qui les met dans un état encore plus fou.

Ils se mettent sous les draps et Patrick commence à la titiller et Abby s’aperçoit qu’il n’a pas l’intention de se protéger. Que faire ? Accepter et faire confiance ou annuler, le prévenir qu’on veut un minimum de sécurité ?

Tans pis, elle acquiesce et se laisse aller sans méfiance, se mélangent et leurs ébats font des tremblements de lit, des tumultes, des grincements où gisent des petits cris, désir, plaisir, demande, possession et changement de position encore et encore, caresses, baisers. Patrick, sous le feu de l’action, profite de la position de levrette pour dévier le chemin et aller  doucement vers le tunnel obscur, Abby serre les fesses lui explique qu’elle n’a jamais fait cette pratique.

Patrick se veut rassurant, ne veut pas la brusquer, lui dit que quand c’est bien fait, chacun peut y trouver du plaisir mais que c’est à elle d’accepter.

Abby hésite, puis se relâche en lui indiquant que cette première sodomie devait être douce.

Patrick se colle, appuie, se recule, mouille son gland et l’anus de sa belle plusieurs fois puis la pénètre doucement. Il y a eu crispation d’Abby ça n’a pas marché, il recommence en y allant un peu plus vite, son sexe en entier vient de rentrer, elle a crié puis ensuite a apprécié.

Elle a un dicton qu’elle se répète souvent « Dieu  aide à nous créer notre chemin et nous, nous forçons notre destin » et là, c’était le cas.

Leurs méandres sexuels les font perdre pieds et tous deux sont dans un monde où personne ne peut les rejoindre, ils sont bien et ne veulent plus rien, si… juste que le temps s’arrête un instant.

Elle se glisse dans ses bras, le regarde et savoure, elle n’a jamais été comme ça, même pas avec son propre mari.

Il la regarde, la voit comme un ange blessé qui, avec son sourire vous transperce le cœur mais son visage figé lui permet de voir le fardeau, sa hotte de souffrances qu’elle porte. Une âme égarée se dit-il, Patrick sait très bien les sentiments qu’elle lui porte et, vue la tournure des choses, se rend compte qu’il est son rêve, que quand ils se quitteront pour retourner chez soi, elle ira à nouveau à la porte du cauchemar.

Il lui dit qu’eux deux cela deviendra source de conflits et de souffrances pour leurs proches et que peut-être… Abby ne le laisse pas finir sa phrase, elle le lui interdit en y mettant son index sur sa bouche.

Elle lui dit « Plus un mot, je prends en moi tous tes maux. »

Elle s’offre à lui comme une boîte de Pandore. Elle veut, elle prend son mal, tel de l’empathie à l’état pur.

L’heure passe, Patrick sonne l’alarme en disant qu’il faut se rhabiller car il doit aller au travail.

D’ailleurs, Abby lui demande ce qu’il fait dans la vie car après ces moults messages et paroles échangées, jamais ils n’avaient pensé à se dire leur métier.

Patrick lui répond « Je suis cadre dans une société d’assainissement et de recyclage des eaux usées et toi ? »

Elle lui dit « moi, d’un choix commun, je m’occupe de mes jumelles » baissant la tête, gênée. Il lui relève son menton d’un doigt et lui dit « tu sais, c’est un boulot à plein temps d’être maman, ce n’est pas rien et en plus tu as porté la vie, sois fière de ça. »

Elle se sent mieux. Ils quittent la chambre et redescendent dans le hall.

Patrick prend la tête de sa douce entre ses mains et l’embrasse sur le front comme un signe de protection, Abby le regarde les larmes aux yeux et l’embrasse. Ils sortent sur le parvis, se disent que c’était bon et que ça serait à refaire. Ils se lâchent la main et se disent à bientôt.

Patrick et Abbygaël partent tous deux dans une direction différente, est-ce pour signifier que leur couple n’est pas officiel ? Une peur des représailles ? Et si quelqu’un les reconnaissait ? Ou tout simplement une réelle envie de prendre chacun une route à l’inverse de l’autre pour marquer l’arrêt d’un unique instant ?

Elle est pensive et se remémore cette aventure, cet homme au comportement si téméraire qui a été droit au but et pourtant d’une douceur et d’une délicatesse qui lui montre aussi qu’il l’aime et que le mot amour peut être inscrit à côté de leurs prénoms.

Enfin, une journée qui se prépare sous ses meilleurs hospices, elle file en courses et connaît le restant de sa journée qui est si singulière, mais tans pis, ce n’est plus grave.

Elle a un jardin secret maintenant. Et rien que ça, ce sentiment d’être une femme à part, sortant de la marge, la fait succomber dans une éphéméride, comme si ses endorphines étaient encore présentes et la faisaient encore planer.

Elle se regarde dans le rétroviseur intérieur de la voiture pour vraiment avoir un visuel de ce qu’elle ressent. Elle se pince comme pour mieux y croire.

Elle se sourit. Sa conscience et son inconscient sont en accord parfait, une symbiose communicante.

Elle arrive au magasin, ses pensées sont tellement fixées sur Patrick, qu’elle ne sait pas où aller, que choisir, ou dans quel rayon passer. Ses repères sont aux abonnés absents, elle se sent lasse et ses jambes sont en coton. Elle comprend qu’elle est toujours sous le choc des émotions et s’en remet peu à peu.

Elle réfléchit et va au rayon biscuiterie puis des corn flakes, chocolat en poudre, produit vaisselle, fruits et légumes… Tout se chamboule, elle s’y prend mal, tout est en désordre, elle n’a pas sa liste, sa tête est encore sous l’effet « Cendrillon. » Tans pis se dit-elle, prend ce qui te passe par la tête et si tu oublies quelque chose, qu’à cela ne tienne, tu y retourneras demain. Vite, passage en caisse et retour au domicile.

De retour à la maison, elle déballe et range ses courses. Puis lui vient une idée, elle se met à la recherche de son téléphone portable dans son sac à main pour écrire un petit mot doux à son prince. Sa petite voix intérieure lui rappelle qu’elle a encore son odeur. Vite, vite, un petit coup de gant de toilette sur le corps pour effacer toutes traces.

Voici ses mots : « Merci mon prince pour cet instant magique, tu m’as fait oublier mon tout. Ce n’était qu’un moment de plaisir dans ce monde de brutes. Mais hâte d’y retourner dans notre garçonnière. A peine parti, le manque est là. A bientôt. Bisou »

Elle attend un retour de ce message mais en vain. La journée suit son court, les petites sont rentrées, leurs devoirs sont faits, Abby est en cuisine et ce soir ce sera pâtes et steaks hachés.

Johan prend son temps pour rentrer et quand, enfin, il daigne venir, il est tout débraillé, les cheveux en bataille, a un peu de cambouis sur les mains, il dit qu’il a eu une panne de voiture et que les pneus se sont coincés.

Abbygaël le regarde douteusement mais ne revient pas sur ses dire, une panne est toujours possible se dit-elle, même avec une voiture de fonction révisée tous les six mois…

Elle mise sur la suspicion pour que sa conscience ne la trahisse pas.

Au moment du dîner, les filles racontent leur journée au cinéma à leurs parents, c’était un dessin animé  avec un robot. Ils écoutent  mais quand les filles eurent fini de parler, Abbygaël regarda son mari pour que lui aussi partage sa journée avec sa famille, rien ne sortit ne sa bouche, du coup elle enchaîna en racontant la sienne.

En fin de soirée, Joëly et Caëlya demandent pour sortirent de table pour se laver et aller au lit. Abby leur dit « vous êtes magnifiques mes chéries, vous êtes d’une politesse énorme et super autonomes, vous faites votre brin de vie sans rien dire ni demander à seulement 8 ans, vous m’épatez. Allez venez faire un gros câlin à maman et bonne nuit. » Les jumelles sont aux anges, maman sourit. Elles disparaissent.

Abby demande alors à John « Pourquoi tu n’as rien dit sur ta journée ? Tu es agent secret, c’est top secret ? Ou as-tu mauvaise conscience, fais-tu des choses que tu ne devrais pas faire ? » « Mais n’importe quoi, j’ai des journées monstrueuses passées au volant d’une voiture, je ne vois pas où ça passionne et puis ce soir je suis naze, je n’ai pas envie de discuter, je parle déjà toute la journée à essayer de vendre mes produits, c’est bon là, laisse-moi tranquille, miss Columbo » lui dit-il.

Alors voyant le vent tourner en dispute, Abby lui dit « écoute, en ce moment on a des problèmes de communication, notre couple bat de l’aile, je me pose des questions sur notre vie, ma vie, je ne veux pas finir comme ça en me posant des questions, à savoir si j’ai vraiment la vie que je mérite et si au fond de moi je suis heureuse. » Johan la fixe d’un air presque méchant « je vois bien que tu changes, tout ça vient de toi, moi je ne te dis rien, c’est toi qui change. » Elle comprend que pour lui, lui jeter la pierre est beaucoup plus facile que d’affronter les choses et de les surmonter à 2. » « Ecoute, je crois que pour un moment je vais dormir sur le canapé, je te laisse le lit vu que tu travailles, c’est normal, je ne peux plus partager mes nuits et mon lit avec une personne qui ne fait pas d’effort et ne cherche pas à comprendre, de plus, je ne sais plus où j’en suis » dit-elle. « Ok, ok, pas de souci, je m’en fous que tu ne dormes plus avec moi, de toutes manières tu ronfles, tu prends trop de place, reste là, tu as raison, allez bonne nuit » et plus un mot ne sort de la bouche de Johan. Il s’en va dans la salle de bain, à sa sortie, même un pas regard sur sa femme, il va directement dormir. Abbygaël est soulagée d’avoir dit ce qu’elle pensait, une épine en moins dans le pied.

Et puis, ce sera beaucoup plus facile de parler avec Patrick se dit-elle. Elle décide de mettre son téléphone sur silencieux.

Elle s’interroge sur ce qu’elle fait, évidemment tromper son mari n’est pas le plus honnête qu’il soit d’être. Patrick couche-t-il toujours avec son épouse ? Fait-il semblant d’être avec ? Sommes-nous un vrai couple ou juste officieux ? Fait-il des efforts de son coté pour que nous puissions nous voir sans nous cacher ? Partage-t-il les mêmes envies que moi ? Voit-t-il un futur possible entre nous ?

Elle prépare sa nouvelle couche au salon, s’installe devant la télévision. Toutes ses questions lui martèlent vraiment la tête, sa conscience et sa raison combattent ses envies et son cœur. Est-ce bien raisonnable tout ça ? C’est comme si, sur une épaule, elle avait un ange qui lui dit ce n’est pas bien et de l’autre un diablotin qui la pousse à foncer.

Elle ferme les yeux, veillant à mener son cœur à la victoire. Les nerfs et la fatigue l’emportent. La guerre n’est pas terminée se n’est que partie remise, la victoire n’est pas loin. Elle s’endort toujours empreinte entre raison morale ou culpabilité. Elle se laisse bercer de l’autre coté de la rive ou Morphée l’attend les bras ouverts.

Abbygaël se lève la première, chantonne son hymne matinal « Allez chante, chante la vie, allez cours, cours petite fille, allez vient, vient, on va danser, allez vient, vient, on va bien s’amuser » pleine d’enthousiasme. Elle regarde sous son oreiller, rien pas d’appel ni de message. Son cœur se sert, petite sueur froide qu’elle essuie aussitôt, c’est vraiment une très belle journée pour se la gâcher dès le matin avec des caprices puérils se dit-elle, j’ai passé l’âge. Elle le met en charge dans la cuisine. Elle va au lit des filles, les embrassent et les regardent comme si elles étaient des bijoux inestimables. Elle a bien dormi, son sommeil a été réparateur. Son âme en peine s’est métamorphosée en un esprit conquérant. Elle dit aux jumelles de ne pas faire de bruit, papa dort encore. Elle espère qu’il se réveillera en retard pour lui faire comprendre qu’heureusement, elle est là pour gérer son petit monde le matin et que, sans elle, ce serait le chaos, un amas de désordre.  Joëly et Caëlya exécutent leurs tâches et prennent leurs petits déjeuners sans un bruit. Même les mouches font grève.

On prend les manteaux, cartables, clés et filons en douce à la voiture. Arrivée à l’école primaire, elle leur souhaite une bonne journée, leur recommandent de bien travailler, un signe de main et c’est repartit pour une journée marathon.

Avant de partir, elle a tout de même envie de savoir si Patrick lui a adressé un petit bonjour, elle cherche son téléphone dans son sac à main. Moment de panique, elle se rend compte de son oubli. Mince que faire ? Je retourne à la maison et je verrais bien, les mains sur le volant tremblent. Elle conduit à vive allure, on la croirait sur un circuit de formule 1 au volant d’une Mac Laren. Elle se faufile, double, passe, bref, brave tous les dangers.

De retour chez elle, Abby voit Johan en train de boire son café dans la cuisine. Elle bafouille « Tu as bien dormi ? » Il lui répond « Ca va, pourquoi tu ne m’as pas réveillé ce matin, je vais avoir des horaires décalés de ta faute, ça t’arrange ou quoi ? » Elle lui répond  « non du tout, juste pour te dire que j’ai ma place sous ce toit et que sans moi tu n’arrives à rien, la preuve tu ne sais même pas te lever comme un grand, t’es pire que les louloutes. » Il ne sourcille pas, pose sa tasse, prend sa veste, la regarde avec un air mesquin, moqueur et s’en va.

Abby va de suite voir téléphone, effectivement il y a bien eu un message. Le soulagement la submerge de savoir qu’il a pensé à elle, puis une crispation au niveau de l’estomac la tétanise, si Johan a entendu le bip du téléphone…

Il sait tout… Aïe! Pourquoi ne m’a-t-il rien dit ? Boule partit, elle se rappelle que son téléphone était sur silencieux, donc il y a de grande chance qu’il ne se soit aperçu de rien.

Patrick lui disait : Petit bonjour du matin, le plus tendre qui donne envie d’un câlin à bientôt.

Sa réponse fut aussi rapide : Coucou petit trésor, comment ça va ? Moi bien, ayant rêvé de toi. Quand tu veux pour le câlin, j’en ai besoin. Bisou

Sans attendre, son téléphone se mit à sonner, c’est lui. Elle décroche « Allô! Je suis agréablement surprise de t’avoir de si bonne heure, ça va ? » Il dit « Bonjour ma douce, ça va bien, alors comme ça tu rêves de moi, hum hum intéressant. Tu aimerais un autre petit câlin, moi aussi, demain ça te dit, même heure, même endroit ? » Abby « Oui, ok, comme ça on pourra discuter un peu ça me fera du bien, et le câlin me détendra, me retirera toutes sources de stress, enfin… si tu me fais un massage » en souriant. Patrick « massage, c’est chaud ça, c’est sexe, j’en ai l’eau à la bouche, je sens la tension monter » Abby « Calme-toi, Playboy, gardes-en pour demain j’ai plein de choses à faire aujourd’hui je te fais des bisous en te souhaitant une bonne journée, pense à moi » lui « Comment ? tu m’éjectes ? Je rigole, pas de souci, passe une bonne journée aussi, moi j’arrive au boulot, mes gars m’attendent et oui je penserais à toi ne t’inquiète pas, bisou. »

Abbygaël est sur un petit nuage, une béatitude fulgurante. Elle est dans son monde, sur sa planète. Pas envie d’en décrocher.

Allez se dit-elle, un peu de motivation pour se lancer dans les tâches ménagères car elle a eu pas mal de laisser aller niveau ménage.

Elle s’attelle à faire les poussières partout, toutes les pièces. Ensuite, l’aspirateur puis vient le coup de serpillière. Elle s’assoit sur une chaise pour se pauser une seconde le temps que les pièces sèches.

Elle regarde son téléphone, les yeux au ciel, dit merci. Vogue, vogue, son esprit fait des sillons et forme de la mousse d’écume frappant de plein fouet sa vie, elle regarde son annulaire gauche et soupire presque pour extérioriser son désarroi.

Elle enlève l’emprise que Johan avait sur elle. Elle se sent comme Icare, elle a vu ses ailes se consumer au soleil au fil du temps. Elle s’imagine ensuite Dédale qui lui construit sur plan sa nouvelle vie. L’architecte voulant rattraper son erreur du passé.

Elle pense à ses filles comme pour panser sa blessure, elle sait qu’elle les a un peu négligées pendant cette période de réflexion sur elle. Mais maintenant, les décisions se prennent et des solutions s’offrent à elle. Tout porte à croire que la roue tourne, que justice en amour il y a.

Abby se demande ce qu’elle pourrait faire pour rattraper le temps perdu, elle réfléchit et comme une ampoule qui s’illumine dans sa tête, une idée lui vint. Pourquoi ne pas faire des crêpes, et les manger pour ce soir. Faire une crêpes-partie. Les jumelles adorent ça et ça changera un peu. Cette option lui paraît bonne.

Elle commence sa petite préparation sort ses ustensiles, livre de recettes et c’est parti. Un Cd pour l’entrain, elle va vers le meuble Hi-Fi et met  The Gossip « Standing in the way of control » qui veut dire « Continuant de tout contrôler » suivi en français de « Tu vis ta vie, Survivre est la seule manière que tu connaisses » cela traduit vraiment ses ressentis du moment. Une émancipation commence, une nouvelle Abbygaël arrive, une renaissance.

Le changement d’une nouvelle ère, plus confiante, plus sûre, plus d’initiatives, plus d’audaces, elle osera tout ça. Elle le sait.

Elle se sent emportée par ce tourbillon, portée par cette chanson, elle danse et voit des lumières autour d’elle qui clignotent, sa tête tourne, comme si elle était devant des dés au casino. Allez, allez, les dés sont jetés rien ne va plus. Voilà c’est ça, elle a tout misé sur sa reconversion.

Les crêpes faites, Abbygaël voit l’heure, prépare quatre crêpes au chocolat pour le goûter des jumelles, se presse pour aller à l’école. Elle se nippe avec le premier manteau sous la main, met dans un sac les crêpes emballées et hop.

Devant la primaire, Abby attend ses filles avec impatience. Joëly et Caëlya sortent, courent vers leur mère et lui font un bisou sur la joue, et devant leur surprise, leurs petits yeux s’écarquillent de joie et de bonheur, ils pétillent d’envie de déguster leur goûter. Abby leurs dit que ce soir ce sera crêpes-partie avec ce qu’elles veulent dedans et bol de chocolat. Les petites aiment bien déjeuner le soir.

Au retour chez elles, papa est déjà là. Il prend les petites dans ses bras et les bise leur demandant comment s’est passée la journée et demande à sa femme ce qu’elle a prévu pour ce soir à dîner car il a un creux et a regardé dans le four et dans le réfrigérateur mais n’a pas vu de plat cuisiné.

Elle répond tout simplement que ce soir c’est light et que c’était un repas spécial jumelles. Elle dit ça avec le sourire et la même envie que ses filles. Une sorte « d’adulenfant. » Il lui répond que ce n’est pas un repas pour un homme s’il n’y a pas de viande. Elle pouffe et s’en va. La main sur une épaule de chaque fille. Elle demande s’il y a besoin de sa présence pour les leçons, les petites disent non. Comme d’habitude, leur autonomie étonne mais elles ont un Q.I assez élevé donc cela ne gêne plus personne. Les jumelles partent dans la salle à manger ouvrent leurs cartables et s’activent, lecture, écriture, géographie, mathématique.

Abby dit à son mari « Johan, pourquoi en ce moment tu es dans l’agressivité avec moi ? Tu ne me dis même plus bonjour ? Rien. » Lui « C’est toi qui rentre la dernière, c’est à toi de venir. » Abby « Les autres jours de la semaine, tu rentres après nous et ce n’est pas pour autant que tu viens me voir… Si tu ne cherches pas le pardon, tu n’auras aucune rédemption. » Johan « Arrête avec tes sarcasmes, pseudo bidon religieux où tu n’es même pas fichu de me dire une prière entière et correctement ou de connaître un Ave maria, ah! là tu es bien triste. » Elle, en soupirant, « Et bien, on démarre bien ce soir, j’adore ça, des critiques, presque des insultes, aucune remise en questions, tu es un vrai homme mûr, plein de réflexions, toujours fidèle à toi-même, un égo démesuré, tout du moins aussi long que le bout de ton nez. Fait attention, sa pointe descend et bientôt tu seras obligé de voir ton nombril en plus, tu es d’une finesse dans tes mots, c’est plein de délicatesse verbale, écoute si tu as faim, va dans le garde-manger et tu t’ouvres une boîte de cassoulet et puis voilà, tu seras heureux, monsieur aura un bout de viande. » Elle en rit de ses bêtises « Allez, je vais aller manger avec mes filles, pff », s’en va.

Le repas se fait juste entre fille, Johan vexé mange seul dans la cuisine, son plat cuisiné sorti du congélateur. Il jalouse même l’entente et les rires de sa femme avec les filles. L’envie de les rejoindre le tenaille mais sa fierté et son orgueil l’en empêche. Il pense avoir raison, c’est vrai quoi, il ramène le budget du mois, il se tue à la tâche, il croit avoir un minimum de droits dans sa maison surtout celui de manger convenablement.

Tans pis, si cela ne plaît pas à tous. Ce n’est pas à sa femme, ni aux jumelles de choisir le repas, on n’est pas au restaurant où on choisit à la carte son menu du jour, pour le coup, le repas du soir.

Il sait qu’il passe encore pour le rabat-joie de service. Il veut asseoir son autorité, il sent que des choses lui échappent. Il voit bien qu’Abby a plus de confiance en elle. Il trouve ça bien et pourtant cela lui fait peur en même temps.

Quelle prouesse de pouvoir changer du tout au tout comme ça en un claquement de doigts. Il voudrait bien pouvoir s’accorder avec elle, être au diapason mais hélas c’est plus fort que lui son côté macho le force à être intransigeant.

Enfin le repas ingurgité en deux, trois coups de fourchettes, débarrasse et va sur le canapé s’affaler, il aurait mis un panneau inscrit dessus « Don’t disturb me, Ne pas déranger » ce serait pareil.

Il revendique son opinion et le fait comprendre à sa femme.

Ni une, ni deux, les filles taquinent leur père avec des railleries du genre « Papa ça va ? Tu as bien manger ? Il était bon ton repas ? » Abby « Tu veux peut-être du fromage ou un dessert suivi d’un petit expresso? » Johan regarde droit devant lui sans leur porter aucune attention, aucun effet, inflexible, stoïque.

Il prévient juste sa femme presque la menaçant « Dit aux filles tes remarques sur notre couple où tu t’emportes et que tu ne veux plus de nous, vas-y explique-leurs ? » Abby « Tiens, tiens le revoilà le cavalier noir au visage de l’enfer qui, quand il se sent vexé a des propos blessants, provocateurs. Je m’en fiche, je ne rentrerais pas dans ton jeu et me tais, si toi tu as un truc à dire, ne te gêne pas, monsieur Johan je Dis les choses à moitié. » Lui « Non c’est à toi de dire, de finir, mais vas-y je te dis, vas-y, regarde les petites, elles ne savent pas quoi penser, elles ont les larmes aux yeux. » Elle « Prend-les pour cibles, c’est tellement facile, de prendre ses propres enfants en otages dans une histoire d’adultes où tu n’es même pas capable d’assumer tes réactions et de comprendre mon avis, tu n’es qu’un crétin, qu’un simplet, tu es vide à l’intérieur, même ton ombre te fuit tellement elle a honte de toi. » Elle prend les filles par la main, laissant tout sur la table, les amène dans la salle de bain en leur demandant de se changer et de faire leur toilette du soir et d’aller au lit.

Elle leur explique que papa et maman ne se disputent pas, ils échangent des mots forts pour se faire comprendre et écouter par l’autre. Les petites ne tremblent plus, s’inquiètent moins et ne posent pas de questions. Comprendraient-elles ? N’oublions pas que leur cerveau est beaucoup plus évolué qu’un enfant de leur âge.

Abby va dans la salle à manger, le somme de partir du canapé car elle aimerait se coucher. Pas d’effusion ni d’embrassades, même pas un « bonne nuit » comme à l’accoutumé, un silence s’installe, tous les petits bruissements de la maison s’effacent.

Johan est dans sa chambre, il a mis de la musique toujours pour dire « quoiqu’il en soit j’ai besoin d’être seul et tu l’as cherché. » Abbygaël, avant de se coucher, prend son téléphone, envoie un texto à son cher et tendre cherchant du réconfort suite à sa soirée sous les esclandres de son époux.

Elle éteint toutes les lumières, la télévision et tout le monde s’endort.

Attendant une nouvelle journée avec impatience pour mener sa vie, sa double vie, ça en devient pressant, elle se sent en manque, tout l’oppresse.

Chapitre 5 : MA DOUBLE VIE

Derrière cette nuit agitée s’annonce une journée lumineuse. Abby se réveille doucement, à peine les yeux ouverts, c’est le cœur serré qu’elle se dirige vers son téléphone. Elle s’aperçoit que Patrick ne lui a pas répondu, elle qui cherchait un soutien, quelqu’un sur qui compter en cas de coup dur. Elle souffle, elle n’a pas envie de chantonner son hymne ce matin…

Elle va chercher les filles au saut du lit, c’est toujours pour elle un moment agréable du matin. Leur petite tête mal réveillée, les cheveux en bataille, les yeux brumeux, leur petit corps dans leur pyjama, leur odeur. Pour elle, ce sont des moments à ne pas manquer.

En y allant, elle entend du bruit dans la salle de bain, Johan est déjà debout, il est en caleçon informe, se rase. A cette heure-ci… surprenant. Elle pense « Dois-je lui dire de prendre un peu plus soin de lui ? Je trouve qu’il se néglige en ce moment… Oh et puis non, marre de regarder mon mari comme un homme parfait, il ne l’est pas, il ne l’est plus. » Cela lui donne l’idée d’une feinte. Elle a encore le bourdon à cause de l’ignorance de Patrick vis-à-vis de son désarroi de la veille. Elle lève les jumelles et dit « Bonjour mes pépettes, vous avez bien dormi ? Moi non, j’ai mal au ventre, j’ai du trop forcer sur les crêpes hier soir » Joëly « ça va maman ? Oui j’ai bien dormi. Ne reste pas comme ça, prend un médicament. » Caëlya « Coucou maman, oui j’ai bien dormi aussi. Il est où papa ? On va lui demander de nous déposer à l’école, va te recoucher. »

A peine, les quatre pieds à terre, elles vont à la recherche de leur père, le trouve dans la cuisine devant son café. « Papa,  peux-tu nous déposer à l’école ce matin s’il te plaît ? Maman ne se sent pas bien, elle est malade, regarde, elle est toute pâlotte. Il faut qu’elle se repose un peu. En plus, vu le surmenage du moment, les batteries doivent être à plat si tu nous comprends… » Johan jette un petit coup d’œil sur Abby qui joue à merveille son rôle de petite malade imaginaire. Elle sème la confusion et le convainc de les amener à la primaire.

Une bise aux filles et un signe de tête à Johan et enfin seule.

Abby,  pensive, voudrait que Patrick soit moins pénible dans sa discrétion et plus disponible. Elle veut de la cohérence, de la concordance dans les émois et les émotions. De toute manière, elle lui en parlera tout à l’heure.

Abby devient pensive et se dit qu’elle n’a même pas eu à s’inscrire sur un site ou un « tchat » pour pouvoir rencontrer quelqu’un. Que son ordinateur est là mais ne lui sert quasiment pas. Lui vient un sourire nerveux par tant de lucidité.

Elle va chercher son téléphone et ne voit pas de message de lui, elle se résigne à faire le premier pas du jour : « Coucou, bien dormi ? Moi non, comme tu t’en doutes sûrement. Toujours Ok pour ce matin ? Moi oui, hâte et très très envie de te voir. » Une réponse se fait sans attendre : « Oui ça va, désolé pour hier mais j’étais bloqué avec ma femme à un dîner entre amis jusqu’à tard, oui bien sûr, je suis toujours Ok. Moi aussi, très envie de toi. »

Abbygaël est heureuse d’avoir enfin eu des nouvelles mais une petite appréhension la tenaille, des questions lui nouent le ventre. « Il était à un repas avec elle, ce qui veut dire, sortie en couple, faire croire aux autres qu’ils s’aiment et pourtant il me dit qu’il a très envie de moi, je ne suis pas une roue de secours pour servir et entretenir ses désirs sexuels. » Un doute, une anxiété, un malaise, sa tête tourne, elle s’assoit un instant et regarde le plafond, soupire en se disant que ses questions méritent réponses, bonnes à entendre ou pas. De plus, elle se dit que les doutes c’est comme les kilos, c’est facile à prendre mais difficile à perdre.

Elle va se doucher et se prépare pour son Apollon. A peine sortie de la salle de bain, elle s’affale nue sur son canapé, pensive des instants à venir. Que dois-je mettre comme tenue ? Quelque chose de simple et sexy ? Quelque chose de glamour qui pousse à lui montrer que j’ai envie de lui ? Une tenue affriolante ? Ou je mets un long manteau et rien dessous ? Ou j’y vais en tenue normale celle de tous les jours ? C’est vrai quoi, à la base, dans la vie je suis quelqu’un de simple, se dit-elle, presqu’en voulant donner du crédit à ses dires.

Elle va donc dans son armoire, visionne un peu la modernité des vêtements, se regarde, fait une sorte d’état des lieux de son corps puis opte pour des sous-vêtements blancs en coton, rien d’extravagant, un pantalon noir cintré et un chemisier rouge et noir qui, par derrière, donne un effet « corset » avec ces lacets qui s’entrelacent. Direction la salle de bain pour un coiffage rapide, un, deux, trois coups de brosse et ça suffit, pas de maquillage.  Pourquoi faire la belle quand on s’aperçoit qu’on a une bête comme partenaire qui voit ça comme un jeu et surtout de sa fenêtre, sans s’attarder à savoir ce que elle, en pense, il ne voit pas ça comme une possibilité de construction  amoureuse. Si ça devait être un jeu, pour Abby, ce serait un château de cartes qui s’écroule de jour en jour, ou une sensation d’échec et mât, car elle fournit des efforts et lui reste en retrait.

Cela n’empêche pas Abbygaël de l’aimer son Patrick.

L’heure filant, elle part rejoindre son amoureux à l’endroit convenu. Elle monte en voiture et prend la route.

Elle arrive enfin sur le parking, moins crispée que la dernière fois, elle se sent familière de cet endroit même si elle n’y a mis les pieds qu’une seule fois. Patrick est déjà là, il attend. Elle le rejoint et ils s’embrassèrent tendrement comme des ados qu’on aurait privé de se voir pendant un certain temps.

Il a déjà les clés en main, il la prend par la hanche, la regarde de bas en haut et de haut en bas et lui lance «  tu es sublime, une belle de jour, tu es à croquer, je ne trouve pas tous mes mots pour te dire quoi » Abby sourit, rougit, reste couac. Et ils montent dans leur chambre.

Il a déjà les clés en main. Dans l’hôtel, il sourit et fais un signe de tête au maître d’hôtel. Abby a, en un quart de seconde cette question « Je trouve qu’il lui a l’air coutumier ce lieu, la preuve, on monte et il sait où aller sans chercher ». Grimpant les escaliers, Patrick commence à se chauffer un peu en passant sa main sous le chemisier d’Abby, lui caressant les seins à travers ses sous-vêtements, il jette un coup d’œil sur la matière  du soutien-gorge dans un élan presque bestial la colle contre le mur des escaliers, la regarde droit dans les yeux en cherchant une réaction voir si elle répond par la négative de son comportement mais ne dit rien, pas un mot des gémissements des inspirations à répétitions cela lui plaît il y a de l’excitation dans l’air. Abby se dit : « soit il me fait le coup du lapin bing bing et on en parle plus ou le coup du lapin qui t’allume et puis c’est tout … »

Puis il  déboutonne son chemisier, l’embrasse sur la bouche dans le cou, puis revient sur la bouche, glisse ses lèvres en direction de ses seins, les tétons ont durci, il sort sa poitrine du soutien-gorge jette un regard furtif autour d’eux, il ne veut pas qu’on les découvre.

Leur jeu les amuse, il lui tient les bras au-dessus de la tête, avec sa langue il joue avec ses tétons qui rebondissent de plaisir. Elle ferme les yeux tellement elle sent l’intensité monter en elle. Puis, il décide de s’attaquer à plus bas, là il se heurte à un refus tout net, elle se détache de ses mains prisonnières pour lui pousser la sienne en lui disant « non pas là, imagine, on nous surprend » « C’est ça l’excitation ma belle, l’amour est un jeu érotique dans toute sa splendeur, il faut savoir jouer et prendre des risques sans être démasqué sinon ce n’est pas drôle » lui dit-il.

La panique, le stress, son cœur bat la chamade, il bat si fort qu’elle a l’impression que tout le monde peut l’entendre, il palpite à ne plus en finir. Patrick lui dit « tu es ma chrysalide que je vais transformer en papillon, écoute-moi, fais-moi confiance, mon but et de t’élever au plus haut avec moi.»

Elle soulève la tête et pense au bien qu’elle ressent, d’un certain côté elle joue le jeu de l’érotisme et de l’autre, elle a l’impression de se mutiler tellement elle a mal, sa conscience lui parle, elle lutte car pour elle, la vie ne vaut rien mais en même temps rien ne vaut la vie. On a qu’une seule vie donc autant la rendre meilleure le mieux possible. Ce n’est pas une suicidaire. Elle essaie de garder le contrôle de son corps et de son esprit, il faut que rien ne lui échappe.

Elle décide de se laisser aller, son mode « auto-destruction » est mis sur off.

Abby met la morale dans sa poche, mouchoir dessus et sa conscience aussi. Elle veut Patrick tout de suite et maintenant. Elle inverse les rôles, le plaquant contre la rambarde des escaliers en fer forgé, et l’embrasse de nouveau.

Patrick est ravi de voir qu’elle a su dompter sa peur et est surtout curieux de voir jusqu’où cela va les mener.

Abby ne perd pas de temps, s’agrippe à la ceinture et retire lentement la boucle. Puis déboutonne le pantalon et y glisse sa main, Patrick frémit, son désir se fait sentir. Elle rougit mais continue comme si de rien n’était, elle se transforme et se met dans sa bulle en s’imaginant être une escort-girl ou une actrice …aux élans de pornographie.

Elle se décale pour pouvoir toucher « la bête » et y découvre un homme soigné, toison tondu et verge puissante. « Bandant comme une équerre » selon Abby.

Abby le complimente sur la générosité de la nature concernant son anatomie. Patrick rit et l’incite à la voir de plus près, elle s’exécute. Elle se met à genoux sur les escaliers, et continue de le caresser puis la prend à pleine bouche.

Patrick serre la rampe, esquisse des tremblements et des gémissements contrôlés, bascule la tête en arrière comme pour mieux savourer l’instant.

Il lui demande de le regarder en même temps il lui donne des indications sur des manipulations et mouvements de langue à avoir pour le mettre en extase, il a une sensation de mort subite.

L’éjaculation se fait, pas une goutte ne se perd, Abby prend son courage à 2 mains et avale toute la semence. Presque pour se laisser croire  qu’il n’y a pas eu de trace de leur passage dans cet endroit.

Le forfait accompli jusqu’au bout. Les deux tourtereaux se regardent et éclatent de rire. Patrick « Tu vois, ce n’était pas si dur de se détendre », Abbygaël « Pas si dur tu rigoles… Bon Ok, mon jeu de mots est à refaire, c’est vrai que c’est jouissif cette sensation de « pas vu, pas pris » », Patrick « A se demander pourquoi j’ai des clés.»

Ils redescendent les marches plus légers que jamais. Patrick redonne les clés au réceptionniste.

Tous deux ressortent par la même porte d’entrée. Abby « Et dire qu’il y a encore quelques minutes j’étais sous pression, ça fait du bien quand ça retombe », Patrick « Pas trop déçue du déroulement ? » Abby « Oh que non, du tout, j’avoue que je m’ étais fait des films et celui-là n’en faisait pas parti mais justement c’est ce qui m’a plu, le fait que l’impensable se réalise. » Patrick « Comment ça ? » Elle « Je n’ai jamais fait de fellation à un homme, même à mon mari, dans un escalier d’hôtel, c’est une première. » L’air satisfait, il lui rend un large sourire.

Il la reprend par la hanche, la regarde encore une fois, lui refait un dernier baiser. Elle « je ne ferais que de penser à toi et à aujourd’hui.. » Lui « Moi aussi, allez file. »

Chacun se dirige vers son véhicule, claquement de portière et hop on enregistre cet instant dans sa tête, la vie continue, la vraie vie…

Reprise de route en sens inverses. Abby sent monter des larmes, elle aurait voulu que ça dure plus longtemps.

Tout se bouscule dans sa tête, Abby commence à émerger, du coup sa morale et sa conscience refont surface et elle se sent coupable de trahison, la culpabilité lui donne des frissons, la chair de poule.

Puis vint l’objectivité, celle qui nous rend service, celle qui nous soulage quand on sait qu’on a des torts. Elle se dit qu’elle l’aime et puis, si elle a osé franchir le pas de l’adultère, c’est que peut-être, effectivement, il y a un malaise dans le couple, ce n’est plus celui des premiers jours et s’affirme à ne plus l’être pour toujours.

Son téléphone sonne, heureusement il est sur le tableau de bord, elle l’attrape, regarde l’expéditeur du message et voit que c’est son Patrick. Elle pense à voix haute «  Oh! que c’est mignon,  il m’écrit. »  « Tu sais rien n’était programmé et pourtant j’ai aimé, ne pense pas à mal, j’ai encore envie, je te recontacte bientôt, énorme bisou sur ta poitrine généreuse. »

Dubitative, est-ce de l’amour ou du sexe bestial ? Est-ce un homme qui a un cerveau entouré d’un slip ?

Laissons du temps au temps. Abby cherche à comprendre et à en être sûre, sans tomber dans l’aveuglement et porter des œillères qui lui indiqueraient une ligne droite à suivre mais quelle ligne ? La bonne ? Le mal étant fait mais le bien qu’elle en a eu, elle ne souffre plus de la tentation ni du fantasme, elle y a répondu.

Reprise d’esprit, un souffle et elle se dit que l’espérance d’un meilleur est un droit légitime. Elle se demande aussi si elle n’en demande pas trop. Retour à la case départ, retour chez elle.

Chapitre 6 : Les Ab(b)y…sses

Dans la voiture, la route lui paraît encore bien longue, elle entend quelques pubs à la radio. De retour au bercail, elle continue à ne plus toucher terre, c’est un peu en mode « Vol au-dessus d’un nid de coucous » qu’elle arrive, elle est encore toute guillerette, se mordant les lèvres en repensant à cette partie de cuissage. Elle se fait un visage de victime pour donner corps à sa pseudo maladie du jour. Jouer les hypocondriaques, pourquoi pas, à refaire, se dit-elle avec le sourire. Mentir lui va à ravir.
Un je-ne-sais-quoi la pousse à regarder son smartphone, coup d’œil rapide et… surprise, petit message de son chéri : « Tu peux me joindre demain, on se bipe, on se tient au courant, bisous. »
Elle efface tout de suite le texto. Je verrai ça plus tard, se dit-elle. Ce n’est pas la priorité.

Vite, on enlève les vêtements, on les met au sale, on ne sait jamais, si on sent une odeur ou je ne sais quoi d’autre… Hop, hop, hop !!!! Un petit message texto pour continuer sur la lancée et demander à Johan de récupérer les petites à l’école. On remet son pyjama et une robe de chambre, une sorte de trompe-l’œil ; maligne, avec du fond de teint, elle se cerne les yeux histoire de donner le change. Elle se dit qu’elle se complaît dans son vice mais en sourit bêtement, ça lui fait un nœud dans l’estomac, ses bras en tremblent de stress.

Abby se dit « Peu importe ce que ça peut me coûter, j’ai besoin de cette nouvelle excitation, de cette vibration qui m’emporte l’esprit. » Elle a compris que l’amour était une arme redoutable, ça peut rendre fou.
Fin d’après midi, Johan rentre avec les filles, Abby feint de les revoir avec gaieté. Elle feint de gindre sans se plaindre.
Joëly et Caëlya viennent pour lui faire un petit bisou du retour, Abby a eu un réflexe de rejet : ça y est, là, elle n’a pas d’autre choix que de reprendre sa vie, la vraie.
Puis elle s’excuse : « Pardon les princesses, ce n’est pas contre vous mais comme je ne sais pas ce que j’ai, je ne veux pas vous contaminer. Venez me faire un câlin vous m’avez manqué. » Tout en faisant un câlin aux petites, Abbygael pense : « Si je commence même à mentir aux filles … »
Elle se mit à pleurer, plus rien ne pouvait contenir ses larmes, elle ne se contrôlait plus, ça coule, coule, coule.
Sa famille la regarde ébahie, ahurie, ne comprenant pas ce désarroi, ils ont beau poser des questions, ils se heurtent à un mur de silence.
Abby prend conscience que malgré l’amour qu’elle a pour ses filles, malgré les restes de sentiments qu’elle a pour son époux, son cœur et sa tête sont ailleurs, accompagnent une autre personne. Elle se dégoûte et ses nerfs lâchent, ses mains sont sur son visage déconfit, mine de tristesse ne relevant plus la tête.
Johan et les jumelles se regardent l’air hébété et se demandent ce qui se passe, imaginent même le pire : « A-t-elle appris quelque chose qu’elle ne nous dit pas ? » Pensent-ils en chœur.
Du coup, Johan prend la décision de hausser le ton en lui demandant : « Tu as vu le médecin, il t’a appris un truc, t’es malade, c’est quoi ? T’as quoi ? » Elle hurle pour qu’on la laisse en paix, son corps et sa tête fatiguent, elle part s’enfermer dans la chambre en fermant la porte à clé.
Abby ouvre la fenêtre puis ferme les volets. Elle se terre, joue l’ermite, s’allonge sur le lit en sanglotant… Puis les pensées viennent la fracasser comme si une personne la tabassait pour lui voler quelque chose. Oui mais quoi ? Son cœur.
Johan vint frapper à la porte, hurlant qu’il la trouve bizarre depuis quelque temps, qu’il voulait discuter, elle lui répond que, pour l’instant, elle est dans l’impossibilité de faire quoi que se soit, allant même jusqu’à s’inventer une migraine.
En fermant les yeux, elle voit son Patrick. Rien que pour ça, sentir ce nœud dans l’estomac à la vue de cette image, se sentir mettre une vie en péril. Sa vie ne lui fait pas peur.
Son mirage lui fait miroiter une oasis.
Elle s’efforce de s’endormir pour le rejoindre, même s’il n’est que 17h30. Tant pis, elle en a marre, elle en devient égoïste.
Seule dans le noir, elle refait le monde, son monde.
Ses yeux se ferment, le désespoir gagne la bataille mais pas la guerre Abby ne s’avoue pas vaincue, elle se voit déjà demain à lui téléphoner.
Johan, abattu par la conduite de son épouse, a l’allure d’un chien battu derrière la porte, tête baissée, passant sa main droite dans les cheveux, se massant la nuque, essayant de comprendre, il ne parvint pas à décolérer, il bout de l’intérieur.
Il retourne au salon rejoindre les filles, il minimise la situation essayant de les rassurer en leur disant que leur mère est malade et que c’est pour ça qu’elle est si maladroite avec tout le monde aujourd’hui.
Les jumelles sentent le malaise s’installer et l’incompréhension de leur père… Elles vont le voir, quittant leurs chaises et leurs devoirs, pour le serrer dans leurs bras.
Le temps passe, les heures filent, Abbygael est encore prostrée dans sa chambre. Les petites, n’y tenant plus, vont à la recherche de leur mère.
Elles frappent à la porte en disant « Maman, ça va ? Tu sais mamounette, il commence à se faire tard, et avec papa, on ne sait pas ce que tu as prévu pour ce soir ? »
Furieuse, remplie de haine et de colère, Abby se lève et ouvre la porte brusquement, regarde Joëly et Caëlya dans les yeux.
Ses yeux sont rouges, ses veines ressortent, elle tremble, elle fulmine et hurle : « Dites donc, vous deux, c’est quand vos estomacs crient famine que vous vous rappelez que j’existe ? Ou quand on a besoin de maman pour aller se promener ? Pour le reste maman peut être malade ou je ne sais quoi d’autre, on s’en fiche ? Vous voyez là, je me retiens, j’ai envie de vous mettre une gifle à toutes les deux, et encore je reste polie ! » Elle claque la porte. Les jumelles, les yeux ronds, se regardent et tournent la tête vers leur mère, et ne comprennent pas cette brutalité sortant de la bouche de leur mère, elles courent vers leur père et se mettent à pleurer.
Johan, assis devant la table et lisant sa revue professionnelle, est surpris de voir ses filles chagrinées et désœuvrées. « Bah!! Les puces, qu’est-ce qui se passe ? C’est quoi, tout ce remue-ménage ? »
– C’est maman, on ne comprend pas pourquoi elle nous gronde, nous hurle dessus comme du poisson pourri. Papa, on parle très mal, on sait, mais on te jure que c’est vrai ! »
Abbygaël, ayant entendu les jérémiades des jumelles, se lève et ouvre la porte avec fracas.
Elle va au salon et se met à aboyer : « Marre de cette vie de pauvresse, de minable. Marre d’être que la bobonne, vous voyez, là, je démissionne, je rends ma cape de Super-bobonne enfin je devrais dire de Super-Conne ! »

Johan est bouche bée, incrédule devant autant de grossièreté, puis prend la parole : « Et tout ça pour une question de repas, et bien ça aurait été quoi pour le programme télé !! »
Abby rétorque : « Pauvre con, tu ne comprends rien à rien, je suis épuisée, mon corps est las de la vie de merde que tu m’apportes. Tu baises à la façon des chasseurs : Pan-Pan, c’est tout, tu jouis et tu reprends ta place de l’autre côté du lit, tu t’approches de moi juste quand tes couilles te démangent et que ton manche se raidit.

Sinon rien, que dalle, nada, tu n’as jamais de mots gentils, plus de mots doux ! Être enfermée, sans vie sociale me saoule, m’agace, mais alors au plus haut point ! Je suis très énervée, à bout de souffle ! Vous êtes 3 clous rouillés plantés dans mon pied. Vous êtes une vie subie et assumée mais pas ma vie rêvée que je voulais ! » Et sur ces mots elle lui met une claque magistrale.
Elle prend son manteau, son sac, son téléphone, ses clés : pas un mot, pas un regard, elle s’en va. Son visage se ferme aussi fermement que la porte.
La famille, au salon, reste bouche bée.
Descendant les marches à vive allure, presque arrivée à la porte de sortie, elle tombe.
Elle s’adosse contre le mur, s’assure que tout va bien, souffle (inspiration, expiration), elle pose sa tête entre ses jambes pliées face à elle et cherche à comprendre pourquoi elle est si perturbée, si dérangée, elle se met à penser à haute voix : « Je débloque, je deviens grossière, vulgaire, qu’est-ce qui m’arrive, je deviens ce que je déteste le plus, une de ces femmes avec qui on n’a pas envie d’être. »
Elle se relève, sort et marche dans les rues avec le bruit, les gens, les taxis, les automobilistes qui râlent et qui klaxonnent ; au loin, on entend une dispute entre riverains. Tout ça l’oppresse comme si elle sentait une corde autour du cou qui, par à-coups, l’étouffe ; une sorte de jeu à demi érotique car, même si elle n’a pas envie de sa vie, de tous ces bruits, elle ne peut s’en passer.

Elle erre comme ça, sans but, met un pied devant l’autre au gré du hasard. Comme si elle n’était plus elle-même, un corps vide d’air, de vie, d’âme.
Ses pas l’amènent dans un square, elle fait une halte, voit un banc et s’assoit. Il y a comme un petit vent qui la fait trembloter, elle s’emmitoufle dans son manteau, elle regarde autour d’elle, il n’y a personne, ni joggers, ni promeneurs avec leurs chiens, ni enfants jouant au ballon, rien, le néant désespérant d’une vue de désert.

Le vent souffle et fait basculer une balançoire, Abby décide d’aller dessus. Elle commence par se balancer doucement puis plus intensément, ce va-et-vient lui rappelle quelque chose… Elle stoppe.
Abbygaël fouille dans sa poche pour prendre son téléphone et, sans réfléchir, appelle Patrick. Elle entend la sonnerie la plus longue de sa vie ; pourtant, au bout de trois retentissements, une voix… de femme. « Allô, allô !! » Une montée d’adrénaline lui vient ; le cœur serré, prêt à exploser, elle lâché le téléphone.

Cette femme a raccroché. Abby se dit : « Ne cède pas à la panique, zen, sois zen, ce n’est rien, une erreur de réseau, tu as dû faire un faux numéro ça arrive. »

Elle ramasse son smartphone, appelle de nouveau, une sonnerie, deux sonneries puis vient la troisième… « Allô, allô !! » Encore cette voix féminine. Aucune erreur possible, c’est bien une femme, (sa femme ?) qui décroche ou « peut- être une autre maîtresse ! » se dit-elle.
Elle fait un malaise, un burn-out, elle crie sa haine face au vent, laisse exploser sa fureur, ses larmes, coulent, coulent, coulent. Elle n’en peut plus, elle pense au pire…
Le téléphone sonne, Abby regarde et pense : « Mince, je n’avais pas caché mon numéro ! » Elle décroche et toujours cette voix : « Bonjour, vous avez essayé d’appeler deux fois ! Qui êtes-vous que me voulez-vous ? Si c’est un gag, ce n’est pas drôle, ok ? »

Abbygaël râcle et tousse car elle réalise qu’elle a compris « Que me voulez-vous ? » au lieu de « que nous vous voulez-vous ? »… Bizarre, non, cette substitution du « je » au « nous » ?

Abby se reprend et dit « Bonjour, excusez-moi mais je n’ai plus beaucoup de batterie, du coup mon téléphone ne cesse de raccrocher tout seul, je suis au bien au numéro de Cyril ? » En référence à son rêve… Réponse : « Non, il y a erreur sur la personne » elle s’excuse et raccroche. Abby se remet à penser à voix haute « Me voulez, et non vous nous voulez »… Elle reste sur sa faim.
Ayant retrouvé ses esprits, elle décide de rentrer chez elle.
Elle se dit « Il faut que je sache le fin mot de cette histoire. À cause de lui, je ne sais plus où j’en suis, j’avais ma vie d’avant, un semblant de vie maintenant, je me sens comme un zombie et je ne sais pas ce que sera ma vie d’après, bref je ne suis pas sortie de l’auberge. »
Elle marche, les sons de la ville reviennent, elle sourit face à cette agitation. Elle regarde tout ce monde qui s’agite et se dit « Au moins eux, ils savent où ils vont, ils connaissent leur destination, ils savent où bat leur cœur et où dort leur cul. »
Abbygaël ne remarque pas, ne remarque plus l’évolution des termes qu’elle emploie. Comme si la vraie Abby s’était enfin révélée !
À tort ou à raison, les mains dans les poches, elle regagne la rue où se situe son domicile. Devant la porte d’entrée, elle décide de laisser dehors sa mélancolie. Et décide même, vue l’heure tardive, de demander à sortir au restaurant en famille. La clé dans la serrure, elle se dit « Sourie, sourie, allez, sourie ! »
Des yeux crispés se braquent sur elle : « Va-t-elle encore nous dégommer avec des mots assassins ? » se demande son époux.
Ne délogeant pas du pas de porte, Johan lui demande : « Tu fais quoi là ? T’as fini ton boudin, on peut manger ? Ca fait quand même presque deux heures que tu es partie, et oui …
– Je vous propose une sortie familiale au restaurant en guise d’excuse pour ma conduite et mes mots qui ont dépassé ma pensée : ce n’était pas très fin de ma part. »
Joëly et Caëlya sont surexcitées et Abby continue : « Et puis pour une fois, on sera quatre, ça changera, il y a un nouveau resto à dix minutes d’ici, le Mambo, il a l’air classe, on y écoute du vieux Rock, j’ai entendu ça à la radio. »
Johan se sent vaincu et après une telle crise il comprend que quoi qu’il dise, la cause serait perdue d’avance. Tout le monde s’habille, et c’est parti…
Dans la voiture, Abby chantonne dans sa tête : « Allez chante, chante la vie, allez cours, cours petite fille, allez viens, viens on va danser, allez viens, viens, on va bien s’amuser. » Est-ce un signe annonciateur d’une bonne soirée ? Il y avait longtemps qu’elle ne l’avait plus eu en tête. Abby se dit que sentir son mari et ses enfants à coté d’elle lui donne peut-être un soutien.
Tous entrent au Mambo. À première vue, c’est un endroit sympa, le lieu et les meubles font vraiment « années 80 », au point que ça en devient, non pas ringard, mais cliché. Le son, au loin, est bon.
Johan voit une petite scène avec dessus un groupe qui joue du Beatles et, un peu plus loin, une autre petite entrée donnant sur une salle avec quatre billards et deux flippers, ambiance « So American ».

Un restaurant qui, de façade, ne paye pas de mine, mais l’intérieur vaut le crayon. Il regarde sa femme et lui dit « Je pensais, quand tu me disais du vieux rock, à un truc style musique non jouée, un peu ambiance juke-box.

Je ne m’attendais pas à ça, là, je suis scié. » La serveuse arrive et les installe à une table non loin de l’entrée, une place qui laisse voir qui rentre et qui sort du restaurant.
Les petites sont assises sur un tabouret de bar, ça les amuse. Abbygaël devient pensive : sans le vouloir, Johan lui a jeté une pierre dans la mare des songes en lui rappelant son rêve avec le juke-box.
Tout le monde commande la même chose :
– Entrée : Salade au St-Émilien avec son basilic et ses petits légumes.
– Plats : Poisson du jour et son riz sauce marinière.
– Dessert : Fromage ou Mousse au chocolat et tarte Tatin.
Abbygaël n’en revient pas, le poisson et son jus lui rappel Joseph le Breton et les desserts sont ceux du rêve. Le billard aussi.

La famille se sent bien, elle est détendue et profite de la soirée.

Hochements de tête, mimes des paroles des chansons, roulements d’épaules, fous rires. La joie se lit sur les visages. Une famille unie, heureuse et qui s’amuse.

Malgré cette ambiance festive, Abby a une pensée pour Patrick, son visage traduit son absence. Les petites lui demandent si elle va bien, elle sourit comme si de rien n’était, la soirée continue.

Par pur hasard, elle regarde les personnes qui rentrent dans le restaurant et…
Elle croit reconnaître la silhouette de Patrick accompagné par deux jeunes demoiselles ; elle se dit : « Oh! Mon Dieu, je pense tellement à lui que je le vois partout ! Décidément, ressaisis-toi, Cocotte ! » Son regard ne décroche pas du hall d’entrée, elle veut savoir.

Il ôte son borsalino : « Plus de doute c’est bien lui. Les jeunes filles ressemblent plus à des groupies qu’à sa femme. » pense-elle. Puis en une fraction de secondes, elle a un vertige causé par l’affolement, elle se dit : « Si moi je l’ai vu, peut-être va-t-il me voir à son tour, je ne veux pas qu’il me voie comme ça, vite, une idée, vite, une solution ! » Elle se lève et dit à Johan qu’il peut aller payer l’addition pendant qu’elle va aux toilettes.
Cœur serré et nœud au ventre, elle baisse la tête et met ses cheveux devant son visage, elle se presse. Sur le chemin des W.C., Abby percute un homme sortant des sanitaires pour hommes. Elle lève la tête pour s’excuser, c’est lui… C’est Patrick. Elle balbutie trois mots : « Toi, pardon excuse-moi, toi, euh, toi, qu’est ce que tu fais là ? J’ai t’ai vu entrer, tu es accompagné ?
– Écoute, là, je n’ai pas le temps, je suis en rendez-vous professionnel » répond-il sur un ton sec. Abby est stupéfaite de la distance instaurée, elle se sent prise à partie. Il enchaîne : « Tu es seule ?
– Non, en famille.
– Je t’appelle demain, on essaie de se voir, je t’explique le coup du téléphone et qui je suis, o.k. ? Bonne soirée. »
Et puis plus rien, il la laisse en plan sans attendre sa réponse.

Abby va aux WC, elle se rafraîchit, se regarde dans le miroir et souffle : trop de choses lui échappent.
Elle sort rejoindre sa famille déjà prête à partir, elle récupère son manteau. Elle essaie de voir où il se trouve, la salle n’est pourtant pas bondée, mais elle ne le voit pas.
Elle se rabat sur les pin-up qui le suivaient : c’est vrai, de tels énergumènes ne passent pas inaperçus. Abby jalouse ces jeunes donzelles, non pas pour leur physique et leurs tenues qui aurait fait craquer des bretelles mais parce qu’elles semblent bien proches, trop proches de son chéri.
La famille est de retour au bercail. Dans la voiture, Abby s’évertue à rester concentrée sur cette soirée réussie. Ils rigolent encore du repas et des blagues, de la musique. Bref, une soirée au top. Johan se dit même prêt à recommencer.
Tout le monde est prêt à aller se coucher.
Johan tente une percée avec Abby pour se réconcilier. Abby lui lance un avec air coquin : « on va jouer, on change les règles, c’est moi qui commande, qui domine. Écoute bien mes paroles, je vais te retirer ton boxer avec mes dents et te sucer comme jamais, je vais t’aspirer et te mordiller, tourner et tourner ma langue autour de ton gland. Puis, je vais descendre ma langue vers tes couilles, remonter, redescendre et recommencer. »
C’est vrai que d’habitude c’est lui qui prend les choses en main. Johan est survolté, il trouve sa femme terriblement sexy quand elle parle sexe aussi crûment.
Elle se met en action et lui en réaction. Abby glisse sa culotte sur le côté puis grimpe sur son mari en position cavalière pour une bonne chevauchée.
Elle se retourne, toujours aussi coquine : « Tiens-moi par les hanches appuie, met moi une fessée » Johan obtempère. Il ne comprend pas la désinhibition d’Abby, il met ça sur le compte de la crise de la trentaine.
Enfin, pour le moment, il ferme les yeux pour atteindre le 7ème ciel.
Leur nuit fut courte et agitée. Sous la couette on peut entendre des petits cris s’échapper.
Le lendemain matin, «Allez chante, chante la vie, allez cours, cours petite fille, Allez viens, viens, on va danser. Allez viens, viens, on va bien s’amuser » Abby chante à tue-tête ce refrain des Bisounours. Johan est détendu et boit son café, les petites sont prêtes pour l’école.

Il propose de les emmener à l’école, pose sa tasse dans l’évier, fait un baiser à sa femme, les jumelles aussi, et une autre journée démarre.
Abbygaël est encore en peignoir, pas encore lavée. Son époux, ses filles ont à peine déguerpi qu’elle se jette sur son téléphone. Elle se rappelle de la promesse de Patrick. Elle attend son appel.
Les jours se suivent et se ressemblent. Elle chantonne toujours…

Encore un jour, puis deux, puis trois et toujours rien, pas de nouvelles. Abby tient bon, ça la démange de lui envoyer un texto ou de l’appeler mais elle ne veut pas céder sinon elle l’enverrait bouler et là, en revanche, ses mots seraient lourds de sens et de conséquences.

Elle ne veut pas en arriver là.
Dix jours après, Abby, cheveux sales, est toujours en peignoir, boîte de mouchoirs à la main. Elle déprime mais fait mine de mettre ça sur le coup d’avoir attrapé froid lors de leur sortie.
Elle se sent lasse et fatiguée, ça en devient chronique.
Johan fait de son mieux et gère tout d’une main de maître. Il fait les courses, le ménage, emmène les jumelles à l’école … il se met même à cuisiner pour montrer à sa femme qu’il aime et qu’il a compris ses doléances. Abbygaël ne note même pas les améliorations de son mari, elle est tellement débordée par son tsunami d’émotions que le reste compte peu.
Abbygaël est en plein naufrage, a l’impression de se noyer dans son désespoir.

Elle essaie de tenir bon la barque mais le rivage de Patrick la fait chavirer. Patrick le pirate, il lui a tout pris sans rien donner. Il ne faut pas sombrer.

Elle a repris conscience qu’elle avait une vie avec les siens mais pourtant … son cœur se disperse.

Elle est dans une mer de néant où un tourbillon abyssal la happe.
L’amour a troué son cœur, ses rêveries et ses émotions colmatent sa douleur…

Chapitre 7                                             Doutes

Un nouveau jour, Abby se réveil, se rebelle contre elle. Elle ne chantonne pas son hymne matinal.

Mais elle est employée à la bonne humeur. Que c’est-il passé depuis hier ? Juste une remise en question. Un matin comme les autres, elle lève les pépettes et au galop. Johan est content, il se dit que tout à l’air de revenir à la normal. C’était donc une crise existentielle de passage. Mais il a compris aussi que dans des mots violents il se cachait aussi une vérité celle où elle en avait assez de cette vie monotone et morne.

Déjeuner pris, visage débarbouillé, manteau mis. Abby est au taquet. Un regain d’énergie.

Dans la voiture, elle glisse un Cd dans le lecteur, le morceau choisit est « Teardrop » de Massive Attack. Abby trouve les paroles parlantes sur le moment. Elle a besoin de retrouver ses filles, de s’en occuper. Elle chante les yeux mouillés par cette notion qui est la culpabilité d’une mère qui a oublié de l’être un temps.

-« Love, love is a verb

Love is a doing word

Fearless on my breath

Gentle impulsion

Shakes me, makes me lighter

Fearless on my breath

Teardrop on the fire

Fearless on my breath

Nine night of matter

Black flowers blossom

Fearless on my breath

Black flowers blossom

Fearless on my breath

Teardrop on the fire

Fearless on my…  “

Elle entrouvre la fenêtre, a besoin de sentir un petit air frais pour que ses songes ne la rongent jusqu’à l’os. Abby a besoin de garder la tête froide au volant. Les petites chantent le refrain.

Terminus. Arrêt devant l’école, un câlin aux jumelles, une bise sur le front et on s’empoigne pour que la journée dure. Elle regarde l’heure sur son téléphone. Que voit-elle ? Un message sur son répondeur de Monsieur Fantômas, Mister Patrick parlant seul sur le siège. Son rythme cardiaque s’accélère, les pensées la fouettent en plein élan au visage «  N’écoute pas maintenant, fait ce que tu as à faire. Là, tu tiens le bout, tu es bien repartie avec ton homme et tes chéries. »

Abby change de Cd, la musique est un exutoire de pensées, comme un étranglement qui lui ferait perdre connaissance pour mieux se réveiller, être moins endolorie. Raclement de gorge pour torpiller le missile en ligne de mire, Patrick.

Elle a besoin d’un son puissant qui l’aide à bouger, à travailler un peu dans la maison. Il y a eu du laisser aller.

Elle regarde dans sa pochette, trouve un album qui correspond à son humeur. Allez, on le met, on chante, on se motive, c’est reparti … retour à la maison avec : The offspring « why don’t you get a job »

My friend’s got a girlfriend

Man he hates that bitch

He tells me every day

He says « man I really gotta lose my chick

In the worst kind of way »

She sits on her ass

He works his hands to the bone

To give her money every payday

But she wants more dinero just to stay at home

Well my friend

You gotta say: « I won’t pay, I won’t pay ya, no way

Na-na Why don’t you get a job »

Say « no way », say « no way ya, no way

Na-na Why don’t you get a job »

Cela faisait longtemps qu’elle n’avait pas chanté comme ça avec folie, joie et sourire jusqu’aux oreilles. Elle roule, le téléphone posé sur te tableau de bord se met à vibrer, les ondes font sauter le Cd.

Sa main le rattrape avant que celui-ci ne tombe sur le sol. Par instinct, elle regarde qui a essayé de la joindre.

Texto, sans grande surprise …C’est Johan qui la prévient qu’il doit rentrer plus tard, il a pris énormément de retard et les ventes de produits ont chuté.

Donc, il anticipe le coup de « calgon » de son patron. Il a donc pris des rendez-vous chez des médecins jusqu’à tard.

Abby arrive devant chez elle, se gare et voit non loin de son immeuble un homme flânant sous son balcon cherchant quelqu’un ou quelque chose, il a l’air perdu comme un touriste.

En y regardant de plus près, il s’avère que c’est Patrick.

-« Que fait-il là ? Il cherche quoi ? Moi ? Mais il est fou ou quoi ? » Voilà ce que se dit la belle blonde. Ne voulant pas être découverte, telle une louve ayant sa proie en vue, elle décide de s’éclipser pendant que le loup guette les fenêtres.

Elle ouvre sa portière, n’ose pas la claquer fortement et ne la ferme pas automatiquement le bip ne ferait qu’aiguiser l’ouïe fine de l’animal. Elle se faufile entre deux voitures et se cache derrière l’une d’elles.

Elle le surveille.

Il avance vers la voiture d’Abby, regarde la plaque d’immatriculation. Il a reconnu l’auto. Abby se sent coincée et se tâte pour sortir de sa cachette. Mais elle se dit « De quoi j’aurais l’air ? En plus, il me faudrait une excuse bidon mais en béton pour expliquer pourquoi je suis en position saute mouton quelques mètres plus loin. »

Il prend son téléphone, il appelle…celui d’Abbygaël se met à vibrer. Elle se dit que par chance heureusement, elle avait pensé à le laisser sur cette fonction.

Elle se sent pris au piège, elle se rigidifie de terreur, s’il entendait le vibreur…

Il fait le tour de la voiture, s’assoit sur le capot regarde vers le ciel. Il attend quelques minutes puis repart.

Abby, toujours aux aguets, le regarde s’éloigner de plus en plus. Ne le voyant plus, le répit revient..

Elle se lève et court jusque dans le hall de son immeuble.

Abby se demande pourquoi elle a réagit comme une enfant apeurée, pourquoi elle n’a pas été de l’avant, l’affronter, lui demander des explications sur ce long silence.

Elle monte les escaliers, rentre chez elle. A peine son manteau rangé, son sac posé, le téléphone à la main, elle se jette sur le canapé, s’allonge et écoute sa messagerie…

1er message – « Coucou ma belle, j’ai du boulot « en veux-tu, en voilà », j’ai envie de te voir, de te toucher, te prendre dans mes bras, te caresser, te prendre, j’ai rêvé de toi…

De plus, je voudrais te dire quelque chose sur moi, un secret qui me pèse et devient lourd.

Les filles avec moi au resto, ce n’est rien, elles ne sont rien, ce n’est que du vent. Abby, ma douce, appelle moi.

J’ai une dispo dans la matinée vers 09h00, tiens-moi au courant. Ne m’en veux pas, ne me juge pas sans savoir.»

Il a au moins le don de la mettre en haleine avec son ton envoûteur, en est-il presque désolé. Elle note quand même, qui plus est, qu’il tient à garder du suspens mais sa voix n’en mène pas large. Ses trémolos dans la voix font fondre Abby.

2 ème message – « Soit tu n’as pas écouté le 1er message et tu es occupée, du coup tu ne peux pas me répondre, soit tu es furieuse contre moi et tu me fuis comme la pire des contagions. Abby, appelle moi, tu m’as manqué et tu me manques. Je suis devant chez toi. Ta voiture est là, alors le doute m’envahit. Je sais que ce n’est pas bien mais j’ai envie de te voir et de … Tu vas me prendre pour un fou de te dire ça ou un pervers qui ne pense qu’à ça. La vie est-elle vraiment ainsi faite ? De faire rencontrer des personnes avec lesquelles on sent une affinité et pour des quiproquos laissent tomber la relation ? J’ai cette sensation, celle où tu me pousses d’une falaise et où je finis sur les rochers. »

Abby essuie ses yeux qui ne font que pleurer, les paroles réconfortantes de Patrick l’émeut.

Elle s’assoit et prend un mouchoir dans la boîte posée sur la commode à côté du canapé. Elle regarde autour d’elle.

Elle a cette sensation qu’elle pourrait être espionnée pour en être sûre, elle fait le tour de l’appart, pièce par pièce pour vérifier qu’elle est belle et bien seule, chose faite.

Elle va dans la cuisine, se fait un thé et décide d’appeler son Patrick.

Elle passe dans la salle de bain, se recoiffe et se maquille un peu. Un « truc de femme » selon elle,  pour donner de la force et du courage, il faut se sentir belle.

Elle sait bien que c’est stupide, il n’y a personne pour la voir mais c’est pour la forme.

Elle se conditionne pour avoir une voix de femme naturelle qui appelle un ami, sans plus. Se prépare au cas où, si c’est encore une femme qui décroche, elle demandera quand même à lui parler.

Inspiration, expiration moment d’hésitation… Non, allez hop elle regarde dans ses contacts et appelle le numéro.

En l’espace de trois secondes, Abby pense à Johan qui aurait pu découvrir toute cette histoire, son adultère… S’il avait juste eu  l’envie, l’audace de regarder son téléphone.

– « Il a vraiment confiance en moi et il ne pourrait pas croire ça de moi. Ah! ça non jamais, s’il apprenait, j’y ternirais son cœur de noirceur… »

Les paroles d’Abby l’emmènent en quelques secondes à cette réalité où le mot « tromperie » et « adultère » résonnent dans sa tête aussi fort qu’un son de cloche animant un mariage.

Une voix au bout du fil, retour à la réalité, les songes sont mis à la porte, sur le paillasson. Ouf ! Relâchement, c’est Patrick – « Allô! Coucou toi, comment vas-tu ? Tu ne réponds jamais quand on t’appelle ? Surtout après deux messages. »

Abby – « Coucou, oui ça va, enfin ça va mieux car j’ai attendu ton appel depuis des lustres alors quand tu me dis que je me paye le luxe de ne pas te répondre, c’est un peu l’hôpital qui se fout de la charité, non ? »

Patrick  – « Attend, je travaille moi. Et puis, rien ne t’empêche de le faire toi aussi. Je suis même allé jusque chez toi pour te voir.»

Abby – « Quand tu me dis, je travaille, on croirait entendre mon mari, on ne dit pas je t’appelle demain si tel n’est pas le cas, on ne fait pas de fausse promesse. T’appeler, j’ai essayé, je suis tombée sur ta grognasse, deux fois en plus, et elle a eu le culot de me menacer, oui j’en deviens vulgaire et méchante mais je m’en fiche, tu m’as mis une claque, celle qui te fait redescendre du haut de la montagne au sol en trente secondes.»

Patrick se raclant le fond de gorge – « hum, oui je voudrais te voir pour t’expliquer ma situation, te dire qui je suis.

As-tu une dispo en soirée ? Tu me manques, ne m’en veux pas.» Les trémolos reviennent. La conversation continue encore et encore…

La voix de son chéri la fait fondre, Abbygaël change de ton, adoucit sa voix.

– « Tu crois que, parce qu’aujourd’hui Monsieur a une envie soudaine de me voir comme une envie de pisser, je vais céder ? Tu as de la chance tu sais que j’ai des sentiments pour toi.

Je n’ai pas besoin de te dire les sept lettres pour ne pas les penser. Aucune disponibilité ce jour mais demain après-midi sans problème. Je te donne rendez-vous au Square Martin Luther King sur le banc en face de la balançoire vers quatorze heures, ça te va ?J’ai vraiment envie de savoir pourquoi autant de mystères autour de toi, de comprendre ton absence.

Tu as intérêt d’avoir une sacrée excuse en béton. »

Patrick – « Ok pour moi, j’emmènerais le chien, ça le sortira, bisou mignonne.»

Ils raccrochent. Abby se met à rire bêtement toute seule, elle se dit que ce n’était pas si difficile de l’affronter et qu’en plus, elle mène le jeu.

Qu’elle a eu le toupet de dire le mot grognasse sans le faire réagir, soit il ne l’a pas remarqué, soit c’est suspect…

Abby regarde encore son téléphone, le temps est passé vite. Du coup, le ménage est remis à plus tard. Elle passe l’aspirateur, lance une tournée de linge pour donner le change.

Routine quand tu nous tiens, Abby se dépêche de mettre son manteau, claquement de porte et fait fissa pour récupérer les petites à l’école.

En chemin, Abbygaël se fait un film dans sa tête en mettant sur un ring Johan et Patrick en se disant qui va gagner et qui sera le perdant ? Battu par K.O ou abandon ?

Abby se gare devant la grille de la primaire, les filles arrivent en courant, excitées de raconter une bonne nouvelle à leur mère.

Joëly – « Maman, tu sais à l’école ils vont faire une sortie Europe découverte et… »

Caëlya – « On aimerait bien y aller. Le voyage se passe en Italie, on a la fiche d’inscription dans le cartable.»

Abby- « Coucou mes poussinettes. Oui on verra ça à la maison. D’abord, il faut que j’aille à la boulangerie pour votre goûter.»

Abby passe à la boulangerie, prend deux croissants et voit des ficelles picardes en vitrines. Elles paraissent tellement bonnes et délicieuses.

Elle se met à chuchoter pour ne pas qu’on l’entende « je vais en prendre pour ce soir et dire que c’est moi qui les ai faites, ils vont croire que je me suis occupée. Et en plus, je vais prendre des tartelettes aux fruits comme ça j’ai l’excuse devant les filles pour les cartons en plus des croissants.»

Elle se sent sur l’instant futée et maligne. Vient son tour, elle prend donc les fameux deux croissants, huit ficelles picardes et quatre tartelettes.

De retour dans la voiture, les jumelles :

-« Maman, c’est quoi dans les boîtes ? »

Abby- « Surprise pour ce soir ! »

Caëlya – « Allez, maman, un indice s’il te plaît ? »

Abby- « Ok, voyons… Je dirais le mot…dessert »

Les petites se mettent à chercher et donnent des noms de gâteaux à pagaille. Elles arrivent devant le hall de leur immeuble et continuent de parler de la surprise de ce soir.

A peine arrivée, Abby va dans la cuisine et dépose les cartons et garde les croissants en main, incite les petites à venir goûter.

Les voilà attablées, Abby se remet en cuisine, place discrètement les ficelles picardes dans un plateau allant au four et les met dedans. Ni vu, ni connu.

Les tartelettes au réfrigérateur et retour au salon. Les cartons sont mis dans le fond de la poubelle rien n’est omis, elle pense à tout.

Les jumelles expliquent qu’elles n’ont pas de devoir et demandent à leur mère de bien vouloir regarder le papier pour la sortie scolaire.

Abbygaël lit le papier, regarde les yeux remplis d’étoiles de ses filles et leur promet d’en parler à leur père dès que possible car ce soir il va rentrer un peu plus tard et de faire de son mieux pour que la réponse soit positive. Elles discutent de choses et d’autres avec ses filles histoire d’échanger et de partager des instants complices cela passe par l’école, leurs camarades…

Le début de soirée s’est installé, dehors il fait nuit noire, on sent que l’hiver approche. On voit de la buée sur les carreaux.

Joëly et Caëlya sont dans leur chambre, Abby met le plat au four. Sourie, elle est contente de son stratagème pendant la cuisson, elle se rappelle qu’il faut étendre le linge.

L’heure du repas a sonné, le ding de la minuterie a retenti. Abby et les petites mettent la table, chacune son rôle, les petites prennent verres et assiettes, Abby couverts et plat chaud.

Les petites voient les ficelles picardes fumantes et croustillantes et demandent où leur mère les a achetées, Abby s’agace et répond que ça vient d’elle, qu’elle n’a eu que ça à faire et qu’elle voulait faire plaisir à tout le monde.

Les petites ne mettent pas la parole de leur mère en doute et commencent à manger. Il n’y a plus de bruit, le seul son unique que l’on entend est le bruit du vent qui commence à faire cogner les volets.

Les filles ont déjà tout englouti et  demandent à leur mère qu’elle était la surprise. Abby va en cuisine et revient avec les tartelettes mis sur un plateau. Les filles piaillent de joie.

Le vent se fait plus fort, Abby ouvre la fenêtre, l’air frais lui donne la chair de poule, elle voit dans cette pénombre l’étoile du Nord, elle pense…

Elle ferme les volets, les filles ont terminé leur repas et demandent à quitter la table.

Leur mère répond oui avec un – « n’oubliez pas de…»

Les petites en chœurs – « Oui maman, on sait, on se lave, on met notre chemise de nuit, on frotte nos dents. »

Toutes les trois se mettent à rire de la répétition, chaque jour les mêmes mots. Elles demandent juste si elles peuvent encore jouer dans leur chambre, ce que Abby accepta de suite.

Pendant que Abby nettoie la table, elle se remémore sa rencontre avec Patrick, le tilt qu’elle a eu. Depuis combien de temps ça dure entre eux. Changement de situation, Abby se met à penser à ses filles, aux vacances de Noël qui arrivent à grands pas.

Ses yeux bifurquent sur la feuille d’inscription des petites et s’imagine en voyage à Venise avec son chéri…mais lequel ? Johan ou Patrick ? Tien donc, cela faisait longtemps que l’hésitation dans le mot « chéri » ne c’était fait sentir.

En parlant du loup, en voilà la queue. Johan rentre à l’instant. Mine grise, traits tirés, yeux cernés, on voit que la journée a été dure.

Il dépose ses vêtements chauds sur le porte manteau, embrasse Abby et lui demande si sa journée fût bonne.

Abby lui dit que cette journée a été longue mais que ça va.  Johan va en cuisine, se lave les mains et voit le plat de ficelles picardes posé sur le plan de travail – « Dis, c’est du fait maison ? ça sent bon en tout cas. »

Abby- « Oui, oui c’est fait maison, juste pour vous faire plaisir. Tu me diras ce que tu en penses… »

Le dîner terminé, Johan d’un pas nonchalant se dirige vers la salle de bain pour se doucher et se détendre.

Au bout d’un quart d’heure, il sort en tenu décontractée, il entend les petites s’amuser dans leur chambre, en profite donc pour les embrasser et leur dire de se coucher.

Il s’installe dans le canapé, allume la télévision. Abby le rejoint, elle se sent mal d’avoir menti alors elle décide de lui proposer une sauterie en compensation.

Elle – « Dis, j’ai envie de toi, tu veux une autre chevauchée ? Ou une autre position ? Demande-moi n’importe quoi, j’assouvis, domine-moi. »

Lui – « Là, tu vois, je suis crevé, j’ai juste envie de me détendre un peu avant d’aller au lit parce que demain sera pire, on remet ça à plus tard. »

Abby se sent un peu vexée que son mari refuse son corps, elle le prend mal. Elle boude,  n’entend pas qu’il soit fatigué.

Elle oublie aussi que son envie première était dû au fait qu’elle cherchait à se faire pardonner d’avoir menti et que sa journée a été pour moitié occupée par un autre homme.

Le doute s’immisce, elle commence à repartir dans ses songes, ça la consume.

Johan s’est endormi sur le canapé. Abby va se coucher. Elle a hâte d’être à demain.

Jour des explications…

Son esprit est torturé. Où ?Qui ? Pourquoi ? Abby se perd, n’entend plus rien, cherche une issue, une porte de sortie, un EXIT, une fin…

Chapitre 8 : Fantasme devenu névrose

Abbygaël se réveille de bonne humeur, de bon pied. Elle éteint le radio-réveil avant qu’il ne sonne. Elle voit son mari encore endormi, elle se dit qu’il a du la rejoindre dans la nuit.

Elle lui touche les cheveux et lui dit bonjour en chuchotant. Il ouvre les yeux, grogne, bref, un jour comme un autre. Abby va réveiller les petites. Décidément elle ne se lasse pas de sentir leurs petits corps chauds, les petits yeux et les cheveux coiffés en « chien fou. »

Pendant que tous s’activent à leur toilette et à la séance d’habillage, Abby prépare avec entrain et gaieté, en sifflotant son air quotidien, le petit déjeuner.

Un début de matinée qui débute bien. Quand ils viennent tous à table prendre leur petit déjeuner, Abby demande à Johan la permission d’inscrire les filles à leur sortie scolaire, elle vend les mérites d’une telle opportunité avec un pincement, elle se mordille les lèvres d’essuyer un refus net.

Johan ne prend aucun temps de réflexion et accepte volontiers. Abby trouve cela suspect mais ne surenchérit pas, elle lui demandera pourquoi il y concède avec autant de facilité, lui qui, d’habitude, ne veut pas quitter ses filles d’une prunelle.

Johan, pour dépanner sa femme encore en pyjama, (deux pièces roses, poches sur les côtés), décide de déposer les filles à l’école.

Tout le monde est sur le départ, un petit bisou à tous et un « à ce soir. »

Porte qui se ferme, Abby sur le pied de guerre se poste sur son mirador qui n’est qu’autre que son balcon pour vérifier leur départ.

La voiture de Johan démarre, un dernier signe de main, O.K tout est tranquille maintenant.

Abby se fait un thé, s’assoit sur une chaise dans le salon et comme à son habitude se met à rêvasser.

Elle se pose des questions, à savoir, qui elle aime, qui est son roi ?

Elle se lève trouve une compilation et voit un morceau qu’elle trouve spécialement adapté à son humeur : Wamdue Project « King on my castle.»

Elle installe le Cd et programme la chanson. Elle se met à chanter avec son mug de thé à la main dans son pyjama. Seule au monde, elle se défoule …

« Ahum, ahum

Must be a reason why I’m making examples of you

Must be the reason why I’m king of my castle be a reason

why I’m making examples of you

Must be the reason why I’m king of my castle

Must be the reason why I’m free in my trapped soul

Must be the reason why I’m king of my castle

Must be a reason why I’m making examples of you

Ahum, ahum »

Elle prend son téléphone examine l’écran pour vérifier si Patrick  ne se défile pas une nouvelle fois.

Elle se trémousse, danse, se met à rire seule. Plus rien ne la dérange. La chanson terminée, la musique défilant encore lui donne un coup de peps, elle pose son mug vide sur la table, même si son quotidien revient au galop elle s’active pour tout nettoyer, tout briquer de fond en comble. Elle frotte, astique. Elle ne veut plus se laisser aller dans son intérieur.

Elle mime des chansons avec son balai, chiffon à la main elle chante…Tout y passe, elle a une montée d’adrénaline. Dû à quoi ? Son rendez-vous avec Patrick ? Certainement…

A cet instant précis, passe une chanson de Prince « Kiss », Abby se remémore son rêve, sa rencontre, ses ébats qui l’amènent à être dans tous ses états… Plus de doute.

Elle regarde sa pendule au-dessus de la porte du salon qui affiche déjà treize heures passées.

Elle file sous la douche. Elle se lave plus vite que son ombre et se sèche tout aussi rapidement.

Elle va dans sa chambre, l’éternelle question qui revient « Que vais-je mettre ? »

Abby se sent d’humour vengeresse et se décide sur une jupe courte en cuir, des bas résilles noirs et un haut sans manche rouge avec par-dessus un boléro cœur croisé noir.

Elle se sent sexy. Tenue choisie, elle va dans la salle de bain pour se parfaire, le maquillage doit être au top.

Elle sort sa trousse « mini-Sephora » et se fait belle. Elle a beau se coiffer dans tous les sens, se mettre du fard à paupière, du rouge à lèvres, Abby ne se sent pas à l’aise, remplie d’angoisses et sa nervosité monte d’un cran.

Elle se remet à penser « S’il ne vient pas ? Comment va-t-il me trouver ? Qu’a-t-il à me dire de si important ?

Elle opte pour un maquillage « nude » super léger qui joue avec le naturel et la légèreté, le seul plus, elle s’est mis du rouge à lèvres rouge sanguin pour faire osmose avec ses vêtements.

Son manteau mis, ses clés, son téléphone, dernier regard dessus… toujours la peur d’une annulation de dernier moment. Rien d’alarmant, elle part.

Descendant les marches et arrivant devant la porte de sortie du hall d’immeuble, Abby se remet en tête le jour où elle a basculé dans la douleur et la frayeur.

Mais n’y tenant plus, elle prend la sortie et direction le square.

Dehors, les bruits deviennent lourds et assourdissants comme si elle se sentait oppressée, contrariée, elle s’attend à un accroc, une maille manquante…

Elle marche en direction du square Martin Luther King, voit le panneau avec le nom du square inscrit dessus et sourit elle pense que tout ceci n’est pas une fumisterie ni une mascarade car même Martin Luther King disait : « I have a dream that one day this nation will rise up and live out the true meaning of its creed. « We hold these truths to be self-evident: that all men are created equal. »

Lui aussi avait fait un rêve…

Elle arrive, voit le banc… vide, une crispation intestinale s’introduit et la scie en deux.

Personne n’est la, elle cherche son téléphone dans la poche quand soudain deux mains venant de derrière lui cachent les yeux, Abby entend un aboiement, se retourne, c’est lui.

Elle lui saute au coup comme un  enfant qui aurait retrouvé un parent à une caisse centrale d’un grand magasin parce qu’il se serait perdu.

Patrick essaie de la calmer « Coucou ma puce, ça va toi ? Fais attention, on pourrait nous voir. »

Abby « Bonjour, je vais bien, je me suis demandée si tu viendrais mais tu es là, je suis soulagée. Tu as raison gardons nos distances mais pas pour les raisons invoquées seulement parce que je suis curieuse de savoir … Je n’étais jamais venue dans ce square avant, même pas avec mes filles pourtant il est sympa. »

Abby, en cherchant à placer ses filles dans la discussion, essayait de noyer le poisson qui n’est qu’autre que la colère et de l’amour mélangés… Drôle de cocktail.

Elle commence à avoir la voix tremblante, hésitante. Les yeux qui rougissent et une larme coule.

Patrick lui essuie et lui demande de se calmer.

Abby monte ses yeux au ciel et prend une grande inspiration pour mieux souffler et se canaliser.

Elle demande à Patrick de la rejoindre pour aller s’asseoir sur le banc. Elle regarde la balançoire devant elle, celle de la dernière fois, mais là un enfant est dessus jouant avec une femme. Entendre les rires de cet enfant l’aide à revenir, à se remettre ses émotions.

Patrick « Tu vas mieux ? Faut pas te mettre dans des états comme ça, tu sais. » Il place la laisse de son chien autour de son pied.

Abby « Tiens dis-moi, je ne t’ai jamais demandé comment il s’appelle ? Et il est de quelle race ? En tout cas il est beau tout blanc comme ça .»

Patrick « Il s’appelle Baxter et c’est un Samoyède et oui qu’il est beau, c’est un bon protecteur, je l’adore. Je …» Elle lui coupe la parole et reprend la main.

Abby « Euh! On ne va pas parler chien trente ans non plus. Je ne vais pas y passer par quatre chemins, je vais directement aller au vif du sujet. Pourquoi ? Pourquoi ce silence ? J’ai eu mal, j’ai pleuré, je n’ai pas compris. Ensuite d’entendre une autre voix que la tienne au bout du fil, excuse-moi du peu ça étonne et ça surprend. Surtout quand la courtoisie n’est pas de mise. De te voir en si bonne compagnie au resto m’a énervée, j’ai perdu pieds. De plus, tu ne m’as pas recontacté, il aurait pu m’arriver n’importe quoi, tu n’en aurais rien su. Elle est où ma place ? Je compte un peu pour toi quand même ? Je suis quoi ? Un glissement de culotte entre deux entretiens ? Je ne me sens même pas dans le rôle de la maîtresse ,de une, car cette place me déplaît fortement mais au moins, celles qui sont dans cette position savent à quoi s’en tenir. Elles savent qu’il y a un échange de sentiments, là avec toi, je ne sais pas, je ne sais plus. Je suis dans le trouble, brouillard, je suis dans les abysses les plus profonds. Je veux savoir, je veux comprendre. Tu vois ? Je te le dis d’une voix douce, calme et limpide, il y aurait encore ne serait-ce que quelques jours, je pense que ma main t’aurait légèrement caressé la gueule. Je parle mal mais des fois une parole crue est mieux comprise qu’une parole cuite. Dis-moi ? Sois franc, sincère mais dis-moi ? »

Patrick « Ecoute, tu comptes beaucoup pour moi. Je comprends ta surprise et ta réaction mais ne juge pas sans savoir. Ces jeunes femmes qui m’accompagnaient ne sont rien, elles travaillent en tant qu’hôtesses de soirées ou escort girls mais je n’apprécie pas trop ce mot là, ça dévalorise leur travail. Tu veux la vérité mais je ne sais même pas par où commencer ni comment te le dire.  Sache que j’ai toujours été sincère. Hormis deux, trois détails sur ma vie privée quelques infos erronées. Ma petite puce, je ne sais pas par où commencer, tout te dire, tout t’avouer. Tu es une si belle personne. »

Abby « Mais crache le morceau, mince, dis-moi à la fin… Qu’est ce qui peut être pire que le fait que tu sois marié ? Tu as d’autres maîtresses ? Tu as une maladie ? »

Patrick « Mais non, ce n’est pas ça c’est… »

Abby «  Mais tu vas le dire oui » se lève « Tu ne me dis rien, je repars, je t’efface de ma mémoire et de ma vie.»

Patrick balbutie trois mots « Je, je, je … » Abbygaël commence à pleurer, serre les poings et commence à partir sans un au revoir.

Patrick se lève la retient « Je t’ai menti, je ne suis pas celui que j’ai dit être. Voilà, tu es contente ? Oui je t’ai menti. C’était une composition, un rôle si tu veux. Je ne te connaissais ni d’Adam ni d’Eve. Je ne voulais pas choquer, je n’en suis pas fier. Et tu avais tellement l’air perdu, ton air innocent m’a désarmé, pris au dépourvu. Ma puce, je suis, comment te dirais-je, un agent qui s’occupe d’hôtesses de soirées. Je ne suis pas marié. Ma vie ne me le permet pas. »

D’apprendre le métier de son chéri lui fait un effet de magnitude 9 sur l’échelle de Richter. Un uppercut ne lui aurait pas fait plus mal. Elle encaisse …

Abby « Donc grosso modo, depuis le début, je suis dans le mensonge. A chaque fois que je m’imaginais que tu pouvais être avec elle en fait, tu étais avec « elles » au pluriel. Tu n’es pas marié et tu ne travailles pas dans les déchets. Donc si je ne t’avais pas croisé ce jour là au Mambo, je ne l’aurais peut-être jamais su… »

Patrick « Mais si … »

Abby « Ah oui ! Quand ? A la Saint Glinglin ? Tu couches avec tes hôtesses ? Elles sont payées pour baiser ? C’est légal ? »

Patrick « Tu vas trop loin. Tes questions deviennent dérangeantes et malsaines. Que tu ne l’acceptes pas je le conçois, mais reste respectueuse s’il te plaît ! Maintenant que tu as la balle dans ton camp, tu as le choix de continuer ou pas. »

Abbygaël s’assoit, le regarde droit dans les yeux, « ce sont des putes ? »

Patrick « Mais où tu vas ? On monnaie des services oui, mais pas à ce point. Tu me diras je n’en sais rien, je ne suis qu’un intermédiaire entre adultes consentants donc après mon départ, peut arriver ce qu’il veut. »

Abby « Quoi après ton départ ? »

Patrick « Je ne vais pas tenir la chandelle non plus.»

Abby « Comme tu as été honnête, je te pardonne. C’est aussi une façon, ma façon, de te montrer que je ne juge pas les gens aux primes abords. Je veux que l’on continue sur notre lancée, enfin si tu es d’accord ? »

Patrick, l’air soulagé, mine réjouie « Evidemment que l’on continue. Je le savais que tu étais une belle personne. »

Ils se prennent par les mains entrecroisent leurs doigts. Abby pose sa tête sur son épaule, Patrick l’embrasse dans le cou. Lui caressant les cheveux, ils échangent des mots doux. La rancœur d’Abby a disparu. Tous deux vivent l’instant présent. Pas besoin de roman à l’eau de rose pour sentir qu’ils tiennent l’un à l’autre.

Patrick lui susurrant « On pourrait nous voir mais le danger m’excite. »

Abby relève la tête et lui sourit puis l’embrasse langoureusement pour lui démontrer qu’elle aussi est prête à braver le danger pour l’accompagner.

Patrick voulant se pencher un peu plus, lève son pied, la laisse de Baxter lui glissa par-dessous, le chien en profite pour s’échapper.

Tous deux se lèvent, partant à sa recherche, l’appelant, le sifflant, rien n’y fait, Baxter ne répond pas.

Ils avancent vers un petit fourré qui est un peu plus reculé mais qui est juste accolé à un chemin pour joggers.

« Ah ! Te voilà ! tu m’as mis une trouille »Patrick à Baxter.

Abby est touchée par le regard que porte Patrick à son chien. Patrick reprend la laisse, regarde autour de lui pour voir si le lieu peut être propice…

Il y a du passage mais généralement les joggers sont trop pris par leur passion avec un casque de musique sur la tête ou ils sont en groupe, l’effet de masse masque les bruits environnants.

Il attache le chien à une petite branche de buisson.

Abby « dis-moi, qu’est ce qu tu fais ? »

Patrick « Chut, laisse toi faire surtout, j’ai une idée… »

Elle « Mais, mais qu’as-tu en tête ? »

Il s’approche d’elle, l’embrasse délicatement puis mordille ses lèvres. « Quand je vois tes yeux ils me font fondre d’envie et ta tenue « So Sexy Lady », je ne pouvais pas rester insensible à tant de beauté, laisse-moi faire. Je t’ai dis tout à l’heure que le fait d’être surpris m’excitait. Détends-toi, tu ne bouges pas et tu m’écoutes… »

Abbygaël ne se sent pas le courage de refuser et elle est tellement en manque de lui…

Elle esquisse un sourire qui envoie un « S.O.S je panique » mais Patrick ne le voit pas. Il se lance à la conquête du corps de sa belle.

Il continu de balader sa langue dans son cou puis remonte vers sa bouche, l’embrasse, redescend. Ses mains se fraient un chemin, un tout petit passage pour passer sous le pull d’Abby. Sa panique laisse place à une montée de désir.

Le temps n’étant pas là, l’air frais et les mains froides de son tendre lui donnent la chair de poule et lui font durcir les tétons.

Il les caresse tourne ses doigts autour du mamelon la fixant dans les yeux « Ma puce, on va jouer, tu es prête ? C’est parti… » sûr de lui.

Point de mot ne sortit de la bouche de Abby.

Il lui soulève son haut et se jette sur ses seins comme un enfant affamé recherchant une tétée.

Il passe sa langue dessus et autour, Abby ferme les yeux et se laisse transporter. Il lui mordille les tétons. On voit qu’il aime ça. Elle ne demande pas son reste non plus.

Une main redescend vers le bas passant sous la jupe en cuir avec un mouvement d’écartement lui faisant comprendre de desserrer les jambes.

Elle s’exécute prenant soin de lui caresser les cheveux. Il y a du bruit derrière eux, des joggers qui passent, qui s’entraînent ça n’a  pas l’air de les freiner.

Abby ouvre les yeux et croise le regard de Baxter assis remuant de la queue et pense « Tu es comme ton maître,  tu remues la queue quand tu es heureux » cette petite blague la fit sourire mais Patrick, pris dans son élan, ne le vit pas.

Tout en continuant de s’amuser avec la poitrine d’Abby, sa main, placée entre les cuisses de la miss, va à sa découverte.

Il touche sa culotte prend le bord qui se trouve entre le sexe et la cuisse droite le rabat vers la gauche. Il la caresse doucement puis cherche à explorer entre les lèvres avec ses doigts, fait plusieurs fois le tour.

L’excitation rend humide Abbygaël, l’air passant par-dessous elle lui signale qu’elle a un peu froid, Patrick lui dit qu’il va la réchauffer.

Il stoppe le léchage de seins, se met à genoux sans regarder Abby comme si tout avait été planifié puis glisse sa tête sous la jupe d’Abby.

Les yeux ronds, elle n’en revient pas, elle s’accroche à ses cheveux, aux branches, à ce qu’elle peut.

Patrick la pénètre avec son doigt, fait plusieurs va et vient, il y insère un autre doigt et recommence. Abby tourne sa tête et ouvre les yeux, elle voit un peu plus loin cette fameuse balançoire qui lui avait rappelé ses ardeurs et là, non loin, elle le fait, elle y est.

Patrick fait gonfler ses lèvres et enfler son clitoris, quand il a vu le « bouton rose » devenir énorme, il s’est penché et a commencé à lécher avec sa pointe de langue de tout petits coups.

Puis il appuie un peu plus fort et intensifie le mouvement, il répète cette séquence plusieurs fois. Abby tremble. Il continue de la pénétrer avec son index et son majeur tout en léchant le clitoris, elle adore ça, ses petits cris étouffés à peine masqués en disent long.

Il change de technique, il lui aspire le clitoris et lui mordille aussi délicatement. Il prend son temps, Patrick s’en donne à cœur joie, il y va fort. Abby se dit que c’est un as du cunnilingus.

Il appuie avec sa langue, retire ses doigts, explore l’intérieur de la flore avec sa langue en plaçant ses mains sous les fesses de Abby.

Puis il retourne sur le clitoris, répétant  les mêmes actions précédentes. Abby se sent faiblir, crie puis avec ses mains repousse presque violemment la tête de Patrick.

Elle en a tellement joui qu’elle en a été obligée de se contenir et de se suspendre, ses jambes ne supportant plus les tremblements.

Patrick la fixe «  Hum ! C’était bon, très bon. J’ai atteint mon but, celui de te faire plaisir. Du coup, dis-moi tu m’en veux toujours ? »

Abby «  Bien sûr que non idiot. Je t’avoue que là je suis encore sous l’émotion, je plane. » Elle en sourit.

D’instinct, elle prend son smartphone et voit l’heure.

Elle « Mince, il faut que j’y aille, je vais être en retard à l’école. J’étais tellement bien là, je me suis laissée transporter sur la route du septième ciel. » Ils se mettent à rire.

Lui « Tu me quittes déjà ? Non va, je te taquine, je comprends tes obligations parentales. On s’appelle bientôt ? Promis, je ne te laisserais plus en silence et si tu tombes sur une de mes employées, demande leurs de me passer le téléphone. »

Abby « J’espère bien qu’il n’y ait plus de silence sinon… Et pour tes « filles », je n’espère pas, non, vraiment pas tomber sur elles. Je n’ai pas envie de me sentir en attente ou tributaire. Aller mon chéri, je file car je vais vraiment finir par arriver en retard. »

Patrick se relève et réajuste la jupe d’Abby, lui caresse la joue, l’embrasse comme un adieu.

Abbygaël sort du fourré se retourne dernier signe de main et se met à trottiner jusqu’à la sortie du square.

Patrick détache Baxter et suit le pas derrière tranquillement.

Abby traverse la rue et se retrouve sur le parking, monte dans sa voiture et va en direction de l’école. Elle se remémore son après-midi, elle a l’impression que tout a été vite, que le rapport entre eux est assez spécial très axé ou désaxé sur le sexe.

Le plus dur, c’est de comprendre qu’elle en devient dépendante, addicte de son corps, de lui, de cette relation.

Une sorte de dépendance, une fausse croyance qui lui renvoie l’image où elle se sentait encore belle, amoureuse de son mari. Elle ne se sent plus aimantée par Johan mais « amantée » par Patrick.

Sur le chemin, elle se met à penser : J’ai l’impression qu’il m’aide à lâcher prise pourtant je me sens sous son emprise. C’est comme si je vivais une relation « narcissisante ». Il me valorise, me comble me montre un idéal mais pourtant je sais la vérité maintenant et l’idéal ce n’est pas ça, ce n’est pas ce que j’attendais. C’est vrai, on ne s’est rien promis. J’ai cette sensation qu’il vient de m’ouvrir son jardin d’Eden mais à côté de ça il y a un je ne sais quoi…

Est-ce un moment d’égarement ou chacun recherche une relation qui lui sera fatale parce qu’on a une vie morne et routinière ?

Du coup, on se sent dans l’urgence de la consommation ? Pourquoi suis-je autant en appétit sexuel avec lui ? Et pas avec mon mari ? Est-ce qu’il est plus mon binôme, ou devrais-je dire, mon « bite-nome » de jeu ? Où vais-je ?

Son cerveau assimile trop de chose, il faut que tout ça sorte, que ça cesse. Que tout ça lui passe par-dessus mais c’est plus fort qu’elle !

Elle arrive devant le portail de la primaire pile poil à l’heure de la sortie. Les filles arrivent,

Joëly «  ça va maman ? Tu ne sais pas quoi? On va bientôt voir le Père-Noël à l’école »

Caëlya  « Oui même, qu’il vient avec des cadeaux plein la hotte »

Abby les écoutent sans vraiment les entendre, ses pensées ne sont pas encore toutes parties, dans sa tête, tout n’est pas encore fluide.

Comme d’habitude, Abby cherche son range Cd dans la boîte à gant, elle a envie d’extérioriser ses ressentis, sortir ces maux. Elle se décide sur : Les Rita Mitsouko- Les histoires d’A, Elle trouve que c’est adéquat, elle chante :

-Valérie s´ennuyait

Dans les bras de Nicolas

Mais Nicolas, celui-là

Ne le savait pas

Isabelle a attendu, attendu

Mais Patrick n´est jamais reparu

Les histoires d´A

Les histoires d´amour

Les histoires d´amour finissent mal

Les histoires d´amour finissent mal en général

Elle leur sourit et dit qu’elles en reparleront à la maison. Et continue de chanter. Petit arrêt au supermarché, Abby a envie de cuisiner un bon petit plat pour ce soir.

A chaque fois, qu’elle se sent mal elle essaie tant bien que mal de palier sa culpabilité, sa confusion, sa contrariété avec quelque chose qui ferait plaisir à tous.

Du coup, quoi de mieux que de remplir trois estomacs ?

Elle se décide pour des tomates farcies, c’est facile à faire et ne prend pas énormément de temps pour la cuisson et tout le monde aime ça. Elle prend aussi des fruits, passage en caisse, on rentre.

A peine rentrées, les filles demandent à leur mère si elles peuvent sortir les fruits du panier de course, elles ont faim.

Pendant que les jumelles goûtent leurs bananes, Abby commence la préparation du repas. Une fois cela exécuté, elle retourne au salon et voit déjà les filles penchées sur leurs leçons.

Elle propose son aide mais les filles expliquent qu’elles n’ont pas besoin d’elle,  qu’il n’y a que des révisions, une poésie et une dictée.

Abby prend son téléphone  regarde les contacts dans son répertoire  pense : C’est affligeant d’avoir un smartphone dernier cri pour avoir inscrit dedans si peu de numéros : mon mari, l’école, la famille, mon coiffeur…

Une nouvelle fois, elle se flagelle seule face à sa réalité.

Johan rentre, visage jovial la journée a été bonne. Il raconte qu’il est à nouveau dans les

starting-blocks, que les chiffres remontent, les affaires reprennent et que du coup, se fut une bonne journée.

Il s’approche de ses filles « bonsoir mes poulettes, vous allez bien ? Il est où votre papier pour votre inscription ? Donnez-le moi que je vous le signe. »

Abby « Dis donc toi, on sent que tu as passé une bonne journée, tant mieux. Juste une petite question. Pourquoi avoir cédé aussi facilement pour l’autorisation de sortie ? Non pas que je sois contre mais venant de toi qui n’accepte jamais rien car tu crains toujours que le ciel ne leur tombe sur la tête. Je ne cherche pas le conflit, Johan, juste à comprendre. »

Lui « Disons que les tensions dans notre couple m’ont fait comprendre pas mal de choses, je te montre, ou du moins, j’essaie d’avancer. Je tiens à notre vie, à notre couple. »

 

Abbygaël devient blême et trouve l’excuse d’aller en cuisine pour mettre son plat en cuisson. Elle est  affreusement honteuse de ne pas lui dire la même chose.

Elle se rend compte qu’elle s’en détache et qu’il ne s’en aperçoit pas. Elle repense à son après-midi très …

Et là, la culpabilité n’a pas pointé le bout de son nez.

Joëly « Bonsoir Papa, oui ça va et toi ? Tu as bien travaillé ? Tu n’es pas trop fatigué ? Oh! Merci papa t’es le meilleur »

Caëlya ne parle pas mais agit en sautant au cou de son père et lui faisant un tendre baiser sur la joue.

Johan « Si ça, ce n’est pas de l’amour, je ne m’y connais pas » Abby lui tend le papier qu’il signe.

Il a mit le doigt dessus pense Abby, effectivement tu ne t’y connais pas.

Le repas se fait dans la joie, la bonne humeur. Chacun prend la parole, racontant sa journée, ça rie.

Abby ne parle pas beaucoup, elle est un peu plus en retrait. Les écoute, elle a peur de trop parler sans pouvoir s’arrêter.

Subterfuge d’Abby pour palier son manque d’envie de raconter sa journée… Poser des questions aux autres, combler.

Et ça fonctionne personne ne voit le jeu qu’elle mène.

Repas fini, les filles partent dans la salle de bain se doucher avant de se coucher.

Johan sort de table et aide Abby à débarrasser. Il la rejoint dans la cuisine pose les assiettes dans l’évier  puis se met derrière elle la prend par les hanches « Dis ce soir tu serais prête à me refaire le même numéro que la dernière fois ? Je suis en forme, je crois que je pourrais te faire ta fête. »

Abby « Ecoute, moi je n’ai pas chômé, comme tu vois j’ai pas mal briqué, la maison est propre de fond en comble, du coup là, je me sens un peu « flappy. »

Johan n’insiste pas, il sait ce qu’est la fatigue puis il se doute qu’elle se venge de son refus de la veille.

Il se réfugie dans le canapé, tente une autre approche, il lui demande seulement ce qu’il y a ce soir à  la télévision, elle lui répond qu’elle n’en sait rien, qu’elle va se coucher.

Abby vient de comprendre qu’un fossé se creuse entre elle et Johan et que c’est elle qui tient la pelle.

Elle ne veut plus se donner à un autre homme que Patrick.

Elle embrasse Johan du bout des lèvres et file au lit. Abby ne voulait gâcher sa journée intense avec d’autres galipettes, elle ne voulait pas se sentir souillée, comble pour une femme mariée.

Installée dans ses draps froids, elle veut et aimerait la chaleur du corps de Patrick.

Abby se met à penser, s’imaginer, se projeter avec son chéri. Elle se fait des scénettes de potentiels évènements qui pourraient se produire.

Abbygaël a en elle de l’amour pour Patrick, de la tristesse et de la tendresse pour Johan et les petites.

Elle s’en veut, elle a cette indignation, cette irritation face à elle-même qui la ronge et la rogne. Qu’ils sont une entrave à sa liberté !

Elle voit des petites choses de la vie quotidienne mais seulement à deux.

Lui n’aurait plus ses accompagnatrices, Abby plus de famille.

Elle ressent une gêne, un embarras de se voir imaginer que son époux et enfants deviennent boulets. Elle repense à une expression qui transpose ses pensées :

« # HYPERLINK « http://www.linternaute.com/citation/39095/la-famille-est-un-milieu-ou-le-minimum-de-plaisir-paul-valery/ » \t « _blank » #La famille est un milieu où le minimum de plaisir avec le maximum de gêne font ménage ensemble.# »  Paul Valéry

Elle se cache sous la couette et essaie de trouver le sommeil qui tarde à venir. Abby est tombée dans la supposition, dans l’élaboration d’une aventure qu’elle veut vivre à fond.

Elle rumine, ressasse toute la nuit… Crise d’insomnie.

Au réveil, Abby ne chantonne pas, visage cafardeux, les spéculations de la veille l’ont écrasé.

Elle éteint le radio-réveil avant qu’il ne sonne. Elle remarque que son mari n’est pas venu la rejoindre dans la nuit. Elle a un : Ouf ! De soulagement.

Main sur la poignée de la porte, Abby pense : Comment lui annoncer que je ne l’aime plus ? Comment lui dire que je veux partir ? Que je ne veux plus de lui ? Plus de cette vie. Merde quoi ! Quand on sait qu’on a fait l’amour il n’y a pas si longtemps ! Cœur ou raison, le dilemme devient clarté.

Elle ouvre la porte, réveille les filles, se fait douceur mais on sent une fracture, une fêlure dans son approche, s’en est devenu usuel, habituel guère plus.

Abby va au salon réveil Johan encore endormi sur le canapé, télévision allumée (lui aussi aurait passé une soirée/nuit à réfléchir ?)

Elle lui caresse la joue « Johan, réveille-toi c’est l’heure »

Un sursaut, les paupières lourdes « Oui, quoi ? Déjà ? »

Il se lève va en direction de la salle de bain. Les filles ont déjà déjeuné et mis leur manteau, leur père va au plus vite mais décidément aujourd’hui quoi qu’il fasse le met en retard.

Abby lui demande de se détendre, elle amènera les jumelles à l’école.

Johan « Me détendre ? On voit que ce n’est pas toi qui a un planning surchargé de rendez-vous aujourd’hui. Tu ne sais pas ce que sait que de rendre des comptes, ça se voit. Aller, bisou à ce soir. » Il part.

Abby prend ses paroles comme une attaque, une agression. Comme s’il cherchait à la rabaisser pour montrer qu’il est le chef de meute, un mâle dominant.

Mais elle choisit d’ignorer ces dernières paroles. Il vient de commettre l’ultime erreur, il vient d‘arracher la dernière pétale de rose d’amour qui tenait encore sur cette fleur.

Abbygaël se fane.

Elle se presse, se prépare pour déposer les filles à l’école. Un début de matinée débordé, vite bouclé.

Manteau, clé et hop ! C’est parti.

Une fois dans la voiture, Abby et ses filles se mettent à rire et se disent que vivement que les vacances de Noël arrivent.

« Le trajet est rapide » pense Abby « certainement dû au fait que je ne me suis pas mise trop à cogiter …»

La sonnerie de l’école retentit, elles ont frôlé les portes closent pour les retardataires. Les jumelles sortent de l’auto, embrassent leur mère avec un « A ce soir » classique.

A peine partie, Abby cherche un cd, elle a besoin de transcrire en chantant ce qu’elle aurait envie de dire à d’autres verbalement.

Justement, elle tombe sur une compilation avec une de ses chansons préférées :

Françoise Hardy : « Mon amie la Rose » Les paroles passent, Abby plonge.

-On est bien peu de chose

Et mon amie la rose

Me l´a dit ce matin

A l´aurore je suis née

Baptisée de rosée

Je me suis épanouie

Heureuse et amoureuse

Aux rayons du soleil

Me suis fermée la nuit

Me suis réveillée vieille

Pourtant j´étais très belle

Oui j´étais la plus belle

Des fleurs de ton jardin

On est bien peu de chose

Et mon amie la rose

Me l´a dit ce matin

Vois le dieu qui m´a faite

Me fait courber la tête

Et je sens que je tombe

Et je sens que je tombe

Mon cœur est presque nu

J´ai le pied dans la tombe

Déjà je ne suis plus

La chanson n’est pas encore terminée qu’Abby est submergée, ses yeux se plissent, forment des sillons, des larmes coulent, ricochent sur le volant.

Elle n’a qu’une envie, rentrer et entendre la voix de Patrick. Elle arrive sur le parking, se gare, presse le pas. Elle se cache le visage avec la main pour ne pas se montrer aux voisins. Elle s’étonne même qu’il n’y ait jamais eu de plainte contre eux, vu le vacarme, le marasme qui a été entendu il y a quelques semaines.

Elle monte les escaliers deux par deux. Clé dans la serrure, elle retrouve la chaleur de son cocon.

Pas encore déshabillée, elle s’allonge sur le canapé, elle prend son téléphone et appelle Patrick.

Elle tombe sur la messagerie. Voici ses mots dit sur le répondeur :

– « coucou, peux-tu me rappeler j’ai quelque chose à te dire de la plus haute importance. Ce n’est pas grave mais un besoin urgent de te le dire. Je voudrais ton avis, plein de bisous. »

Avec une voix un peu paniquée, elle a su créer l’effet escompté, Patrick la joint dans la foulée.

Lui « Bonjour ma puce, dis-moi qu’est ce qu’il y a ? Qu’est-ce qui te met dans cet état ? »

Abby « Coucou, je ne veux rien te dire par téléphone, dis-moi si tu as un creux aujourd’hui ? J’ai besoin de te voir. C’est sérieux.»

Patrick « Si tu veux, passe maintenant chez moi, tu connais l’adresse, tu t’en rappelles ? »

Elle « Oui, oui, je la connais. Je serais là dans vingt minutes, à tout de suite.»

Lui « Ok, je t’attends. »

Abby s’assoit, prend sa tête entre ses mains et souffle un bon coup.

Un tour dans la salle de bain, elle s’arrange, histoire d’être présentable. Elle se met en situation d’entretien d’embauche et se parle devant le miroir pour savoir comment aborder le sujet, avoir un ton neutre, un dialogue cohérent.

Un peu de parfum « Amor, Amor » de Cacharel et c’est reparti.

Sur la route en partance vers le domicile de son chéri, Abby se sent affolée et craintive. Elle se demande ce qu’elle va découvrir chez lui. Comment va-t-il prendre son amour ?

Dans sa tête sa raison lui dicte un «  Sauve-qui-peut » mais son cœur lui crie « Fonce et va au-delà, toute vérité est bonne à dire surtout celle-là, tu y vas pour parler d’amour, bon sang. »

Elle ne sait plus où elle en est. La preuve, elle vient de louper la sortie pour rejoindre la rue où vit Patrick. Demi-tour et on y va.

Elle conduit, plus elle se rapproche, plus elle voit les numéros de rue défiler jusqu’au but, trouver sa maison.

Elle coupe le moteur et reste un instant assise regardant devant elle, elle se demande si vraiment il le faut, si vraiment elle doit y aller…

C’est vrai quoi, au départ ce n’était qu’un rêve, un fantasme et là ça en devient une réalité où ses sentiments sont prêts à jaillir comme un geyser.

ça y est, elle est décidée, elle descend de la voiture, ferme la portière, d’un pas décidé, elle avance vers la maison.

Devant le pas de la porte, elle pense : Je ne sais ce qui m’attend. Vais-je entrer dans les portes du Paradis ou celle de l’enfer ?

Elle frappe à la porte, Patrick lui ouvre, il est tout vêtu de blanc comme un ange descendu du ciel est-ce un bon présage ?

Il l’invite à entrer « entre ma puce, tu vas avoir froid, suis-moi. » Abby en entrant, se met à inspecter si les employées de son chéri sont là.

Par chance, elles ne sont pas là, ils se retrouvent donc que tous les deux.

Il la dirige vers le salon, tout est de bon goût. Les meubles et la déco sont design. Tout est propre, rien ne traîne. On dirait presque que c’est aseptisé, tout est clean.

Patrick « Tu veux boire quelque chose, tu es pressée ? »

Abby « Si tu as du thé, je veux bien. Pas spécialement pressée, j’ai juste hâte de te dire le fond de ma pensée. Je bouillonne, ça me démange.»

Il part dans la cuisine, revient avec un plateau contenant deux tasses et petits gâteaux.

Patrick « Dit moi ? Tu as l’air sérieuse en plus? Ton mari a tout découvert ? Tu veux tout avouer, stopper ? Quoique tu veuilles me dire, je suis prêt.»

Abby « Rien de tout ça. Non ce n’est pas ça. » Elle commence à avoir la voix qui vibre et des larmes qui coulent aussi vite et aussi puissamment que les chutes du Niagara.

« Je viens de comprendre à quel point je t’aime, oui je t’aime, ces sept lettres qui peuvent te faire voir une envolée de papillons ou te faire devenir fou. Je ne pense qu’à toi, tu me manques quand je ne te vois pas, je prends mon téléphone toutes les cinq minutes pour voir si tu as essayé de me joindre. Tu es plus qu’un coup de cœur amant/maîtresse, tu es un réel coup de foudre.

Je ne sais plus quoi penser, ni comment réfléchir.

Tu m’obsèdes. Chaque route, chemin qui me ramène chez moi devient un fléau. J’y vais à reculons, voilà ce que j’avais à te dire, je t’offre mon cœur. »

Patrick reste imperturbable. Il esquisse un sourire contrôlé. Abbygaël « ça me rappelle une parole :

« # HYPERLINK « http://www.linternaute.com/citation/40992/l-amour-est-dur-et-inflexible-comme-l-enfer-sainte-therese-d-avila/ » \t « _blank » #L’amour est dur et inflexible comme l’enfer.# »  Sainte Thérèse d’Avila

Patrick « J’attendais ce moment depuis un temps mais tu devais être actrice de tes décisions et non la narratrice, très belles paroles de cette Sainte. »

Abby « Si je devais tout quitter, me prendrais -tu ici ? »

Lui « Evidemment, as-tu bien tout pris en considération ? Peser le pour et le contre ? Je ne veux pas que tu partes dans la précipitation, que ton mari pense que tout a été fait avec préméditation, qu’il pense que je sois le chef d’orchestre de cette « nymphonie. »

Petit rire pour le jeu de mots, elle voit bien que Patrick essaie de dédramatiser « Je sais bien, j’y pense, je pense à mes filles aussi. Laisse-moi encore du temps, je veux être gardienne de sagesse » rétorque Abby.

Patrick : « Va là où tu te sens le mieux, sache que ma porte te sera ouverte. »

Abby sèche ses larmes, boit son thé d’une traite, elle ne veut pas s’imposer. Abby « dis-moi, tes hôtesses vivent où ? »

Lui « Ici, pourquoi cette question ? »

Elle « Justement, je me disais que c’était une bien belle maison, spacieuse, entretenue, on sent une touche féminine. »

Lui « Ici c’est aussi notre lieu de travail, on a une femme de ménage. Ecoute, vu que l’on est dans la confidence, soyons clair une bonne fois pour toutes : Oui la dernière fois, tu avais vu juste, elles ne font pas qu’escorter, souvent elles se donnent physiquement mais crois-moi, chez  l’établissement, ma maison tu en conviens, ce n’est pas un bordel ni une maison close. Je me sens plus tenancier d’une maison aux mœurs légères. Ne pense pas que je sois un maquereau s’il te plaît, je ne suis pas dehors à arpenter les rues, les trottoirs en mettant des torgnoles  à mes filles pour trois billets. »

Abbygaël stupéfaite, visage figé, un tsunami de désillusions l’engloutie. Une sensation de nausée et de répugnance la remplie.

« Mais tu es un dégueulasse. Tu les forces à faire la pute ? Tu me déçois. Dire que j’aime un mec comme ça, je suis folle. C’est au-dessus de tout, non, je m’en vais. »

Elle se lève fait tomber sa tasse sur le plateau. « Mais tu n’es qu’un salaud, franchement, c’est dégueulasse, je me répète c’est dégueulasse. C’est du proxénétisme. »

Patrick lui prend la main, lui serre fort pour la retenir. « Assied toi ! Ne sois pas si dure, regarde comment je suis, tu as vu l’homme que je suis dans la vie pas celui que tu t’imagines. De plus, qui es-tu pour m’envoyer la première pierre, toi qui as une vie toute lisse, propre et pourtant tu cherches à la fuir comme la peste. Tu pourrais avoir des lingots d’or dans les poches, tu ne serais pas heureuse. Au moins, j’ai le mérite d’être moi. »

Abby « Tu te fous de moi ? Oui je cherche à quitter ma vie comme la peste par amour mais je tombe sur un homme qui me tend le choléra ce n’est  pas mieux. Oui tu es toi mais au prix de combien de mensonges ? Je trouve ça ignoble et inadmissible. Dans le fond, ton job reste ton job tu as raison. Si j’avais été capable de l’entendre dès notre rencontre et après notre première fois effectivement, je ne le pense pas. Mais Patrick, il y a du temps qui a coulé… »

Patrick « C’est vrai mais quand le silence s’installe, il se propage et devient difficilement abordable.

J’ai joué l’oubli parce que je savais que tu n’avais pas la vie rose. Je cherchais à correspondre à l’homme de ton rêve. Dernière chose ma puce, au départ, toi et moi, c’était officieux rien ne devait s’engager. »

Abby «  Oui, c’est vrai. Je me suis emballée. Je suis encore énervée, je suis encore dans l’hésitation, je ne sais pas si tu es hypocrite ou bien si c’est moi. Encore une question ? Tu couches avec les filles ? »

Lui « C’est délicat, hum! Je ne sais pas…Hum! Au vu de l’instant vérité, je veux être clair : Oui, il m’arrive d’en essayer » je la « goûte » pour connaître son potentiel sexuel, savoir ce qu’elle pratique. Mes clients raffolent de certaines choses que toutes ne font pas ou alors de manière différente. Je ne veux pas mettre n’importe qui dans les mains de ces hommes, c’est aussi une histoire de crédibilité. »

Elle « C’est gonflé, je suis outrée, tu as couché avec une d’elles pendant notre relation ? »

Lui « Oui, deux ou trois fois. Tu as couché avec ton mari pendant notre relation ? »

Elle « Ne mélange pas tout s’il te plaît, et puis à la base, tu m’avais dit être marié, aussi tu aurais eu des rapports avec ta femme, j’aurais compris. »

Lui « Se sont un peu toutes mes femmes. »

Abby « Tu es très drôle, bravo, tu fais de l’humour salace. Où serait ma place, si je viens ? Que vont-elles penser tes filles ? »

Patrick « Ta place sera dans mon lit. Elles ne sont pas chez elles mais locataires. Quoiqu’elles pensent, tu t’en fiches. Je précise quand même qu’ici ce n’est pas un lieu de débauche. »

Abby « C’est sûr pour les filles chaque jour est un peu comme un nouveau combat, elles « RAMBOchent » » , se met à rire jusqu’aux larmes.

Patrick « Et c’est moi qui ai un drôle d’humour… Maintenant tu sais tout, réfléchit à tête reposée et tiens-moi au courant. »

Abby se relève, l’embrasse en l’effleurant seulement, s’en va en lui disant qu’il n’a pas besoin de la raccompagner jusqu’à la porte.

Baxter sort d’une pièce du fond va vers Abby se met à aboyer …Abby se baisse lui donne deux, trois caresses. Lui dit en souriant « Tu viens me dire au revoir et bon vent ? Ou un bonjour en retard ? »

Une fois dehors, Abby regarde la maison avec un œil neuf, se demande si sa place est vraiment là parmi ce monde qui n’est pas le sien. Mais est-ce qu’il va l’être, le devenir ?

Songeuse : Suis je conne ? Pourquoi je suis comme ça dans l’acceptation de tout ? Je ne suis pourtant pas aveugle peut-être seulement aveuglée par un eldorado. Je suis comme un oiseau qui recherche une envolée sauvage atteindre de nouveaux rivages. Je ne porte pas d’œillères, je sais que son travail n’est pas facile. Je ne ferme pas les yeux, je profite seulement de l’instant.

Elle remonte dans la voiture, retour chez elle. L’esprit embourbé par une boue de pensées mises en balance.

Le retour se fait laborieusement. Elle se gare devant chez elle, descend, va vers l’immeuble, ouvre la porte, monte péniblement les escaliers, tout est robotisé, elle est au radar.

Une fois rentrée, clés posées, manteau enlevé, sa bulle s’évapore. Elle va vers la télévision met une chaîne musicale, allume l’ordinateur.

Elle s’assoit devant le bureau, met du son pour écouter la télévision au même instant passe Elvis Presley : Always your my mind. C’est le chanteur préféré d’Abbygaël.

Elle se dit que c’est un signe car effectivement à peine partie, Patrick est encore dans son esprit. Elle chante et se traduit les paroles pour mieux apprécier …

« -Maybe I didn’t treat you

Peut-être que je ne t’ai pas traité

Quite as good as I should have

Aussi bien que j’aurai dû

Maybe I didn’t love you

Peut-être que je ne t’ai pas aimé

Quite as often as I could have

Aussi souvent que j’aurai pu

Little things I should have said and done

Ces petites choses que j’aurai dû dire ou faire

I just never took the time

Je n’ai simplement pas pris le temps

You were always on my mind

Tu étais toujours dans mon esprit

You were always on my mind

Tu étais toujours dans mon esprit

Tell me, tell me that your sweet love hasn’t died

Dis-moi, dis-moi, que ton tendre amour n’est pas mort

Give me, give me one more chance

Donne-moi, donne-moi une nouvelle chance

To keep you satisfied, satisfied

De te garder satisfaite, satisfaite

Maybe I didn’t hold you

Peut-être que je ne t’ai pas aidé

All those lonely, lonely times

Durant tous ces moments de solitude, de solitude

And I guess I never told you

Et je suppose que je ne t’ai jamais dit »

Abby ne fini  pas la chanson, un déclic s’opère, elle entame des observations sur son moteur de recherche :

– Comment fait-on pour divorcer ?

– Combien de temps ça prend pour divorcer ?

– Si le conjoint n’est pas favorable qu’elles sont les recours ?

Toutes les questions se rapportant à une séparation y passent. Elle lit attentivement les démarches. Mémorise des lois.

Elle se demande si elle fait bien. Elle enregistre sur son téléphone portable un numéro de téléphone d’un avocat non loin de chez elle.

Elle commence à  mettre un signal, un avertissement sur son agenda à l’intérieur de son smartphone. Un bip de rappel pour lui pointer chaque jour qui passe encore sans lui, son Patrick. Une façon de voir un demain pas si lointain.

Elle se voit déjà dans ce nouveau lieu, une nouvelle vie.

Elle qui pensait n’avoir qu’une liaison adultérine fatale prend une botte de sept lieux pour une finalité qu’elle rêvait, est-ce que le seigneur vient de lui accorder grâce de son vœu ? Elle pense que oui. ça a l’air bien parti.

Chapitre 10                                     POEME POUR CHAPITRE

 

 

POEME VERITE

Je suis tout et ma vie est reine,

Je suis simple et complique tout à la fois.

Je suis directe et un peu secrète,

Je suis moi une grande épicurienne.

J’aime les miens,

J’aime ma foie, deviens mon paroissien ?

Je crois vraiment en moi et au de la,

Je crois dans les hommes, la solidarité, tout ça me va.

L’écriture mon échappatoire,

L’écriture mon exutoire.

Serais-je compris ?

Mon message laisse-il les gens indécis ?

J’avance toujours sans me retourner,

Laissant en arrière mon passé,

Je n’ai pas besoin d’être aimé,

Mon écriture me sert à vibrer.

Je rentre en transe je m’imagine et vis mon personnage,

Que se soit une personne vraie ou pas sage !

Je suis une amatrice,

Qui cherche encore des lecteurs, des lectrices.

Bien amicalement,

Devrais-je dire à bientôt finalement…

 

 

Vivre en prison dorée

Etre l’ombre de soit,

Ne pas savoir ce que l’on veut ou on va,

Etre malheureux, maladroit,

Personne ne tend sa main, je ne résiste pas.

Je vis dans une prison dorée

Pourtant j’ai tout et rien en même tant,

Je m’en veux tellement,

D’être si indécise,

Si incomprise.

Je vis dans une prison dorée

Je me meurs un peu chaque jour que dieu fait,

Tu me regardes  dépérir,

Pas d’inquiétude dans tes yeux, tu crois encore à un caprice que je fais.

Mon ombre si vide ce vide de sa noirceur,

Je veux guérir,

Renaître des maux qui me donne tant de douleurs.

Je vis dans une prison dorée.

J’ai un toit, de la nourriture à volonté,

Je recherche ailleurs un mieux, une vie animée,

Un mari, des enfants, je devrais être combler,

Pourtant mon âme est vide, je me sens inutile mal aimée.

Je vis en prison dorée.

 

EMANCIPATION DANS LE REVE

Je m’envole, je m’enfuis,

Je vogue, je nage

Morphée m’accueille à sa porte

Soufflée par Eole je me pose, j’atterris

Heureuse d’écrire une nouvelle page.

Je suis libre de tous mes choix, le reste peux m’importe.

Je découvre un monde crée par mon cortex,

Réel ou imaginaire,

Je m’en fiche, je m’y plais,

J’efface le reste à coup de Kleenex.

Je m’émancipe, les choses futiles je commence à m’en défaire.

Jeu, joie, amitié, amour le tout réuni me donne un air satisfait.

 

UN REVE QUI DEVIENT FANTASME

Voici un rêve, voici un songe,

Voici une lueur, voici mon temple ou j’y plonge.

Je me force à  y croire,

De me dire qu’ici est mieux que la.

Je me force à voir,

Des choses, des gens qui sont dans mon cas.

Voici un rêve qui devient fantasme

J’y mets mon cœur, tout mon enthousiasme.

La maintenant que j’y suis j’y reste,

Donner moi un contrat ou je signe, j’atteste

Je suis chez moi dans ma bulle, mon monde

Ou rien ne peut se confondre dans mes yeux furibonds.

Voici mon rêve qui devient fantasme

C’est bon d’être la, je suis en plein orgasme.

FANTASME QUI DEVIENT REEL

Mon tendre bel homme,

Qui me fait rebattre mon cœur,

Que serais-je sans toi ?

Soit mon Adam  croque cette pomme.

Pour que nos vies soit liées et que notre amour ne meurt !

Je suis le double de toi, tu es le double de moi.

Je nourris mes envies,

Avec toi dans mon lit.

En traversant tous les interdits.

Femme, enfant, mari soyez maudits.

C’est toi mon bel homme que j’ai choisi.

Mon tendre est bel homme

Que je n’échangerai contre rien, ni belle somme.

Te perdre me fait peur,

La destinée nous à réuni, elle ne fait jamais d’erreur.

 

MA DOUBLE VIE

Quoique je fasse,

Rien n’y fera, rien ne s’efface.

Je suis comme happée par cette vague d’envie,

Qui me demande de croquer tout sur mon passage,

Qui sillonne comme un tourbillon attrapant tout sur son passage !

Voici ma double vie.

Je suis de celle que rien arête

Si la mort peut-être…

Je suis si compliquée et tellement simple en même temps,

Je cours après quoi, après qui, je ne sais pas,

Est-ce que je me mens ?

Ou est ce les autres personnes qui me perçoivent différemment ?

Je ne sais plus, je ne crois pas.

Je suis en plein dans ma double vie,

Celle qui se construit,

Et qui défit celle que je mène.

Elle suit à la traîne.

Chacune d’un coté,

Sans jamais se côtoyer.

Une qui me pousse dans les ressentis et les sentiments,

L’autre ma raison et l’acharnement.

Voici ma double vie.

Je m’éparpille, je m’étiole peu à peu.

Je m’éteins à petit feu.

A qu’elle est belle ma double vie !

Ab(b)y …sses

Je crois que je plonge,

La vie que je  mène m’allonge,

Mais je ne romps pas,

Je suis plus forte que ça.

Ma vie me saoul,

Je cherche une échappée belle,

Ma brasse me fatigue, je coule,

Je ferme les yeux, vol à tire d’ailes.

Seul face au miroir,

Se sentir seul, échoir.

Cette sensation qui te poursuit,

De croire qu’aux autres tout leur réussi.

Je m’allonge, position fœtus,

Me dit que ma vie pique comme un cactus.

Avoir cet impression que tout se démolit,

Ma vie ce désastre que j’ai choisi.

Un pied dehors, un pied dedans…

Les abysses ne sont pas loin je sombre dans le néant.

Doutes

Ecouter son cœur ou sa passion ?

Avoir envie à en perdre la raison.

Cette impression d’être un ange déchu, déçue

M’abîme, me lasse, j’en deviens vulgaire et crue.

Ma vie reprend un tournant à la normalité.

Mais est certainement mon évidence ?

Je me sens si fatiguée.

Accompagnée mais deux hommes en concurrence.

Trop de doute mis en balance.

Ce mal être que je fuis quand je pense.

A besoin d’évasion.

Part dans mes rêveries, mes songes, mes chansons.

Je n’entends pas tes paroles, je ne te croie plus.

Bel homme que tu es mais ton côté mystérieux me tue.

Je suis dans la projection.

J’ai peur de la déception.

Qu’elle sera l’issue finale ?

De notre liaison fatale

.

Je prie le seigneur et mes aïeux.

Tous les anges dans les cieux.

Pour que la vérité jaillisse !

Que tout ce mal crée finisse !

Je suis l’ombre de moi-même depuis un temps.

J’oublie ma vie,  mes soucis rien qu’un instant.

Je ne pense qu’à toi.

Mes doutes assassins me criblent de balles

Je ne veux que tes bras

Dis-moi que nous deux notre liaison n’est pas sale ?

Fantasme devenu névrose

Marre de ma vie banale,

Ou tout est droit, je recherche du bancal,

Jouer à la chaise musicale,

Découvrir ce monde animal.

Cette envie d’émancipation,

Sortir de cette consternation.

Me prendre en main, prendre des décisions.

Besoin de lui, de cette fascination.

Marre de cette vie à l’eau de rose.

Besoin de toi, de peu de chose.

Dans tes bras le sexe, j’ose.

Kidnappe-moi, le reste j’en ai ma dose.

Une page se termine, une autre s’ouvre,

On ou apprend, on se découvre.

Une porte s’entrouvre,

De mon amour je te couvre.

Tu es si différent,

Besoin d’être aimé,

Tu me dis que je te plait,

Mais portant,

Il y a toujours le »oui mais »

Tu me faisais comprendre ton manque d’affection te dévorant.

Un pas vers toi, me refoulant.

Ne serais je donc jamais ta bien-aimée ???

DUR RETOUR

Je me suis fais mal, je me suis mutilée.

Ma tête a cogné, mon sang a saigné.

Que suis je devenue ?

Une pauvre fille qui a tout perdu.

A cause de qui ? A cause de quoi ?

Seulement à cause de mes conneries, à cause de moi.

Comment réparer tout ça ?

Reprendre le bon sens, d’un chemin droit.

Torturée, je le serais toujours.

J’ai un calendrier tatoué dans la chair, une sorte de compte à rebours.

Chaque nouveau jour qui passe est une victoire.

Le passé, je le laisse choire,

Mon futur n’en sera que meilleur.

Je laisse derrière moi cette traîné de malheur.

Comment résumé une vie en trois mots ?

J’avais tout, j’ai joué, j’ai tout perdu, je reviens de loin, je suis tombée de haut.

Une chute, une cascade dévalée.

La chute m’a donné cette impression d’être une moins que rien dévasté.

Dur retour…

Je me demande encore si ça en valait le détour…

JE REVIS

 

Réapparaître et naître.

Espérer une réincarnation.

Pour ne plus être.

Cette contre façon.

Ma raison a vaincu ma solitude.

J’ai perdu tout repère, source d’habitude.

Je suis encore dans la reconstruction.

Mon physique, mon moral étaient en chantier de démolition.

Pas facile de reprendre le dessus.

Pas de demi-teinte, grosse claque et avance.

L’amour m’a vaincu.

Je vis pour moi fini mon errance.

Plus de reconnaissance seulement de vivre.

Ce goût, cette envie, cette joie m’enivre.

J’ai réussi à me sauver,

Du boulet à mon pied.

Ma seule erreur,

D’avoir écouté mon cœur.

 

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